Des tomates qui résistent au gel !!!

Pendant des millénaires, les agriculteurs ont sélectionné les plantes que nous mangeons actuellement. Ils ont domestiqué des herbes sauvages pour les décliner ensuite en variétés en fonction des terroirs. Raison pour laquelle une variété ancienne n’a pas de sens en dehors du sien.

Mais à partir du 17e, puis 18e, 19e et 20e siècle, de graines à semences, la sélection s’est professionnalisée. Les variétés ont été standardisées, et la diversité et le terroir abandonnés pour des questions évidentes de profits. Le profit, profiter, exploiter son prochain, l’argent reste toujours le nerf de la guerre.

Bref. Ceux qui font encore leurs semences connaissent leur vivacité incroyable. Plus vivaces, vivantes, parce qu’elles sont adaptées au terrain. D’ailleurs, on sait aujourd’hui que les plantes mémorisent certaines données du terroir qu’elles transmettent ensuite à leur descendance via leurs graines.

Trouver le meilleur couplage

— « Le travail de l’agriculteur (ou du jardinier) sélectionneur est, sans cesse, de trouver le meilleur couplage entre le terroir et le potentiel génétique de ses plantes, en réduisant l’écart entre les conditions imposées par le milieu et leurs exigences génétiques : « Plus les conditions de culture ressemblent au milieu naturel de prédilection de la plante en question, meilleur est le rapport kilojoules dépensés kilojoules récoltés. » Masanobu Fukuoka (1913-2008)🪱 Et une plante pousse d’autant plus spontanément dans un champ qu’elle y est adaptée. À l’inverse, plus elle y est étrangère, plus il faudra dépenser de temps, d’argent et d’énergie pour la faire pousser. » Extrait Des buttes de culture sont-elles une alternative à la crise agricole ? Un petit livre numérique téléchargé plus de 50 000 fois lors de sa sortie, aujourd’hui en attente d’un éditeur.

La tomate est une plante gélive

Lire en complément l’article publié il y a 2 ans : Un autre regard sur la taille des tomates.

Outre ma formation initiale en protection des cultures, j’observe assidument les plantes depuis plus de 40 ans. Leur santé et comportement m’ont toujours fasciné, car j’ai le sentiment, qu’au bout du compte, c’est elles qui mènent le monde 😉

Bref. Le climat d’une serre étant propice à la levée spontanée de la tomate, suite à une belle gelée de -6°C (à la même époque l’année dernière), tous les jeunes pieds sortis ont été logiquement “brulées”. Sauf quelques-uns !!! Et de gelée en gelée, 2 ont continué à résister. 2 pieds de Merveille du jardinier, de la grosse cerise, l’une de mes variétés préférées. Assez logique que ce comportement se soit révélés avec cette variété, car plus on s’éloigne génétiquement de la plante mère, plus les plantes sont fragiles et ont des difficultés à “innover” (s’adapter à l’environnement). Comme pour les animaux, plus une race est pure, plus elle est fragile et fragilisée. Cette année, j’ai donc ressemé les graines. Le résultat dans la vidéo ci-dessous.

Attention à ne pas tirer de conclusions trop hâtives

Il faudra 10 à 15 ans avant de considérer ce comportement comme acquis. Et encore, il peut ne jamais se stabiliser. Toutefois, il mérite de s’y attentionner, à une heure où la radicalisation du climat va nous obliger à revoir entièrement notre manière de cultiver, si on ne veut pas finir par crever de faim. Et malheureusement, les nouvelles du front ne sont pas bonnes. Cf. l’article publié hier : Entre nourrir les moteurs et les Hommes, l’Europe a choisi les moteurs…

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