Le mildiou de la pomme de terre est un pseudo champignon qui a la patate, puisqu’il peut ravager une culture en quelques jours si les conditions lui sont favorables. Des conditions qui font de cette culture une des plus gourmandes en pesticides. Même en bio !
Une sacrée aubaine pour les marchands de pesticides, une mauvaise pour le ver de terre et toute la biodiversité, une franchement très mauvaise pour les générations futures. Bref, difficile de contenter tout le monde 😪
Et si les pesticides sont le plus grand contresens agronomique avec la fertilisation chimique, le biogaz est sur le point de leur voler la vedette ! Parce qu’il s’attaque directement à l’énergie des sols. La seule alternative aux pesticides et au biogaz serait de commencer par cultiver une autre logique, mais nous ne sommes pas prêts, l’effondrement n’est pas encore assez palpable.
Le mildiou aime la patate
Le mildiou est le nom générique d’une maladie provoquée par : Phytophtora infestans. Autrefois vu comme un champignon, le parasite est aujourd’hui apparenté aux algues brunes, raison pour laquelle un temps frais et humide le favorise. En effet, l’activité biologique de la pomme de terre est réduite en dessous de 10°C, alors que le mildiou devient virulent à partir de 11°C !
Concrètement, il s’implante quand la plante ne peut pas riposter. Et une fois implantée, il se développe à vitesse grand V, favorisé par la succession de périodes de forte hygrométrie (supérieures à 90%) et de variations de températures comprises entre 11°C et 25°C.
La spore, c’est l’équivalent de la graine chez la plante. Elle germe au niveau de l’épiderme d‘une feuille ou d’une tige, puis des filaments blancs appelés mycéliums se développent et pénètrent le tissu cellulaire via des blessures, des piqûres ou les stomates. Le stomate étant la bouche de la plante, l’organe qui lui permet de manger le carbone !
Omerta sur la patate !
Le problème des variétés qui résistent au mildiou, c’est qu’elles ne consomment pas de produits ! Il y a par ailleurs une exploitation commerciale du concept, puisque certains marchands n’hésitent pas à proposer des variétés soi-disant résistantes, alors qu’elles sont reconnues pour ne pas l’être… Et celles qui le sont réellement sont vendues à des prix prohibitifs. Le plus simple est de conserver quelques plants d’une année sur l’autre.
La croyance, selon laquelle les plants dégénéraient avec le temps, est un argument commercial. Une variété ne peut pas dégénérer, c’est physique.
Pour nous, tout a commencé le jour…
Où nous avons cultivé une variété résistante ❗Fini le stress des nuits froides et des jours chauds et humides, fini le bleu de la bouillie bordelaise… En revanche, ce n’est pas parce qu’elle est résistante, qu’elle résistera ad vitam æternam. En effet, sans cesse le parasite cherchera un moyen pour pénétrer la plante, à nous de retarder ce moment le plus longtemps possible. Et pour cette culture, qui épuise les sols, l’idéal serait de travailler sur une rotation 7 ans !
Les variétés
Nous avons banni des variétés comme la Ratte ou la Charlotte, car trop sensibles au mildiou. Cette année, nous cultivons de la Limousine (commercialisée sous le nom de Zen), Tentation, quelques Institut de Beauvais (pour la purée), Sarpo bleue du Danube et axoma (pour la conservation), plus 3 variétés inconnues : une qui vient des Canaries, une du Pérou, et une (?)…
En 2017, nous avions réuni 9 variétés pour tester leur résistance aux maladies, le rendement, les saveurs… 5 ans après, nous avons arrêté la Carolus (rendement faible et irrégulier), la Gasore (sans intérêt), la Bleue d’Artois ou de la manche (sans intérêt), la Vitabella et la Sarpo axoma. Les Sarpo mira et axoma sont ultrasensibles à la maladie du cœur creux : jolies à l’extérieur, creuses à l’intérieur 😪


PS. D’une manière générale, toutes les vieilles variétés sont ultrasensibles. Toutefois, si vous en connaissez qui résistent, n’hésitez pas à m’en faire part.
