L’ENGRAIS VERT, un engrais sous forme de plantes

Il n’est pas toujours aisé de comprendre pourquoi il faut nourrir la vie du sol pour nous nourrir. Et quand on parle d’engrais verts, on parle de plantes cultivées pour nourrir exclusivement la vie dans les sols, dont les vers de terre. Or, ces engrais, contrairement aux chimiques, n’étant pas directement assimilables par les plantes, c’est la vie souterraine qui va les transformer en engrais.

En théorie, n’importe quelle plante peut faire l’affaire, si elle n’est pas exploitée à d’autres fins que de “pourrir” sur place.

🌻 Publié le 28 août 2022 à 4:38
Saison 8 épisode 2 ⏰ Lecture 7 min.

. Pourrir, pour nourrir les habitants du sol
. Une tradition agronomique millénaire
. Au sujet de l’ancienneté
. Une succession prairie-culture
. Les vidéos sur les engrais verts

Pourrir, pour nourrir les habitants du sol

De ce point de vue, le haricot, le tournesol, le maïs ou l’épinard peuvent se révéler être d’excellents engrais. Cette année, le maïs pop corn noir s’est affiché comme la plante de la sécheresse (voir vidéos ci-dessous).

Généralement, un engrais vert est cultivé entre 2 cultures pour nous nourrir. On parle alors de cultures intercalées ou d’intercultures : « La première fonction d’une interculture est de capter du carbone atmosphérique pour nourrir la biodiversité souterraine. » Gilles Domenech, microbiologiste des sols et spécialiste des engrais verts et des intercultures, notre spécialiste français en la matière.

Je vous invite à visiter sa boutique, car il y propose plus d’une trentaine de variétés pour faire de l’engrais. En plus, en qualité de scientifique, il saura vous prodiguer les meilleurs conseils en fonction de la nature de votre sol. À l’exemple du lupin qui est allergique au sol calcaire, ou du sainfoin et de la luzerne qui le sont à l’égard des sols granitiques !

Une tradition agronomique millénaire

Autrefois, on cultivait donc pour nourrir la Nature 😊

Une technique ancestrale qui a permis aux paysans, avec les fumiers et le recyclage de toutes les matières organiques, les rotations et les jachères, de protéger et valoriser leurs sols. Mais voilà, aujourd’hui le gouvernement veut faire du gaz avec ces cultures ! Plus de 100 000 ha sont déjà gazés, des millions sont dans le collimateur.

Au Moyen Âge, ils disaient cultiver des plantes succulentes pour nourrir la fertilité de leurs sols. Des plantes exquises qu’on appelle aujourd’hui : engrais vert, engrais végétaux ou couverts végétaux.

Dans Le Littré, dictionnaire du 19e siècle : « Engrais verts : nom donné aux tiges, feuilles ou fanes des végétaux herbacés spécialement cultivés pour service de fumure, tels que lupin, colza, seigle, etc. ; on les enfouit dans la terre, ils y pourrissent et la fertilisent. » Des végétaux pour engraisser la terre végétale, la culture était directement enfouie ou broutée par les animaux qui fertilisaient avec leurs pipis et cacas. Plus récemment, on les a appelées cultures intercalaires, cultures dérobées ou CIPAN : Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates. Mais avec le développement de la méthanisation, on les appelle désormais des CIVE, des CIMS (cultures intermédiaires multiservices) ou des CIMSE (cultures intermédiaires multiservices environnementales.)

Au sujet de l’ancienneté

L’ingénieur agronome Joseph Pousset précise dans son ouvrage, Engrais verts et fertilité des sols : « La culture des engrais verts est peut-être aussi ancienne que l’agriculture. L’américain Pieters, dans son étude publiée en 1927, signale que des documents chinois très anciens la mentionnent plus de mille ans avant Jésus-Christ. D’autres auteurs, dont J.S. Joffre (1955), précisent que les anciens Grecs et Romains utilisaient aussi cette technique. » Dire qu’on présente aujourd’hui ces cultures comme une innovation à l’instar des CIVE… 🤣🤣🤣

L’art de réinventer l’eau chaude
avec des sigles qui reniflent l’innovation

Ces couverts végétaux n’ont que des avantages sur le plan écologique, agronomique et économique, car ils soutiennent la continuité biologique des sols. On parle de continuité écologique pour un cours d’eau, mais un sol nourricier est soumis aux mêmes contraintes pour rester vivant.

