« Il manque déjà tant de sol à mes sols ! » Laurent Gatineau. Aux sols, citoyens

Mon premier invité, dans le cadre de l’opération : AUX SOLS, CITOYENS ; sauvons les sols vivants, ces sols qui nous nourrissent, cette ressource vitale pour l’humanité et rare sur la planète, est mon frérot !

Et je l’ai choisi pour inaugurer ce cycle, car il a eu l’honnêteté de relater le chemin qu’il l’a conduit à poser le regard qu’il a aujourd’hui sur ses sols. Une position pas facile et à l’inverse de ceux qui voudraient nous donner le sentiment d’être nés avec une conscience aiguisée. En théorie, oui, mais tout le monde n’a pas les moyens d’aller y vivre, en “Théorie”. Surtout qu’en agriculture, les grandes théories se terminent le plus souvent en grande famine 😅Bref.

Les prochains invités

Régulièrement, je publierai les textes de ceux qui participent à ce manifeste. Des gens qui ont les pieds sur le sol… J’ai déjà reçu celui de l’écrivain naturaliste Marc GIRAUD, l’ancien chroniqueur de Stéphane Bern, et de Joseph POUSSET, le célèbre agronome écrivain et ancien céréalier normand.


« Il manque déjà tant de sol à mes sols ! »

Analyser,

comprendre,

digérer,

accepter.

J’ai fait tant d’erreurs dans mon métier de paysan éleveur. Et non des moindres. Une rencontre et l’âge passant pour ouvrir les yeux, et voir la pauvreté de mes sols. Tant d’années perdues à croire qu’NPK suffirait, que j’ai percuté le sol comme on percute un mur. Pleine bille.

J’étais devenu un petit chimiste comme les autres. J’assaisonnais mes sols comme d’autres leur soupe. J’avais oublié la base, l’essentiel, la terre. J’avais oublié ce qui fonde la bonne santé d’une culture. J’avais oublié de prendre en compte les besoins vitaux de mes sols et l’impact évident de leur vitalité sur les rendements de mes cultures : sur la qualité et la santé des plantes que j’élevais.

J’avais du fumier en grande quantité que je donnais à des champignonnières. Par facilité, je m’en débarrassais, ouste du balai, alors que mes sols avaient faim. Une famine sombre et silencieuse qui, petit à petit, et si on n’y prend pas garde, aurait abouti à leur mort. À des sols inertes. Le reste suit, la suite n’est pas réjouissante !

Soyons à l’écoute de nos sols,
et nourrissons-les pour qu’ils nourrissent
longtemps les enfants de la Terre.

Laurent GATINEAU.
Paysan & éleveur de chevaux de sport à Échillais (17).


N.B. Mon frère fait partie de ces rares éleveurs professionnels à ne jamais envoyer ses chevaux à l’abattoir. Certes, ce n’est pas très rentable sur le plan économique, mais, pour la santé mentale de son élevage, les gains sont considérables. Prochainement, je l’enregistrerai afin qu’il vous parle de sa démarche. Et pour les mordus de chevaux, sont sortis de chez lui : Matyss de l’Aubrée, Furiazzo de l’Aubrée, Thao de l’Aubrée, Gatine de l’Aubrée


Sorti le 20 novembre, en librairie ou dans la boutique du Jardin.
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One thought on “« Il manque déjà tant de sol à mes sols ! » Laurent Gatineau. Aux sols, citoyens

  1. Merci Laurent pour ce témoignage et ce constat en vérité, car ce n’est pas facile de parler de ses erreurs; et merci à toi Christophe pour ce partage.

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