Le biogaz, une aubaine pour les fossoyeurs de la planète. Même le bio s’y met

Même le bio veut enterrer la planète, même les défenseurs de l’environnement, ce monde est dépressif. J’écrivais hier que nous ne devrions pas combattre la déforestation, mais nous battre pour la reforestation, car planter des arbres ne veut pas dire REFORESTER, mais reboiser. Et reboiser, c’est refaire du bois, c’est spéculer sur la valeur marchande de jeunes arbres, c’est investir, c’est le même but : reboiser pour déforester.

Même les végans et les végétariens

Même les animalistes. WELFARM, une association animaliste, a appelé cette semaine à la prudence sur la méthanisation, alors que nous savons que la moitié, voire les 3/4 du biogaz produit en France, s’appuie DÉJÀ sur la souffrance animale ! Et comble de l’hypocrisie, l’information est relayée par un journal pro méthanisation qui soutient l’élevage industriel ! Mais le pompon revient à AGROBIO, une association de développement de l’agriculture biologique. AGROBIO 35, pour être précis, qui vient de produire un faux reportage à la gloire de la méthanisation !

Un faux reportage, c’est un reportage qui en a le goût et l’odeur, mais dont le récit est récité. C’est une publicité, un publireportage, une offre commerciale. Exemple :

— Monsieur, que pensez-vous de la méthanisation ?

« C’est de la merde. » Lui ne sera pas dans le reportage.

— Monsieur, que pensez-vous de la méthanisation ?

« Génial, la preuve, j’ai une coccinelle posée sur la main. »

— Génial, c’est ce que confirment les experts !

Bref, j’ai demandé l’avis à un vieux de la vieille, l’agriculteur breton Pierrick Berthou : « L’agriculture, en tant que productrice de nourriture, n’intéresse pas grand monde. Par contre, celle qui consomme des biens et des services… »

Cf. la vidéo ci-dessous, sachant que l’un des objectifs affiché par cette association est de lutter contre la désinformation : « Dénoncer les dérives qui mettent en péril notre environnement social, économique et écologique. »  

ce qui insoutenable

C’est de faire croire qu’avec un système bio et herbager, où les vaches font pipis et cacas dans la nature, on pourrait faire du gaz propre ! Sauf que ce système herbager peut être non pâturant !!! Autrement dit, les vaches restent enfermées afin de récupérer leurs bouses, et tous les jours, on leur apporte l’herbe fraîche, ensilée ou sèche, récoltée avec de gros tracteurs et des énergies fossiles ! Car la production de biogaz réclame aussi beaucoup d’énergie d’origine fossile et nucléaire en amont, outre qu’en aval, quasi la moitié du gaz est rejetée dans l’atmosphère, car inutilisable. Bonjour le rendement énergétique 😉 Je vous invite à relire l’article sur le vif intérêt à laisser les vaches bouser et pisser dans les champs pour lutter contre le dérèglement climatique.

Ne nous trompons pas

La première cause de mortalité des vers de terre, comme de la vie dans les sols, ou de l’érosion, appelée aussi fonte des sols en référence à la fonte des pôles, c’est le manque de nourriture carbonée. De ce même carbone dont on fait aujourd’hui du gaz, de l’électricité et de l’essence pour les voitures…

NE NOUS TROMPONS PAS, indépendamment de son origine, si on émet 10 molécules de CO2, seulement 3 reviennent à l’échelle humaine dans la photosynthèse. Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, il est impossible de sortir de cette équation, le reste n’est que mensonge. Lire la tribune que j’avais publiée dans l’Humanité avec 26 scientifiques.

BIO ou pas, le développement de la méthanisation s’appuie aujourd’hui sur la doctrine climatosceptique : à savoir que le CO2 émis par les feuilles des arbres y reviendrait comme par enchantement.

Extrait dE La méthanisation, une énergie qui sent le gaz,
le seul livre enquête sur le sujet :

L’animal domestiqué, en l’espèce enfermé, reste le premier maillon de la chaîne de production, le gaz vert étant inféodé aux élevages industriels. Des “fermes”, peut-on encore les appeler ainsi, où les animaux sont concentrés, car seul l’enfermement permet de récupérer le carbone qu’ils pissent et chient.

On parle beaucoup de manger moins de viande pour sauver la planète, mais on ne dit pas qu’en manger moins affaiblirait le futur de cette filière d’avenir. L’agronome et anthropologue, Jacques Caplat, administrateur de l’ONG Agir Pour l’Environnement : « Chez moi en Bretagne, 99% des méthaniseurs visent : soit à “justifier” la poursuite d’un modèle d’élevage hors-sol abominable, soit à créer des niches spéculatives avec cultures dédiées. » 23 mars 2021.

Présenté comme un livre polémique par une certaine presse, j’ose rappeler qu’il n’en a créé aucune, puisque le but n’était pas de rajouter de la confusion à la propagande, mais d’apporter un autre regard sur cette activité qui met en péril la soutenabilité des sols à durer longtemps.

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