Il chante les louanges du VER DE TERRE dans les villages colombiens. Rencontre avec Patrick Lavelle.

Les rencontres les plus belles sont les plus improbables. Et elles sont rares dans une vie, raison pour laquelle elles sont précieuses. Ce Patrick Lavelle m’a tant appris sur les vers de terre, et il m’apprend toujours.

Je n’irai pas jusqu’à dire que l’infatigable pédagogue, qui parcourt toujours les chemins colombiens, guitare à la main, pour sensibiliser les villageois et les enfants à l’agroécologie, les sols, les🪱🪱🪱🪱, m’a tout appris. Non, j’ai ma dignité 😂 Il m’a (par exemple) appris à voir que derrière les stars du sol, il y avait ces besogneux, ceux qui avancent la gueule ouverte pour avaler la terre sans réfléchir. Bref, les gros fabricants de fertilité.

Qui est Patrick Lavelle ?

D’abord un humaniste et un pédagogue exceptionnel, ensuite l’un des meilleurs spécialistes des vers de terre sur la scène mondiale. Pour moi, il y avait Darwin, il y a Lavelle. Et je suis au premier degré. Accessoirement 😅, membre correspondant de l’Académie des sciences, professeur émérite de la Sorbonne et ancien directeur du laboratoire d’Écologie des sols tropicaux de l’IRD.

Aux sols, citoyens !

Nous avons commencé à travailler ensemble sur Sauver le ver de terre. Puis, nous avons écrit plusieurs articles sur la sexualité des vers de terre, et entretemps, il est devenu mon conseiller permanent ❗C’est ça la classe… Alors, il ne pouvait qu’être à nos côtés pour « Les sols vivants, ces sols qui nous nourrissent, cette ressource vitale pour l’humanité et rare sur la planète. »

Quand j’ai reçu son texte, je lui ai dit : Eh, professeur, on cherche la mauvaise note 😉 Il n’était pas hors sujet, bien au contraire, mais je voulais qu’il s’enflamme sur les vers de terre et les sols, car l’urgence le réclame. Alors, celui que je publie aujourd’hui ne sera pas dans le manifeste, il nous en mijote un autre. Et pour ceux qui auraient zappé celui de mon frérot, il est .


Petits bonheurs…

Chers amis, il est trop tard pour être pessimistes. Bien trop tard.

Nous sommes maintenant tous conscients du problème environnemental global, tous les scénarios sont sur la table et nous sommes mobilisés, ou pas, chacun a sa façon. Avec nos gouttes d’eau, nos grains de sable, nos sacs de compost, nos notes de musique, nos associations, nos constructions et nos mots, nous avons entamé le gigantesque mouvement ascendant (bottom up), la réaction qui annulera et emportera l’aussi gigantesque “top down” mouvement descendant , souvent même con descendant, qui nous entraîne vers les pires scénarios. Ou pas.

Nous ne verrons pas la fin de l’histoire, ni même probablement l’avènement du tant désiré point d’inflexion dans la croissance de la destruction. C´est pour plus tard, pour des générations qui n’ont même pas encore commencé à exister.

Alors, réjouissons-nous d’être au début de la plus grande aventure de l’humanité depuis des siècles : récupérer la part intellectuelle et spirituelle de nous-mêmes que la modernité, inventée il y a 3 siècles, nous a peu à peu retirée pour le meilleur et pour le pire, le pire ayant fini par l’emporter. Et réparer les dégâts.  Apprécions chaque petite avancée, chaque petit bonheur d’une nouvelle nature. Celui de ne plus voir la poubelle remplie de pourriture tandis que les vers composteurs nous fabriquent un engrais de la meilleure qualité avec ce qu’étaient nos déchets puants. De lire les bouquins de Gatineau, Descola et Latour, et nous moquer des grosses manipulations électoralistes de notre emmerdeur de président.

Je veux partager avec vous ce moment de grand bonheur, ce jour où les collégiens d´une commune rurale du Valle del Cau ca, en Colombie, ont reçu Los Hijos de Gaia et leur scientifique exotique français comme s’ils étaient les Stones en personne et chanté avec enthousiasme la beauté de la pluie amazonienne.

Et les petites étoiles allumées dans les yeux de notre public, quand nous chantons avec eux les vers de terre et les arbres, leurs rires et leur compassion pour la planète Terre qui va mieux après que le Docteur de l´Univers lui ait prescrit un nouveau médoc couronné de jolis tentacules, mais qui s´attriste de ses effets sur les pauvres humains, ados insupportables, destructeurs et bornés, qu´elle aime quand même.

Et mille autres choses qui sont toujours-là, les couchers de soleil, la neige, la multitude et la beauté des formes de vie, les montagnes et la mer… Profitons de ces moments, luttons de toutes nos forces et soyons heureux.

De toute façon, le monde n’en ira pas plus mal pour autant. 


Sorti le 20 novembre, en librairie ou dans la boutique du Jardin.
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2 thoughts on “Il chante les louanges du VER DE TERRE dans les villages colombiens. Rencontre avec Patrick Lavelle.

  1. Quand c’est beau, c’est beau, y’a pas d’autres mots. Entre ça et l’ Académie, aucun doute. Quand même, t’aurais pu amener ton bicorne …

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