De Galilée à Duplomb, de la loi divine à la loi civile, une constante demeure : la science est toujours sommée de se taire lorsqu’elle dérange l’ordre établi.

Le sénateur Laurent Duplomb enchaîne les victoires avec un aplomb désarmant. En croisade contre le bio et l’agroécologie, il dénonce les « obscurantistes » (comprendre : les écologistes) qui propageraient la peur, mais utilise lui-même la peur pour les combattre !

Conservateur pur et dur, sa pensée s’enracine profondément dans l’héritage médiéval, historiquement porté par la droite politique et ses extrêmes ; la même droite qui s’empare de la FNSEA en 1946 — lire l’article précédent.

Et sa méthode n’est pas sans rappeler celle du pouvoir religieux au temps de l’Inquisition : brandir une vérité comme absolue, désigner des ennemis imaginaires, disqualifier leur parole et remonter « le peuple » contre eux. Par exemple, lors du soulèvement agricole 2024, pour remonter les agriculteurs contre l’OFB (l’Office français de la biodiversité), il qualifie cet établissement public de « police religieuse de l’environnement. » (source)

Comme le juge ecclésiastique au Moyen Âge, il n’a pas besoin de preuves pour accuser : son dogme tient lieu de vérité. En 2023, le directeur scientifique Agriculture de l’INRAE en a fait les frais lors de son audition devant une commission sénatoriale :

« Je croyais que l’INRAE pouvait jouer un rôle de soutien à l’agriculture et aux agriculteurs, mais je me rends compte que la totalité du dogme écologiste, poussé à outrance, fait la part belle à ses recommandations. » (Source)

On sous-estime la dimension idéologique

Le 7 décembre 2021, il vote contre l’interdiction des thérapies visant à imposer l’hétérosexualité aux personnes homosexuelles. Il faisait partie de ce petit groupe de traditionalistes : des 28 pour, quand 305 sénateurs votaient pour la fin de ces thérapies d’un autre temps. (Source)

Quant au lit idéologique de l’institution, en juin 2018, lors de l’examen de la loi Egalim, le Sénat a rejeté des amendements visant à renforcer l’enseignement des enjeux environnementaux et climatiques dans les lycées agricoles. Une posture idéologique qui vaut mille discours ; raison pour laquelle le sénateur s’y sent comme un poisson dans l’eau et impose, quasi sans concession, sa vision du monde.

Les nouvelles ne sont pas bonnes

Si la loi Duplomb 1, publiée au Journal officiel le 12 août 2025 , scellait la fin de l’agroécologie, l’intensification des élevages industriels et des cultures industrielles à vocation énergétique, les mégabassines « d’intérêt général majeur »… Duplomb 2 pousse le bouchon encore plus loin :

  • En asséchant le droit comme on assèche un marais
  • En accaparant l’eau au profit des cultures industrielles
  • En transformant le principe du pollueur-payeur en celui du pollué-payeur
  • En réhabilitant 2 insecticides interdits.

Et jeudi dernier, la commission mixte paritaire (CMP), chargée de trouver un compromis entre l’Assemblée nationale et le Sénat, sur le projet de loi d’urgence agricole, a donc dit OUI.

Oui, Duplomb 2 est un bon projet pour nos agro-industriels !
Le texte doit maintenant être voté :

— Lundi 20 juillet 2026 par l’Assemblée nationale ;
— Mardi 21 juillet 2026 par le Sénat.

S’il l’est, la loi Duplomb 2 pourrait être publiée au Journal officiel avant le 15 aout 2026.
Le taux de probabilité qu’il soit voté est estimé à 99,99%.

Et en 2027 : Duplomb 3 !

Le climat politique est désormais propice à la suppression de l’un des piliers de notre Constitution : le principe de précaution. Soyez vigilants, ouvrez l’œil, une affaire à suivre.

En 2025, 2,1 millions de signataires ont dit non à Duplomb,
2,1 millions sur 49 millions d’électeurs ! c’est peu, moins de 5%,
l’écrasante majorité avait choisi de garder le silence,
rongée par l’indifférence ou figée dans une obscure obéissance.
En 2026, moins de 1% ont dit non !
Et en 2027 ?

À la semaine prochaine.
Christophe Gatineau

PS. Jeudi, suite à un orage d’une grande violence, nous avons tout perdu en quelques minutes : serres, légumes, arbres fruitiers, vignes… Tuiles cassées et voiture abîmée en sus. Voir la vidéo sur Fb. Les grêlons tombaient comme des balles perdues : les oiseaux ont payé un lourd tribut, un cheval a été tué et un autre blessé dans le champ d’à côté, et une jeune femme est morte à une vingtaine de kilomètres.

IMPORTANT. Depuis un an, nous travaillons à pure perte. Les financements publics ont pris fin en 2021 et nous refusons les financements privés afin de préserver notre indépendance.

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