Le plus gros méthaniseur à ciel ouvert se trouve en Russie

Le réchauffement climatique, la bonne blague ! Et nous, êtres humains, avec cette capacité extra-ordinaire, voire para-normale : même le nez dans notre merde, nous continuons d’y sentir la rose. Déjà, sommes-nous le nez dedans, sommes-nous au pied du mur ou déjà la tête dedans ?

Cette semaine, il a fait aussi chaud à Lytton dans l’ouest du Canada qu’à Dubaï : 49°C.

Au même moment, en France, un célèbre présentateur d’une chaîne d’info voyait, dans le dégel des terres sibériennes, l’opportunité de nouveaux sols agricoles… Bienvenus dans le monde des nouveaux voyants 🙂 Au même moment, les habitants du sud de Madagascar étaient les premiers à “expérimenter” ce dégel : 3 ans sans eau, des sols brûlés, et des gens qui meurent de faim quand d’autres tentent de survivre en mangeant les derniers insectes ou le cuir des chaussures.

Le 23 juin 2021, un pré-rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) « fuitait » dans la presse. Et on y lit que : «le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre () La vie sur Terre pourra se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le pourra pas. »

En réaction, un agriculteur tweete sur les réseaux sociaux : « L’augmentation du CO2 a pour avantage de verdir la planète et booster le rendement des productions, ce qui est bénéfique pour lutter contre la faim et pour la biodiversité. Il faudrait arrêter de retenir uniquement le négatif ! »

La pensée positive n’a que faire du monde réel,
ne cultivant que le bien-être de l’âme et le bas de laine.

Le GIEC note aussi une baisse mondiale des rendements agricoles de 4 à 10 % ces dix dernières années, et prévoit une baisse de 20 à 30 % d’ici 2050 pour des cultures comme le maïs qui ont besoin de beaucoup d’eau. Quid de la première céréale cultivée au monde, le riz qui vit les pieds dans l’eau, quid de pays comme la France qui ont décidé de faire pisser de leurs sols de la nourriture et du gaz !

Bref, soyons positifs, cette pandémie montre que le monde d’après n’est pas pour demain, tant nous sommes attachés à cette vie d’avant basée sur la consommation des ressources terrestres. Une vie d’opulence, puisqu’avoir en permanence de l’eau chaude à son robinet, ou 19°C dans son logement hiver comme été, est un comportement opulent et récent qui se paye directement sur le dos de la planète. Combien de temps pourra-t-elle l’encaisser ? Mystère et boule de gomme, n’étant ni devin, ni scientifique, seulement un cul-terreux vu de Paris.

Mon vieux père de 87 ans me disait qu’enfant, il glissait l’hiver sur le ruisseau gelé en contrebas de la ferme. Son père me disait qu’enfant, une gelée était toujours à craindre jusqu’au 25 mai. En 60 ans de vie, je n’ai vu ni le ruisseau gelé ni le sol blanc. Une fois, j’ai aperçu quelques flocons voler, mais c’est tout. Mon père a pris la voiture, et nous avons roulé une dizaine de km à l’intérieur des terres, afin que j’en vois pour la première fois sur le sol. C’était après Pont-l’abbé, sur la route en direction de Saintes, Saint Savinien.

D’accord, toutes ces observations n’ont rien de scientifique.

D’ailleurs, l’idée d’un dérèglement climatique n’aurait jamais dû nous faire oublier que le climat n’a jamais été réglé avec des saisons bien définies et qui se répètent inlassablement à l’identique depuis la nuit des temps. Un moine du 15e siècle avait même écrit dans son registre que les pruniers avaient fleuri en plein mois de novembre dans le nord du Limousin !

D’autre part, lors de la première grande canicule du 21siècle, l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie rappelait le 14 août 2003 dans le quotidien Libération, que les coups de chaleur font partie de notre histoire. Et parfois avec des conséquences dramatiques comme les 700 000 morts des canicules de 1718-1719, où le seul été de 1719 a tué, non pas 15 000 personnes comme en 2003, mais 450 000 en plus de la mortalité normale précise-t-il dans un autre article.

