L’industrialisation silencieuse de l’agriculture, un autre Printemps silencieux !

Finistère. 1970 : 31 000 fermes laitières en activité ;
2021 : moins de 1900 ; 2030 : probablement moins de 500 !

Et le volume de lait produit ne baisse pas pour autant,
il augmente.
.. Et il n’augmente pas par l’opération du Saint-Esprit 😅

L’industrialisation silencieuse de l’agriculture, voilà un thème de campagne passé sous silence par l’ensemble des prétendants au trône. 2 millions de fermes en moins en 60 ans, une sur cinq supprimée entre 2010 et 2020, un agri-agrocide sous nos yeux, et nous regardons ailleurs…

L’humain est incapable de changer.

Nos élites nous le répètent sans cesse : tout changement génèrerait tant de changements, qu’il vaut mieux ne rien changer… Et apprendre à faire avec ❗ La peur d’avoir peur de manquer crée un climat d’insécurité propice au contrôle des populations. Alors, autant mettre sur le dos des pauvres la responsabilité de leur pauvreté, la responsabilité des crises financières sur le dos du peuple, ces fainéants😪 On pourrait égrainer longtemps leurs mensonges. Bref, en 1962 était publié : Printemps silencieux, un livre argumenté sur les conséquences dramatiques des pesticides. Et 60 ans après, en dépit des nombreuses alertes et des milliers de publications scientifiques pour alerter, nous arrosons comme jamais la planète de pesticides !!!

Et la récente réautorisation des néonicotinoïdes en France, pour sauver l’industrie des biocarburants, démontre que le changement, c’est pas pour demain. Aujourd’hui, un article de Pierrick Berthou, agriculteur breton, qui avait déjà publié dans le Jardin : L214 se trompe d’ennemi. Je lui laisse la parole.

L’industrialisation sournoise et silencieuse
de l’agriculture est-elle inévitable?

Finistère. 1970 : 31 000 fermes laitières en activité ;
2021 : moins de 1900 ; 2030 : probablement moins de 500 !

Voilà un plan plan social qui ne porte pas son nom.

La chute est régulière. Pour autant, le volume de lait produit ne baisse pas, voire augmente. L’éditorial du Ouest-France, du 2 décembre 2021, titrait : L’agriculture manque de jeunes ! À part faire pleurer dans les chaumières, aucun intérêt. Les jeunes ne souhaitent plus beaucoup s’installer en agriculture : peut-on les blâmer ?

Les agriculteurs… vous savez ces gens tellement courageux, tellement sympas, tellement travailleurs, ces gens qui organisent et entretiennent nos paysages si beaux et si divers à la fois. Ces gens qui remplissent vos assiettes et qui font que nous ne craignons plus d’entendre notre estomac crier famine ! Derrière ces belles images se cache une tout autre réalité : l’industrialisation sournoise et silencieuse de l’agriculture.

Oui, je l’affirme, nos dirigeants politiques, syndicaux, industriels et nos économistes, ces maudits économistes, TOUS, depuis 50 ans ont décidé d’industrialiser l’agriculture. Cette industrialisation se fait sur une logique comptable implacable, instrumentalisée par la contractualisation (L.M.A. 2010, loi de modernisation agricole de 2010) qui donne un pouvoir unilatéral et quasi tyrannique aux industriels. C’est cette même logique comptable qui déstructure notre quotidien et notre société au nom du profit rapide et sans scrupule !

EXISTE-T-IL DES SOLUTIONS ?

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est par les prix faibles que se fait l’agrandissement des fermes !

Donc, ce n’est pas en ouvrant des lignes d’écoutes par la M.S.A (mutualité sociale agricole), grande hypocrisie là encore, que l’on va sauver les paysans ! En fait, il suffirait d’améliorer le revenu des paysans et de cesser de les anéantir tout simplement. Mais le veut-on ? Non, je ne le crois pas !

Ce qui se met en place, depuis les années 60-70, lentement au début, rapidement aujourd’hui, et brutalement depuis 10 ans, c’est d’utiliser l’intégration, pour ne pas dire l’absorption de l’agriculture par des fonds d’investissement à la faveur d’une fiscalité OUTRAGEUSEMENT favorable. Ce n’est pas seulement l’industrialisation, c’est avant tout la financiarisation de l’agriculture.

Masanobu Fukuoka disait : « Un jour, l’agriculture commerciale fera faillite. » Un jour, nous nous souviendrons qu’auparavant il y avait des paysans… Et nous les avons laissés disparaître sans rien dire, sans rien faire, pour notre plus grand dam…

Berthou Pierrick. La ferme de Poulfang. 29 300 Quimperlé.


Pierrick est l’un des acteurs du projet : AUX SOLS CITOYENS, avec Marc Giraud, Sylvie Corré, Patrick Lavelle, Laurent Gatineau, Joseph Pousset, Sylviane Reyre, Dom Margerie, Christophe Haget, Daniel Chateigner…

2 thoughts on “L’industrialisation silencieuse de l’agriculture, un autre Printemps silencieux !

  1. Le constat que fait Pierrick est hélas bien réel, depuis 1960 nos campagnes sont saignées. Je suis paysan né en 1956 dans une ferme de 17 ha en centre Bretagne au coeur d’un petit village (hameau) où il y avait 6 fermes à l’époque pour une surface totale de 85 ha environ. Dans ce même village aujourd’hui une seule ferme qui c’est agrandi, (250ha en agrobio), dans les villages alentours . Ceci sur une commune qui comptait plus de 4000 habitants après guerre et moins de 1800, habitants âgés, aujourd’hui.
    Il est urgent d’appliquer une politique volontariste pour installer des jeunes dans toutes les productions, et sur tous les territoires. D’abord en leur un donnant un réel accès à la terre, c’est a dire en interdisant que les terres libérées aillent à l’agrandissement d’autres exploitations. Bien sur une juste rémunération des produits agricoles. Il faut soutenir l’installation des NIMA (non issu du milieu agricole) par la formation, la recherche d’exploitation à reprendre, l’accès aux financements…. Il faut aussi du soutien pendant plusieurs années après l’installation.
    Chacun de nous est responsable de l’avenir de l’agriculture Bretonne, Française, Européenne, Mondiale, comme de l’avenir de la planète.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial