L’empoisonnement des vers de terre par les polluants éternels, les PFAS, dites « pifasses », est connu depuis longtemps. Le revêtement de nos poêles antiadhésives est le plus célèbre, mais ces polluants se retrouvent partout : emballages alimentaires, vêtements, peintures, fil dentaire, jusque dans notre sang (source), tout comme les pesticides dans le cycle de l’eau.

Éternels, car ils persistent des centaines d’années dans l’environnement.

Circulaire, car les « pifasses » finissent dans l’eau et les sols, entrant ainsi dans la chaîne alimentaire par les poissons, les plantes et les vers de terre. Entre autres. Et comme une grande partie de la biodiversité animale se nourrit de vers de terre, ils empoisonnent à leur tour les animaux qui les mangent ! Un empoisonnement circulaire à l’origine de dérèglements métaboliques, cancers… jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Je décris une situation apocalyptique,
mais pas de panique

100 % de la population française est déjà contaminée ! !!! (source)

Dans ses dernières recommandations, le ministère de la Santé confirme le danger de ces dizaines de milliers de substances chimiques « éternelles », présentes dans la nature, et suggère d’essayer de réduire notre exposition en attendant… (source) En attendant quoi ? Je ne sais pas, en attendant… le ministre invite les professionnels de santé à rassurer, sans banaliser.

Je vous rassure, les plus de 50 ans n’ont rien à craindre, contrairement aux futurs parents qui vont mettre au monde des bébés contaminés. Des parents, les 20-40 ans, désormais en première ligne pour le cancer, selon l’Institut Gustave Roussy de Paris, premier centre européen de lutte contre le cancer, sixième meilleur hôpital de cancérologie au monde (source).

C’est multifactoriel,
disent ceux qui veulent noyer le poisson

« Multifactoriel », un mot aux allures savantes pour dire qu’on ne sait pas trop : il y a tellement de facteurs… Une redoutable technique de marketing pour diluer les causes et les responsabilités.

Certes, il y a un empilement de facteurs, mais il y a aussi le facteur déclencheur. Par exemple, on vient de découvrir qu’un banal herbicide, classé non cancérigène, est impliqué dans le cancer colorectal, deuxième cause de décès par cancer ; un cancer en nette augmentation chez les moins de 50 ans ! (source)

Non, je ne m’éloigne pas de mon sujet : les vers de terre ont , comme nous et pour se nourrir, un système colorectal qui se termine par un anus. Et puisqu’ils sont aux premières loges lors des épandages de pesticides, PFAS, microplastiques et autres métaux lourds comme le cadmium, ce qui leur arrive nous arrive et arrive à tous ceux qui les mangent.

Cadmium

À ce propos, une étude chinoise concluait en 2002 que les effets combinés du cuivre, du zinc, du plomb et du cadmium entraînaient un taux de mortalité supérieur à 10 % chez les vers de terre, pouvant atteindre 100 % (source).

Rappelons également que le cadmium franchit la barrière placentaire pour s’accumuler dans le fœtus avec les « pifasses », et qu’un enfant de moins de 3 ans est en France en surdosage de ce métal lourd. En savoir plus.

Mais les défenseurs de ce système d’empoisonnement généralisé vont incriminer la cigarette pour brouiller les pistes. Dernièrement, un « scientifique », accordez moi les guillemets, est sorti de sa zone de compétence pour affirmer que la contamination au cadmium se faisait principalement par la respiration ! Quand je lui ai demandé sa source, il a fait l’autruche.

Comme le professeur Marc-André SELOSSE qui soutient que le glyphosate est moins grave que le labour, mais sans apporter la moindre preuve que le remède ne soit pas pire que le mal sur le long terme. C’est pourtant ainsi que les « pifasses » nous ont tous empoisonnés : au fil du temps.

Or chacun sait que le glyphosate est la tête de pont d’un système agricole fondé sur les pesticides et les engrais de synthèse ; des engrais parfois moins contaminés par les « pifasses » que certains engrais « naturels »… mais plus pollués en cadmium ! Mais moins pollués aux microplastiques ! Rien n’est simple en ce bas monde, dès lors qu’on regarde la monde avec une vision durable et soutenable pour les générations futures.

Ainsi, régler le problème du cadmium ne réglera rien,
bien au contraire, le règlement doit être global ;
les petits pas se servent à rien quand les autres avancent à grandes enjambées.

Un effet combiné

La pollution des sols aux microplastiques est largement invisibilisée. Or, une étude chinoise, publiée le 5 mai 2026 (source), vient de mettre en évidence que l’action combinée des « pifasses » et des microplastiques amplifiait les dommages colorectaux chez les vers de terre ! C’est le fameux effet cocktail déjà démontré chez les pesticides, où 2 molécules synthétiques peu dangereuses deviennent très dangereuses quand elles sont en contact.

Pour conclure

À l’heure où beaucoup réclament une libéralisation des normes et des contraintes environnementales au nom de la souveraineté alimentaire, l’exemple des « pifasses » et d’une réglementation laxiste révèlent où cela nous a conduits.

Oui, la législation se durcit, mais qui va empêcher les industriels de créer de nouvelles molécules pour y échapper ?

À la semaine prochaine.
Christophe Gatineau


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