Pourquoi on cultive légalement des OGM en France

Selon la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne du 25 juillet 2018, les plantes génétiquement modifiées par mutagenèse doivent être considérées comme des OGM à part entière. De ce fait, on cultive donc en France des milliers d’hectares d’OGM.

Art. publié initialement en janv. 2019 et mis à jour.

Et j’aurais même pu écrire des OGM certifiés AB… avant que l’INRAE publie cette mise au point au sujet de la variété de blé tendre Renan. Je vous invite à lire l’article en question, car nous sommes loin d’une variété “naturelle” obtenue par hybridation d’hybrides !

2018 aura vu une nouvelle offensive des industriels de la semence et de l’agroalimentaire (ce sont les mêmes, enfin les mêmes actionnaires) pour imposer les OGM aux populations. Et pour nous les vendre, ils disent qu’ils ne sont pas mauvais pour la santé. Mais dire qu’ils ne sont pas mauvais ne veut pas dire qu’ils sont bons pour la santé. Et ils sont si motivés et près du but, que B A Y E R a même vendu par erreur des semences de colza OGM en France. Bilan : 2 000 hectares contaminés en 2019 dans le Loir-et-Cher…

Quels impacts sur la santé des vers de terre qui s’en nourrissent ?

Aucune étude sur le sujet, on n’en sait rien. Quels impacts sur la santé des abeilles qui nourrissent leurs larves avec ces pollens modifiés ? Aucune étude sur le sujet, on n’en sait rien. Lire citation bas de page. En revanche, et seulement en UE, la législation impose aux semenciers de faire des tests toxicologiques sur des mammifères de laboratoire. Des tests réalisés par leur soin 🙂

Le 25 juillet 2018

La Cour de Justice de l’Union européenne arrête :

Les organismes obtenus par mutagenèse constituent des OGM et sont, en principe, soumis aux obligations prévues par la directive sur les OGM.

Pour faire simple, deux techniques
sont utilisées pour faire un OGM
: la transgenèse et la mutagenèse.

La transgenèse, à l’origine des premiers OGM, c’est quand un ou plusieurs gènes étrangers sont implantés dans l’ADN de la cellule. Et la mutagenèse, c’est quand la plante est poussée artificiellement à muter… Avec cette dernière, les semenciers ont échappé pendant des années à la législation française sur les OGM en arguant qu’à l’état sauvage, les plantes mutaient naturellement pour s’adapter.

Et effectivement, seule l’adaptation permet de durer dans la Nature. Sauf que le processus n’est pas naturel, puisqu’il est obtenu en deux ou trois ans en laboratoire. Lire les réactions des syndicats agricoles. Et en agriculture de conservation et en conventionnelle, si en 2013, 13 % des surfaces de tournesol étaient concernées par ces OGM, elles « auraient grimpé » à 40 % en 2018.

Entendons-nous bien, l’erreur n’est pas créatrice de droit, mais d’un point de vue juridique, les citoyens ont bien été abusés par les pouvoirs publics, les gouvernements successifs ayant appliqué la loi avec beaucoup trop de légèreté. C’est le sens de cette décision de justice, qu’importe le procédé, ce sont tous des OGM !

Quelle suite ?

En 2013, des ONG interpellaient déjà le gouvernement sur les conséquences écologiques. M. Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture et grand promoteur d’une agro-écologie avec des pesticides et des engrais chimiques, avait fait la sourde oreille.

En ne réagissant pas suite à cette décision de la Cour de Justice de l’UE, le gouvernement contribue ainsi à ouvrir insidieusement la porte à tous les OGM. D’ailleurs, les firmes pourraient avoir rapidement gain de cause, car pourquoi continuer à distinguer les OGM suivant leurs origines, puisque les conséquences sur le terrain sont exactement les mêmes ?

En attendant, les fœtus, les nourrissons et les enfants en pleine croissance sont aujourd’hui élevés aux OGM comme le bétail. En effet, publié 10 jours avant la décision de la Cour de Justice, le 8 aout, le gouvernement a rappelé qu’une centaine d’OGM et/ou leurs produits dérivés sont autorisés pour l’importation et l’utilisation en alimentation humaine et animale. Même notre gaz renouvelable, bio écolo, est produit en partie avec des plantes génétiquement modifiées. Lire.

Extrait de l’Éloge de l’abeille. « Bio ou pas, végans, végétariens, flexitariens ou omnivores, personne n’a été épargné, tous nous en consommons, et d’autant plus que notre régime alimentaire est asservi à l’industrie agroalimentaire.

Mieux ! Nous avons cru qu’ils étaient interdits en France ; beaucoup mieux, ils étaient depuis longtemps dans nos assiettes. Quant aux pollinisateurs qui alimentent leurs nourrissons avec des pollens modifiés, ou s’abreuvent à la même source de nectar, du sucre modifié pouvant contenir des toxines insecticides, fongicides ou herbicides, nous ignorons les conséquences à long terme, sauf depuis l’effondrement des colonies d’abeilles.

Et parmi les plantes mellifères modifiées à hauts rendements en miel, le colza et le tournesol !!! Le problème, ce n’est pas l’innovation, mais d’avoir mis la charrue avant les bœufs, et de continuer à croire qu’un tel attelage nous tirera vers l’avant ! »

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