Une succession prairie-culture

Voici les premiers mots de Frédéric Thomas et Matthieu Archambeaud dans leur livre sur Les couverts végétaux, gestion pratique de l’interculture : « Les couverts ne se limitent pas à un simple rôle de capteurs d’éléments minéraux et de protecteurs des sols : ils sont à la base de systèmes de culture performants et respectueux de l’environnement. » Puis, ils ajoutent : « L’objectif d’une pratique régulière et adaptée aux couverts végétaux est d’arriver à terme à des résultats comparables à une succession prairie-culture en maintenant toute l’année un sol organisé avec une alternance de plantes qui augmentent et recyclent la fertilité. » Une succession de prairie et de culture : belle vision augmentée de la fertilité naturelle.

Je vais laisser le mot de la fin à leur préfacier, Dominique Soltner, auteur de nombreux ouvrages scolaires sur l’agronomie : « Associer les cultures, choisir leurs successions, les marier aux élevages, inviter les abeilles et bien d’autres amis, animaux, végétaux, algues et champignons, ils ont tout découvert. Découvertes souvent oubliées que nous retrouvons aujourd’hui. C’est bien le cas des engrais verts ou couverts végétaux que l’air du temps qualifie de CIPAN… » Que l’ère du gaz vert qualifie de CIVE 😒

La suite sur les engrais verts et l’entretien de la fertilité dans mon dernier livre : La méthanisation, une énergie qui sent le gaz ! 14 €, en librairie ou en ligne. La version PDF sera offerte à tous ceux qui me laisseront un pourboire ou plus sur Tipeee 😊

Les vidéos de l’été
sur les engrais verts

Lundi 18 juillet

Comment les engrais verts réagissent à la canicule ? Car il n’y a rien de pire qu’une plante qui ne pousse pas et crève de chaleur, de froid ou de soif.

Comment les engrais verts réagissent à la canicule Pour y répondre, je l’ai filmés hier 😊 Sur le podium, la vesce, le maïs et le sorgho sur la troisième marche. A mon avis, nous devrions pousser la recherche vers des plantes capables d’encaisser les chocs climatiques, tant en été qu’en hiver, car il n’y a rien de pire qu’une plante qui ne pousse pas et crève de chaleur, de froid ou de soif Gilles Domenech

Publiée par Christophe Gatineau sur Lundi 18 juillet 2022

Vendredi 5 août
Le point sur le SORGHO et l’état des semis

Le point sur le SORGHO comme engrais vert, et l’état des semis au cœur de la sécheresse. Le seul à germer et pousser, c’est le maïs noir ! Gilles Laurent Je vous invite aussi à découvrir le site qui va remplacer prochainement Le Jardinvivant.fr : https://www.actu-verdeterre.fr

Publiée par Christophe Gatineau sur Vendredi 5 août 2022

Mardi 16 août
La plante de la sécheresse : le maïs pop-corn noir.

La plante de la sécheresse : le maïs pop-corn noir. Nouvel essai. Semé dans le sec il y a 6 jours derrière des pommes de terre… Il est seulement tombé quelques gouttes depuis dimanche, aucun semi ne germe, logique : le sol est sec. Gilles Domenech Pour revoir le précédent essai : www.facebook.com/christophe.gatineau.1/videos/746930276576391/ L’humidité résiduelle suffit à faire sortir cette variété de la dormance. A ce sujet, je suis en train de préparer un article fouillé sur la dormance des pommes de terre. J’espère pouvoir le publier dimanche 😊

Publiée par Christophe Gatineau sur Mardi 16 août 2022

Samedi 20 août
Essai poireau / féverole 

Essai poireau / féverole, une voie à explorer 😊 Gilles Domenech Et le point sur les raves de Treignac, sublime légume méconnu Je viens de lancer mon Tipeee pour tenter de trouver une solution pour continuer à produire des ressources gratuites en ligne. https://fr.tipeee.com/christophe-gatineau-lejardinvivant

Publiée par Christophe Gatineau sur Samedi 20 août 2022

Vendredi 26 août

1 réflexion sur “L’ENGRAIS VERT, un engrais sous forme de plantes”

  1. Christophe V.

    Bonjour Christophe,

    Merci pour votre article et tout le savoir que vous mettez à disposition.

    J’aurais une question un peu technique:
    Est ce que l’engrais vert sous forme de plantes apporte la même quantité d’énergie que le fumier? (Fumier qui aurait été fabriqué avec la même quantité de matière organique que l’engrais vert sous forme de plantes)

    D’avance merci pour votre réponse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *