MÉTHANISATION. Ce que l’on sait de l’étude “bidonnée” de l’INRAE publiée cette semaine

Une étude “bidonnée” pour faire passer mon livre pour du bidon ! Et les auteurs se sont donnés les moyens, puisqu’ils ont dressé le bilan environnemental de la méthanisation sans prendre en compte l’environnement !!!

Je ne comprends pas cet acharnement, à un moment de notre histoire où nous devrions faire rentrer (coûte que coûte) la nature et la biodiversité dans le logiciel économique. Qui sommes-nous sans la nature ?

L’INRAE s’inviterait-elle dans le débat politique ?

Je m’explique. Les auteurs ont zappé la biodiversité comme si ses avantages économiques n’intéressaient que le tourisme vert ! Comme si l’agriculture pouvait continuer à faire sans, quand ses sols hébergent 75 % de la biodiversité terrestre. Or, tous les agronomes de la planète savent que la durabilité de l’agriculture repose UNIQUEMENT sur sa coopération avec la nature et ses services écosystémiques gratuits.

Mais voilà, c’est tellement gros d’avoir exclu l’environnement (ce qui nous environne), qu’on peut se demander si cette étude n’a pas été bidonnée pour influencer les décisions politiques à l’approche des élections présidentielles, car les 297 pages laissent justement supposer que le cycle de vie du biométhane d’origine agricole a été analysé dans sa globalité. Mais non. Et c’est trompeur pour les décideurs, mais suffisant pour clore tous les débats.

Une étude publiée 4 jours après
la sortie de mon livre !

Bilan environnemental de la méthanisation agricole : une étude ACV inédite, tel est l’intitulé du communiqué de presse publiée le 24 novembre, soit 4 jours après la publication de mon livre.

Une date de publication qui ne relève pas du hasard, puisque l’étude tend à démontrer que le contenu scientifique de mon livre est bidonné. Que je me suis trompé ! Que le physicien Daniel Chataigner s’est trompé ! Que tous les scientifiques qui s’y expriment se sont trompés ! Que les 50 scientifiques du CSNM et du GREFFE se trompent royalement. Bref, selon GRDF et l’INRAE, j’aurais écrit une belle merde.

Il faut attendre la page 122 pour lire que les auteurs n’ont pas pris en compte l’environnement : « Les bénéfices obtenus par l’introduction de CIVE sur le reste du cycle de culture, comme par exemple la potentielle réduction de l’usage d’herbicides, l’amélioration de la structure du sol et de la vie microbienne, de la faune et de la flore du sol, et de la biodiversité aérienne ne sont pas intégrés à l’analyse. » INCROYABLE, l’impact sur les sols n’a pas été intégré à l’étude. Incroyable, mais logique. Cf. conclusion article. Puis, page 132 : « L’impact sur la biodiversité locale n’est pas considéré dans cette étude ACV. »

De nombreuses hypothèses ! !!

En revanche, l’esprit scientifique sera surpris de lire à la page 122 : « La réalisation d’une ACV repose sur de nombreuses hypothèses qui affectent la représentativité des résultats. » Le citoyen ordinaire, que je suis, s’étonne qu’on puisse développer à vitesse grand V des centrales à méthane à partir d’hypothèses.

Et d’étonnement en étonnement, toujours à la page 122 : « L’enfouissement direct des digestats qui limite la volatilisation d’ammoniac, mais place ces matières organiques dans un milieu anaérobie. Ce milieu peut être à l’origine d’émissions de méthane qui n’ont pas été pris en compte. Aucune source de données fiable présentant des données quantifiées sur ce point n’a cependant été identifiée. » Pour une étude scientifique du cycle de vie du biométhane, ça fait beaucoup d’inconnus et d’oublis.

Daniel Chateigner, physicien et enseignant-chercheur à l’Université de Caen Normandie, membre du Collectif Scientifique National pour une Méthanisation raisonnable : 

Les aspects principaux ne sont pas pris en compte : les fuites de méthane sur les épurateurs et à tous les niveaux, jusqu’à 20%, scientifiquement démontrées ; leurs conséquences sur les radiations solaires et l’ozone troposphérique, rien ; les trajets démentiels d’approvisionnement et les émissions correspondantes, oubliés ; les PRG effectifs, pas utilisés ; la faim en carbone des sols par non retour de biomasse, et son corollaire, plus de CO2 émis, évaporé ; la combustion du méthane, absente ; et toujours aucun calcul, lassant

CONCLUSION

On y lit aussi de belles âneries, comme cette phrase, apparemment importante, puisqu’elle est répétée à la page 2 et 123 : « Pour le scénario « culture », la production d’une énergie locale, l’optimisation du cycle du carbone biogénique et la valorisation des digestats sur le territoire sont les principales externalités positives. » Optimiser veut dire améliorer le cycle naturel du carbone en l’accélérant. Rien que ça, on maximise le fonctionnement de la nature et de ses écosystèmes !!! Les bras m’en sont tombés, j’en suis tombé sur le cul 🙂 Et pour l’améliorer, sans passer par les sols, le CO2 repart directement dans l’atmosphère augmenter notre empreinte carbone…

À la décharge de ses auteurs, on considère à l’INRAE, qu’il n’y a pas un cycle du carbone, mais 2 : le court et le long. Le court, appelé par ses inventeurs, cycle du carbone biogénique, est une belle imposture scientifique. Quant au long, le normal, le naturel, il passe par les sols pour nourrir ses habitants. Bref, lire le livre ou cet article en attendant : Nous devons revoir notre manière de la penser.

