L’humanité dépend désormais des engrais phosphatés pour se nourrir. Les phosphates, par simplification « phosphore », sont une ressource non renouvelable dont les réserves mondiales sont estimées entre 50 et 300 ans. 50 ans, c’est demain. Et après, aucune solution.

Après, ne voyons pas tout en noir, vu le réarmement mondial et cette envie pressante d’en découdre, l’« après » risque de ne jamais se poser en ces termes.

Si, au départ, les engrais chimiques ont produit les mêmes effets miraculeux que les énergies fossiles, à l’arrivée, le bilan est un désastre environnemental. En particulier à cause de cet élément réputé aussi insignifiant qu’un ver de terre pour un ministre de l’Économie : le phosphore.

NB. L’extraction du phosphore est vorace en énergies fossiles et atteinte à l’environnement ; un autre désastre environnemental.

Tout ce qui vit a besoin de phosphore

Tout ce qui vit en rejette ; nos corps en rejettent, et nous le jetons. Dans un contexte où la France a épuisé ses réserves naturelles au 19e siècle ; et où le phosphore ne peut être ni synthétisé ni créé. Une fois jeté, il est perdu à tout jamais.

  • Bonne nouvelle : les vers de terre augmentent sa biodisponibilité.
  • Mauvaise nouvelle : les vers de terre augmentent aussi la biodisponibilité du cadmium.
La biodisponibilité, c’est quoi ?

C’est l’assimilation du phosphore par les plantes ; le phosphore étant l’un des rouages essentiels du processus biochimique qui transforme la lumière du soleil en énergie nourricière : la photosynthèse. Mais les vers de terre améliorent aussi l’assimilation de ce métal lourd toxique qui empoisonne le corps des enfants en bas âge !

Le paradoxe du phosphore

Il y a plein de phosphore dans les sols, mais il est inaccessible ! Pour comprendre de quoi il retourne, prenons un exemple. Nous connaissons tous les effets de la carence en fer sur notre santé : pâleur, faiblesse, essoufflement, vertiges, etc. Or, mâcher un morceau de fer ne la résoudra pas plus que d’avaler un boulon dans un peu d’eau, le fer étant sous une forme incompatible avec notre système digestif.

Idem pour le phosphore : la majorité de celui qui est présent dans les sols est inassimilable par les plantes. Quelles conséquences ? D’abord, sa disparition programmée des sols est un phénomène bien plus inquiétant que la disparition des vers de terre ou la fonte des glaces. Pourquoi ? Parce qu’il ne peut y avoir ni cultures ni agriculture sans phosphore assimilable… Extrait de mon dernier ouvrage : « Ne tirons plus la chasse ! »

En l’achetant dans notre boutique,
vous soutenez la Ligue de protection des vers de terre :
l’intégralité du prix de vente est consacrée à ses actions.

ALERTE SANTÉ – Les dangers du cadmium pour les enfants

Déjà publié : Du cadmium dans le pain, les pâtes, les patates : un enfant sur 3 contaminé en France

Le cadmium est naturellement présent dans nos sols, mais à des concentrations variables selon leur origine géologique. Ensuite, il y est introduit par les fumiers et les engrais phosphatés. En bio comme en conventionnelle, les phosphates augmentent les rendements.

En France, on épand des phosphates sédimentaires d’Afrique du Nord… riches en cadmium ! alors que les phosphates russes en sont plus pauvres, car leur origine est magmatique. Pour en savoir plus sur le phosphore et l’azote, tout tout tout : le vrai, le faux… Voir mon dernier ouvrage.

À la semaine prochaine.
Christophe Gatineau

Pour soutenir la Ligue, notre travail, nos actions :
le chemin vers notre boutique, un don, une adhésion.

En refusant tout financement privé et toute publicité, visible comme dissimulée, la Ligue de protection des vers de terre a fait un choix clair : l’indépendance. Mais cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. 100% de vos contributions financent directement les actions de la Ligue.

Le jour où nous découvrirons que l’argent ne se mange pas,
il sera trop tard pour commander autre chose que l’addition.

Président fondateur de La Ligue de protection des vers de terre, j’étudie les vers de terre dans leur rapport à l’agriculture. Auteur d’une douzaine d’ouvrages — dont Éloge du ver de terre et Éloge de l’abeille (Flammarion), je travaille depuis plus de 10 ans en faveur de la reconnaissance juridique des vers de terre.

L’acheter directement dans notre boutique, c’est soutenir notre travail

NEWSLETTER

Inscrivez-vous pour la recevoir dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.