Pendant qu’on continue à se demander si l’intelligence artificielle, l’IA, c’est bien ou mal, elle est déjà présente partout ! À notre insu, elle s’est invitée dans notre quotidien : gère notre téléphone portable et analyse en permanence nos comportements. Mieux encore, elle est consultée comme un oracle : « Gemini, dis-moi… » Ce qui était futuriste est devenu réalité.

Les soldats robots, les drones tueurs et les machines autonomes ne sont plus de la science-fiction. Mais il persiste ce décalage entre notre conscience et notre prise de conscience sur les conséquences, notre cerveau étant lent et entravé par ce qu’il croit.

J’entendais cette semaine que « l’environnement est devenu toxique. »

En 30 ans, les allergies respiratoires ont été multipliées par 3 en France (source) ; et 50 % de la population mondiale sera affecté par au moins une allergie en 2050, selon l’OMS. N’importe quel être humain normalement constitué devrait réagir, mais NON. Au nom de quelle idéologie offrons nous à nos enfants un monde dégradé ? Il pleut des pesticides, des métaux lourds et des microplastiques, mais « ça n’a rien à voir… »

Nota bene. Cet article fait suite à celui sur le labour, qui m’a valu tant de haine (de ceux qui ne l’avaient pas lu…) LIRE

Une IA qui « pense » comme les vers de terre

Quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur des recherches sur des robots les imitant ! Pour décompacter le sol sans le labourer et remplacer à terme les outils conventionnels qui le tassent et dégradent. La Chine semble être à la pointe de cette recherche et le gouvernement chinois l’encourage. Extrait d’une publication de 2024 :

« Inspiré des principes de la nature, ce robot est destiné à optimiser le processus de labour, améliorant la productivité tout en minimisant le besoin de travail en tandem. En intégrant des éléments bioniques, il ambitionne de révolutionner la préparation des sols agricoles… » Des robots directement inspirés d’un petit reptile, le Scincus scincus, qui se déplace dans le sable comme un poisson dans l’eau, et du ver de terre. Une étude plus récente, publiée le 22/12/2025, sur un robot « ver de terre » pour décompacter les sols agricoles, souligne le potentiel, mais aussi la nécessité de les essayer en condition réelle pour en valider les performances. (source)

Plus récente encore, cette étude néerlandaise du 17 avril dernier :

« Les robots inspirés des vers de terre constituent une alternative prometteuse aux outils classiques… d’investigation des sols utilisés en géotechnique. Leur faible caractère invasif et leur capacité à se déplacer en trois dimensions sous terre en font des atouts particulièrement recherchés. » (source)

Les drones « abeille »

Vous vous souvenez de cet emballement pour remplacer les abeilles par des machines volantes, jusqu’à cette publication scientifique en 2018 : « Remplacer le travail de ces animaux par des machines, conduirait l’humanité dans une situation d’insécurité alimentaire majeure, doublée d’un écroulement de la diversité végétale… » Sourcearticle complet en pdf.

En 2019, j’avais publié une tribune dans l’Humanité à ce sujet :

Veut-on vraiment sauver les abeilles ? Pire : y a-t-il une réelle volonté politique de ne pas les sauver ? Pire encore… des solutions technologiques commencent à se profiler pour s’en passer. Et, vu l’accélération brutale de l’effondrement des populations d’insectes pollinisateurs, il est clair que les apiculteurs vont devoir se reconvertir dans le pilotage de drones pollinisateurs !

Ne souriez pas : passer de l’enfumoir au joystick n’est ni de l’anticipation ni de la science-fiction, puisque c’est le projet. En effet, si nous voulions sauver les abeilles, il serait si simple de les doter d’une personnalité juridique afin de défendre leurs intérêts.

La robotique agricole, un secteur économique en plein essor, notamment avec les tracteurs autonomes et les robots de désherbage. Une « évolution » qui accentue la confiscation de notre alimentation par les multinationales et qui favorise une agriculture toujours plus hors sol, capitaliste, assistée et déconnectée de la nature. À l’opposé de l’agroécologie : « agroboursière. »

À la semaine prochaine.
Christophe Gatineau


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Président fondateur de La Ligue de protection des vers de terre, j’étudie les vers de terre dans leur rapport à l’agriculture. Auteur d’une douzaine d’ouvrages — dont Éloge du ver de terre et Éloge de l’abeille (Flammarion), je travaille depuis plus de 10 ans en faveur de la reconnaissance juridique des vers de terr

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