Au lieu de protéger la santé publique en réduisant l’usage des pesticides, on banalise leurs résidus en relevant les seuils autorisés dans notre alimentation. Dans le miel, les résidus d’acétamipride ont été relevés de près de 2 000 % ; selon le sénateur Laurent Duplomb, auteur d’une proposition de loi visant à réautoriser deux insecticides interdits. Source

L’acétamipride est un insecticide de la famille des néonicotinoïdes qui agit sur le système nerveux des insectes.

Pour importer des denrées alimentaires de pays qui ne respectent aucune règle environnementale et sociale.

De ce point de vue, la colère agricole est légitime : pourquoi interdire ici pour importer de loin des aliments que l’on sait contaminés ? Ensuite, relever les taux infuse dans l’opinion publique que les pesticides ne seraient pas si dangereux !

Quelles conséquences ces accords de libre-échange ont-ils sur notre agriculture ?

Un accord de libre-échange vise à faciliter les échanges entre les pays concernés, en supprimant en premier lieu les droits de douane. La question des conséquences sur notre agriculture m’a été posée cette semaine par une journaliste. Manifestement, ma réponse n’a pas semblé lui plaire… La voici :

Les accords internationaux affaiblissent structurellement notre agriculture et le tissu rural. Les fermes sont progressivement remplacées par des unités spécialisées dans la production d’œufs, de lait, de viande, de céréales, de biocarburants, de gaz… Dans ces unités, on y produit plutôt des matières premières destinées à l’industrie agro-alimentaire, que de la nourriture au sens local du terme. Désormais, les grandes exploitations sont la norme.

Notre production est aujourd’hui supérieure à nos besoins intérieurs !

Logiquement, nous exportons nos excédents à l’étranger.
Mais nous importons aussi des produits laitiers…
Plus d’un quart des produits laitiers consommés en France sont importés.
Résultat : une pression à la baisse continue sur les prix payés aux producteurs.

Au mois de janvier, des agriculteurs ont découvert dans le port du Havre : de la soupe en provenance de Nouvelle-Zélande, du saumon de Russie, des boyaux de moutons de Chine… Sans doute, une goutte d’eau. Nous exportons aussi du « bon » blé pour en importer du moins bon.

Bref, l’agriculture est devenue une simple monnaie d’échange dans un contexte où l’on ne cesse de nous répéter : consommons français, préservons les ressources naturelles, luttons contre le réchauffement climatique, assurons notre souveraineté alimentaire.

La France est le premier exportateur mondial de bovins vivants, du moins en valeur marchande.
Environ 1,3 million est exporté chaque année.
Pourtant, un quart de la viande bovine consommée en France est importé !
Parfois « assaisonné » d’hormones et d’antibiotiques quand elle provient du continent américain.

Parce qu’elle offre des coûts de main-d’œuvre et des normes sociales et environnementales extrêmement faibles ; ce qui permet d’effondrer les coûts de production.

Résultat, la France vit sous la dépendance de la chine, une dépendance qui ne fait qu’augmenter.

Pour notre agriculture, la logique est la même : on accroît la dépendance extérieure et l’on rogne sur les normes environnementales pour tenter de « s’aligner » sur cette concurrence déloyale.

EN CONCLUSION. En échange de vendre des produits de luxe, des services, des voitures ou d’armement, l’État a choisi de sacrifier l’agriculture durable, le monde rural et l’environnement sur l’autel des marchés financiers.

À la semaine prochaine.
Christophe Gatineau

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