Au Japon, par exemple, on ne liquide pas tout un troupeau pour une seule vache atteinte par cette maladie virale qui les frappe. Et aucune décision n’est prise sans l’accord de l’éleveur. En France, il n’a pas son mot à dire !
Au besoin, on lui envoie les gendarmes.
S’il résiste, on sort les blindés, comme en Ariège début janvier.
Paris ordonne, Paris contraint,
le mépris est total, sauf pour les Corses !
Les vaches corses qui ont été vaccinées dès le mois de septembre, alors qu’il n’y avait aucun cas sur l’île ni menace ! Source. Dans le même temps, cette vaccination généralisée était refusée aux éleveurs du continent pendant que la maladie s’y développait ! Cherchez la logique : d’un côté, c’était la solution ; de l’autre, non !
Je décrypte cette logique dans le podcast publié cette semaine, à écouter en fin d’article.
L’OMS animale préconise la vaccination généralisée comme pilier central de la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Depuis 1988, cette stratégie sanitaire a permis de protéger les troupeaux bovins de nombreux pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie et d’Europe. Ajoutons, et c’est important, que cette maladie n’est pas mortelle au sens strict pour les vaches, mais potentiellement mortelle, comme vient de le préciser le ministère de l’Agriculture. Source.
CHEVAUX
Question. Si un virus équivalent avait frappé des chevaux de course,
aurait-on pour autant abattu tout le troupeau pour un seul cheval malade ?
Comme on le fait pour les vaches !
Évidemment, non,
à cause de leur valeur marchande.
Que vaut la vie d’une vache ?
Guère plus que celle d’un ver de terre !
Quant à l’éleveur ?
Oh, il s’en remettra.
Peut-être ou peut-être pas.
On va lui offrir un soutien psychologique.
De l’argent pour compenser.
Les médias mainstream peu bavards
sur les véritables raisons
La France exporte de la viande pour importer de la viande,
exporte du lait pour importer du lait,
il fallait protéger ce petit commerce qui ne connaît pas la crise,
bien loin d’une agriculture nourricière.
En généralisant la vaccination,
pour préserver ses agriculteurs et ses vaches,
la France n’aurait pas pu exporter pendant un an.
Saviez-vous que cette semaine, dans le port du Havre, on a découvert de la soupe en provenance de la Nouvelle-Zélande, du saumon de Russie, des boyaux de moutons de Chine… Tu commences à comprendre pourquoi on a abattu des troupeaux entiers de vaches en parfaite santé ?
Pour offrir un tour du monde à une soupe ! Peut-être parfois faites avec des légumes qui ont déjà fait le tour de la planète ! Vous avez dit local ? Comme c’est bizarre… vous avez dit préservation des ressources naturelles, lutte contre le réchauffement climatique, souveraineté alimentaire !
JE DÉCRYPTE
Durée : 23 min.
Si le lecteur ne s’affiche pas : cliquez ici pour l’écouter
- 3:15 Pourquoi je m’intéresse aux vaches
- 4:35 La promesse de la modernité
- 6:15 La bouse est un acte de naissance
- 7:30 DNC, 3 lettres qui font trembler les vaches
- 9:50 Cette maladie ne date pas d’hier. 1988, la date charnière
- 13:40 Que dit l’Organisation Mondiale de la Santé animale
- 15:40 Rôle du moustique tigre dans la transmission de la maladie
- 17:00 La mouche des étables vole sur de très longues distances : jusqu’à 225 km !
Le gouvernement reste sourd
Sourd aux revendications du monde rural.
Mais est-ce bien LÉGAL ?
Quand un agriculteur maltraite ses vaches,
il s’expose à des sanctions pénales,
car la maltraitance animale est un délit.
C’est normal, personne ne le conteste.
Mais quand c’est l’État qui maltraite ses vaches, on dit quoi ?
Tuer une vache en parfaite santé, pour la faire brûler : légal, vraiment ?
Je n’ai pas la réponse.
Mais la question mérite d’être posée.
À la semaine prochaine.
Christophe Gatineau
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Président fondateur de La Ligue de protection des vers de terre, j’étudie les vers de terre dans leur rapport à l’agriculture. Auteur d’une douzaine d’ouvrages — dont Éloge du ver de terre et Éloge de l’abeille (Flammarion), je travaille depuis plus de 10 ans en faveur de la reconnaissance juridique des vers de terre.

