Le blaireau, un tueur en série de vers de terre !

100 kg de vers de terre

Il peut en consommer jusqu’à 100 kg par an, en attraper jusqu’à 300 par nuit, le blaireau est incontestablement le champion du monde toutes catégories confondues. Jusqu’à 80 % de son régime alimentaire selon le milieu où il vit, même la taupe ne fait pas le poids, même les vers géants tueurs de vers de terre peuvent aller se rhabiller. Cf. cette étude sur le blaireau européen : Meles meles L.

Sous l’impulsion de l’ASPAS, la première Journée mondiale des blaireaux a lieu aujourd’hui pour mettre fin à cette pratique barbare qu’est le déterrage : « À partir du 15 mai, chaque année, les chasseurs ressortent leurs pelles, pioches et autres pinces pour s’adonner à leur funeste passion : le déterrage de familles entières de blaireaux. Interdite presque partout ailleurs en Europe, la chasse sous terre fait de la résistance en France, au nom des chasses dites traditionnelles, des chasses qui échappent à toute justification scientifique. »

J’adore les blaireaux

Des animaux très propres qui vivent en famille dans des terriers formés de tunnels et de chambres descendant parfois à plusieurs mètres sous terre. Très propres, puisqu’ils font toujours leurs besoins à l’extérieur et dans de petits trous creusés dans le sol. En revanche, on peut entendre que les vers de terre n’adorent pas les blaireaux et qu’ils les voient comme des nuisibles. Chacun voit midi à sa porte.

Dans mon Éloge du ver de terre, sorti en 2018 chez Flammarion, j’avais fait référence à Charles Foster, ce professeur à l’université d’Oxford, qui a vécu 3 semaines dans la “peau” d’un blaireau ! Et dans un livre publié en 2017 chez JC Lattès, Dans la peau d’une bête, il relate son expérience. Et comme le blaireau est le champion des mangeurs de vers de terre, il a bien été obligé d’en croquer 😉 Il va s’en dire que son témoignage est unique dans les annales de la Science :

— « Lorsque vous mettez un ver de terre dans la bouche […] on pourrait croire qu’il tenterait de descendre dans votre œsophage […] Mais non, il cherche à s’échapper par les interstices entre vos dents. Le ver se fait mince comme un fil et se faufile à travers. S’il est contrarié dans sa tentative, il est pris de frénésie : il fouette vos gencives en faisant tournoyer l’une de ses extrémités comme une centrifugeuse du milieu de son corps… » Nous sommes loin du comportement d’un animal résigné, fataliste, voire végétatif. Et c’est d’autant plus étonnant, que le ver de terre fuit naturellement la lumière pour se cacher. Là, il fuit vers la lumière.

Le ver de terre butine et picore !

Le Huffpost a publié cette semaine l’un de mes articles : POURQUOI LE VER DE TERRE BUTINE COMME L’ABEILLE. Extrait : — « Le ver de terre butine ! Mais attention, butiner n’est pas polliniser. Butiner vient de butin, polliniser de pollen. Polliniser, c’est féconder par du pollen. Le vent pollinise sans butiner ! “Les soldats se dispersent pour butiner. Qu’on se hâte de butiner.” Voltaire. Butiner, c’est chaparder, faire du butin, mais c’est aussi glaner ou picorer. C’est dans ce sens que le ver de terre butine. Il butine, mais sans mettre en réserve une partie de son butin comme l’abeille à miel. » 

Cet article est la forme condensée d’un texte qui m’avait été commandé par les Éditions La Découverte. Un texte refusé, car ils voulaient quelque chose de plus polémique !!! Du style, c’est à cause des pesticides que les vers de terre meurent. Pas complètement faux, sans être tout à fait vrai… Ils voulaient quelque chose du style : le bon, la brute et le truand. Ils voulaient lire ce qu’ils croyaient…

Bref, à partir d’aujourd’hui, les blaireaux vont prendre cher, puisque la loi autorise les actes de torture sur eux ; des animaux qui, par ailleurs, ne sont toujours pas considérés comme des êtres sensibles !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial