Bonne année à toi, lecteur.
Tant que tu me lis, j’existe !
Cette semaine, certains ont voulu me faire taire !
Pourquoi ?
Qui sont-ils ?
Peu importe : l’ennemi vient toujours de l’intérieur…
ma voix dissone et ils préfèrent le confort de leurs idées fixes à celles qui s’adaptent.

Qu’ont-ils fait ?
Ce qu’ils dénoncent…
me dénoncer auprès de Facebook pour faire fermer mon compte.

Ne perdons pas trop de temps avec ces « libres-penseurs » qui ne nous offrent qu’une seule liberté : penser comme eux ! Suite à mon article LES VACHES DE LA COLÈRE, ils ont vu rouge. Antivaccins, anti-viande, anti-européens… ont tenté, en vain, de me discréditer sur les réseaux. Sans succès, ils m’ont signalé comme un diffuseur de « fausses informations ». Si je vous raconte cette petite mésaventure, très insignifiante, c’est qu’elle dit quelque chose du climat actuel.

Suite à ma requête, Facebook a réagi au pied levé en rétablissant mon compte.

Revenons à nos amis les bêtes

La nuit de Noël, j’ai pleuré devant la froideur d’une journaliste du Monde, reconvertie en comptable. Cette nuit-là, j’ai compris que le vrai danger, avec la dermatose nodulaire contagieuse — ce virus qui frappe nos vaches, ce n’était pas la maladie, mais la manière dont on la pense.

On ne la pense pas en fonction des éleveurs et des vaches, mais des marchés financiers !

Pourquoi traite-t-on les vaches comme des déchets ?
«Tirant la chasse » sur des troupeaux entiers !

Parce que la France est numéro 1 mondial des exportations de bovins vivants — du moins en valeur marchande. Environ 1,3 million de bêtes sont expédiées à l’étranger par camions et cargos. Vu autrement, on sacrifie des vaches et on les incinère pour sauver les intérêts des industriels de l’import-export de bovins vivants. Et de lait !

Tout cela, dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, d’économie d’énergie, de souveraineté alimentaire… On nous prend vraiment pour des culs-terreux ! Mais le comble n’est pas là : nous surproduisons, mais importons environ un quart de la viande bovine consommée en France — et le lait dans les mêmes proportions.

Par ailleurs, vous aurez remarqué que le discours officiel a changé. À propos des abattages massifs, nous sommes passés de « la seule solution » à « la moins mauvaise ». Or, la moins mauvaise, c’est la vaccination de masse. Non pas que je sois « pro-vaccin », c’est juste lié à la manière dont le virus se diffuse. J’y reviendrai dans un prochain article.

1988, date charnière

Je rappelle, à toutes fins utiles, que depuis 1988 — date à laquelle ce virus est sorti d’Afrique pour gagner l’Égypte, plus de 80 pays ont été touchés. Et la France fait partie des très rares à avoir choisi d’abattre des troupeaux entiers pour préserver son statut sanitaire d’indemne à l’international. Officiellement, la France n’est pas touchée par ce virus ! Que dis-je ? cette grippette, pour ceux qui ont la réf.

Victoire

Si vous faites partie des 2,1 millions de signataires de la pétition contre la loi dite « Duplomb », soyez comblés : le gouvernement vous a entendus.

Souvenez-vous que cette loi est un cimetière pour les vers de terre, un désert pour la biodiversité et une prison pour les vaches — prisonnières des marchés financiers. Le gouvernement a donc pris acte et les débats ont commencé en novembre en commission à l’Assemblée nationale : « bla bla bla… hum, ah, oh… bla bla bla ». Et en janvier, rebelote dans l’hémicycle. Je peux — sans trop me tromper, les résumer à l’avance : « bla bla bla… non non non… oui oui oui… bla bla… ».

Souvenez-vous que la loi permet aux citoyens de donner leur avis (pétitions, consultations publiques), mais elle permet aussi aux élus de s’asseoir dessus. Et même de vous chier dessus (désolé, je m’emporte), le système est bien fait.

Le combat perdu des vers de terre

En septembre, je vous annonçais leur victoire historique, après la condamnation de l’État par la Cour administrative d’appel de Paris, l’obligeant désormais à intégrer les vers de terre dans les protocoles d’homologation des pesticides. Cf. article et jugement.

L’objectif était clair : éliminer ceux qui les empoisonnent. Du simple bon sens, et une décision bénéfique pour les agriculteurs, l’environnement, la biodiversité, les générations futures… Pour tout le monde, sauf l’industrie des pesticides et leurs actionnaires. Bien qu’obligé, le gouvernement a fait savoir qu’il n’appliquera la décision de justice… pour protéger toujours les mêmes : ceux qui vivent sur le dos des autres.

Prendre soin des éleveurs, des vaches et des vers de terre

Je vais finir par être devin… Voilà ce que j’avais écrit au printemps dernier, suite à l’implantation d’une nouvelle ferme-usine à limousines au nord de Limoges :

À l’heure où l’État devrait prendre soin de ses éleveurs, en leur garantissant un revenu mensuel minimum garanti, et non des prix planchers qui bénéficient avant tout aux fermes-usines et à l’agro-industrie ; à l’heure où le gouvernement devrait encourager les systèmes herbagers, le système agroécologique ancestral le plus respectueux pour les éleveurs, les animaux et la planète, il encourage les élevages industriels qui rendent tout le monde malheureux, sauf les actionnaires !

Les vers de terre et les vaches partagent un même souffle,
les uns nourrissant les plantes que les autres mangeront.

Une bouse est un acte de naissance,
où les vies s’empilent, se répondent, se recommencent,
nourrissant ainsi une myriade d’organismes et de micro-organismes :
d’insectes, de vers de terre, de champignons — et leurs prédateurs.

Ainsi va le cycle naturel.

Et de cette alliance silencieuse
naît une agriculture qui ne s’épuise pas.

PS. Cette semaine, j’ai beaucoup aimé qu’Actualité Littéraire qualifie la lecture de mon dernier livre de « déroutante ». Mon projet était effectivement d’amener le lecteur en dehors de ses balises habituelles, pour lui mettre le nez dans le caca ! Au sens propre…

« Loin d’être des déchets ultimes, et à l’instar des déjections animales, nos déjections sont une formidable mine d’or nutritionnelle pour l’humus, là où la vie souterraine se concentre et transforme la matière organique en engrais naturel pour les plantes. » Découvrir.

En refusant tout financement privé et toute publicité, visible comme dissimulée, la Ligue de protection des vers de terre a fait un choix clair : l’indépendance. Mais cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. 100% de vos contributions financent directement les actions de la Ligue.

À la semaine prochaine.
Christophe Gatineau

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