Toujours dans la conclusion : « Les résultats de l’ACV montrent notamment une réduction d’impact sur le changement climatique de 73% due à la méthanisation, par rapport aux scénarios de référence sans méthanisation. » J’ai cherché les calculs qui ont conduit à cette réduction d’impact, des calculs logiquement élaborés à partir d’hypothèses et d’inconnus, des calculs qui, j’espère, ont pris en compte que le cycle complet du biométhane se terminait en CO2 dans l’atmosphère, mais je ne les ai pas trouvés. Un bénéfice de 73 % à prendre donc pour argent comptant.

Quant à la biodiversité

Elle fonde bien plus que nos sols nourriciers, elle fonde également notre identité, notre patrimoine, notre environnement, notre quotidien. Sur les 30 000 mots de l’étude, pas un seul pour les vers de terre, pourtant la première masse animal des sols, pas un seul mot pour les insectes, les champignons ou les bactéries.

Logique que les auteurs les aient zappés, puisque l’écosystème d’un méthaniseur consomme la même nourriture que celui d’un sol. Et ce qu’il consomme ne peut plus être consommé par les habitants du sol. Du coup, la méthanisation concurrence directement les sols vivants, les sols de l’agriculture durable, les seuls capables de s’adapter au réchauffement climatique. Bref.

Pour acheter mon livre, promis,
c’est pas du bidon 🙂

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3 thoughts on “MÉTHANISATION. Ce que l’on sait de l’étude “bidonnée” de l’INRAE publiée cette semaine

  1. Merci pour le temps et l’énergie que vous déployez pour protéger notre environnement.
    Merci à Daniel CHATEIGNER.
    Merci à tous ceux qui luttent inlassablement pour cette protection.
    Je suis particulièrement découragée par nos politiques et je ne vois pas comment la situation peut évoluer alors que de nombreux élus n’ont pas les compétences ou ne veulent pas rentrer dans les dossiers, à commencer par les Maires …
    Dans ma commune, le simple fait de planter et de protéger les arbres et les haies est considéré comme un acte d’hystérique emmerdeuse!
    A chaque fois qu’un agriculteur détruit mes plantations (y compris sur mes parcelles privées), la rage qui m’anime est considérée comme un manque d’ouverture au dialogue…
    Cela fait 50 ans que je vois mon coin de paradis détruit par une agriculture intensive motivée uniquement par la cupidité et on me demande d’être patiente, de laisser le temps aux mentalités pour qu’elles évoluent… Combien de temps ? Avons-nous le temps? Devons-nous laisser encore les ignares ou les cupides seuls décisionnaires d’un environnement qui ne leur appartient pas?
    Chez nous quand un agriculteur détruit de la végétation spontanée ou plantée sur les accotements communaux, aucune sanction n’est prise..
    Dans le meilleur des cas, il reçoit une petite lettre de rappel à la réglementation…
    Rien n’avancera tant que nous n’aurons pas des élus courageux et responsables.
    Rien ne changera tant que nos élus le seront pour flatter leur égo et limiter leurs actions aux dépôts de gerbes, aux pots de l’amitié et aux discours insipides!
    Je précise qu’ 60 ans je viens d’obtenir mon BPREA dans le seul but de récupérer des prés pour mes alpagas et protéger le lit majeur de l’Auron car cette zone, bien que classée N, ne bénéficie d’aucune protection du maire concerné, il s’en fout complètement, bien trop préoccupé qu’il est par sa carrière politique.
    Elle est de plus en plus dégradée avec des conséquences qui seront bientôt dramatiques pour notre environnement et la santé de la population, en particulier la pollution de l’eau et la violence des crues futures.
    Le pire, souvent il n’y a même pas besoin d’être chercheur pour comprendre, il suffit d’un peu de bon sens…
    Cordialement. Marie

    1. Merci Marie pour votre témoignage poignant. Et bon courage.

  2. Salut Christophe.
    Ne dit-on pas que l’on juge un homme à ses ennemis ?
    Eh bien, l’I. N. R. A. E.et G. R. D. F. excusez du peu !
    Mais bon sang c’est la consécration ! C’est une reconnaissance ! Ils n’osent pas le dire, mais ton livre n’est pas une MERDE ! Bien au contraire ! Et ils le savent…..
    Bravo !!!!

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