Grâce à tous vos soutiens, le rêve est devenu réalité 🪱

🌻 Publié le 22 janv. 23 à 6:00
Saison 8 – épisode 14 ⏰ Lecture 6 min.
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Vous vous souvenez : « Le 1er Éloge a amusé, c’est ce qui en a fait le succès, le second sera un bide… Arrêtez de croire que le ver de terre est une solution d’avenir, revenez les pieds sur terre… bla bla bla blabla, » dixit les éditeurs. Merci de les avoir fait mentir… 😁 Mes remerciements en vidéo en bas de cette page, et un nouvel extrait :

Qui parle au nom des sols, des rivières,
des oiseaux ou des vers de terre ?

AUTRES EXTRAITS : Le ver de terre, une mine d’azote ; L’eau, l’azote et le carbone, piliers de la fertilité ; Je suis en quelque sorte leur avocat.

2016, MA BIFURCATION

Je la dois à un gros ver de terre qui tenait dans son bec un minuscule brin d’herbe ! L’avait-il trouvé sur le sol ou coupé, je ne saurais dire ? Bêtement, j’ai voulu lui prendre, mais quand j’ai tiré, il a tiré de son côté ! Aussi furtif qu’intense, nous qui vivons dans des mondes hermétiques, vu l’incompatibilité de nos systèmes sensoriels respectifs, ce moment a bouleversé mon regard sur ces animaux.

Depuis, j’écris pour défendre leur cause, je suis en quelque sorte leur avocat, je parle au nom des vers de terre, personne ne parle en leur nom. Le philosophe Baptiste Morizot raconte dans un article publié en 2013 dans Philosophie magazine : « Un mythe iroquois raconte qu’un jour, la tribu prit la décision de chasser tous les élans, en négligeant l’avis des autres vivants : les loups furent affamés et commencèrent à disparaître. Saison après saison, la santé de la terre périclita, comme celle du gibier, des rivières et des cœurs. Depuis ce jour, à chaque palabre, avant de parlementer, un Iroquois se lève et demande : Qui, dans cette assemblée, parle au nom du loup ? »

Qui parle au nom des sols, au nom des rivières, au nom des oiseaux, des enfants, des générations futures, du monde sauvage, de la science, des femmes, des urbains, du monde rural, d’un monde durable… Quand l’Homme parle, il parle pour lui, il parle pour préserver ou accroître des intérêts et des privilèges particuliers, et particulièrement les siens !

Dans ces conditions,
comment faire société quand tout le monde tire la couverture à soi ?

Ce trait de caractère est-il génétique, acquis ou culturel ? Je ne saurais dire brièvement, mais il est clair que notre développement est basé sur la violence du genre masculin. Rien de bien glorieux pour une espèce qui se croit civilisée, mais revenons à notre sujet pour éviter de nous égarer, un ver de terre qui subit indirectement ce terrorisme, puisque nous faisons régner la terreur sur la planète. Une terreur au service exclusif de ces nouveaux souverains, sans frontières, ces multinationales et ces richissimes qui ont actuellement un pouvoir comme jamais une reine ou un empereur n’avait eu jadis. Ces gens-là nient la dépendance réciproque de tous les êtres vivants, l’interdépendance, et ils ne parlent qu’au nom de cet argent qui les rend tout-puissants.

Quand je parle au nom du ver de terre, je ne relègue pas pour autant les autres bestioles à faire de la figuration. Par autres bestioles, entendez tous les autres animaux, nous compris, les arbres et les herbes, et tout ce qui vit et respire. Le ver de terre est une entrée, mais pas que… La suite dans l’Éloge du ver de terre – N°2 –

MERCI à nos partenaires : Jardinons sur Sol Vivant et Gilles Domenech, Le Jardin des Thorains et Francois Bientz, Permavenir et Laurent Degueldre, le chanvrier sur sol vivant Fabien Artigaud, le photographe Emmanuel Combeau, Les Jardins de Haute-Auvergne et Gaëlle et Julien Delmas, les Jardins d’Aleron et Anne Mouric. Merci également à Marc Giraud, écrivain, chroniqueur et naturaliste de grand talent pour son soutien.

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