J’ajoute que les sécheresses extrêmes ont toujours existé, comme celle de 1784 en Limousin : 9 mois consécutifs sans une goutte d’eau, ou celle de l’année suivante sur toute la France. Imaginons l’état de nos centrales nucléaires avec de tels manques d’eau. Bref, nul besoin de nous angoisser, les dés ont été lancés au 19e siècle, et relancés en 1947.

Alors, quel avenir pour l’alimentation de demain, sachant que nous ne prenons pas soin de nos sols nourriciers et que le problème n’est pas agricole mais politique ?

Nul besoin d’être devin ou scientifique pour connaître la suite du programme, d’autant que couplé au manque d’eau et au réchauffement climatique, nous allons même faire du gaz de nos sols au nom de l’écologie. Appelons-le le projet Titanic, pas pour son côté titanesque, mais grotesque pour l’avenir des générations futures.

47°C en Sibérie !

49°C dans l’ouest du Canada comme à Dubaï, 47°C mesurés au sol le 20 juin 2021 au-delà du cercle polaire, en Yakoutie exactement dans le nord-ouest de la Sibérie. Certes, la température au sol est toujours plus élevée qu’en l’air, puisqu’il ne faisait que 31°C contre 38°C le 20 juin 2020 à Verkhoïansk ! Mais plus que les records, ce sont les durées des vagues de chaleur qui augmentent depuis une décennie, dégelant des sols gelés depuis 400 000 ans. Des sols 2 fois plus carbonés que notre atmosphère actuelle, et qui recèlent environ 1 500 gigatonnes de carbone organique.

Et comme ils dégèlent, le monde des microbes reprend du service, libérant CO2 et méthane à gogo. Une usine à gaz qui fait de la Russie, à son insu, le pays avec le plus gros méthaniseur à ciel ouvert de la planète.

En réaction, et pour devancer les problèmes, nous investissons dans la recherche pour aller coloniser d’autres planètes comme Mars, nous investissons dans la production de viande et de céréales de synthèse (la nouvelle lubie), nous investissons dans le mirage d’une vie hors-sol, hors-terre, hors planète, hors réalité. Nous fuyons, sauve qui peut, après nous le déluge.


Mon prochain livre sortira au mois d’octobre : La méthanisation agricole, une énergie qui sent le gaz ! De l’agriculture à l’énergiculture. Un nouveau blog va voir le jour : Après la pluie, le beau temps (titre provisoire). En attendant, pour soutenir notre travail, soutenez l’association qui nous soutient en achetant nos livres ou par un don. Et découvrez le pack Ver de terre !

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5 thoughts on “Le plus gros méthaniseur à ciel ouvert se trouve en Russie

  1. Toutes les civilisations qui nous ont précédé et qui ont disparu, pour des raisons économiques, ou belliqueuses, ou religieuses ou autres… toutes ont un point commun. Toutes, absolument toutes, ont adoptées un régime alimentaire à base de cultures annuelles (céréales principalement). Et nous que faisons-nous ? Eh bien nous misons tout sur le maïs, le soja, le blé et le riz….

    1. Salut Pierrick,

      D’accord, alors il faudrait miser sur quoi ? Merci

    2. Salut Christophe, salut à Tous.

      Tout d’abord il faut bien comprendre que lorsque l’on a misé sur les cultures annuelles(céréales, maÏs soja et autres) on a déforesté donc on a détruit tout ce que les arbres et forêts apportaient, enrichissement du sol en M.O. et cycle de l’eau donc la pluie entre autre.

      Ensuite, le fait de labourer nos terres systématiquement chaque année détruit la M.O. et favorise les émissions de C.O.2 et de méthane(puissant gaz à effet de serre). Cela c’est pour expliquer rapidement les conséquences. Ce qu’il conviendrait de faire, et là il va y avoir des grincements de dents, c’est de VEGETALISER notre environnement. Il faut savoir que lorsque l’on fait brouter, ou faucher, une herbe, celle-ci se déleste d’une partie de ses racines ou carbone liquide, c’est ce qui permet d'”injecter” du carbone dans le sol. Ce qui veut très clairement dire que l’on doit nourrir nos animaux avec de l’herbe et non pas avec du maïs et du soja et des céréales.

      Lorsque L214 fait la guerre à l’élevage dans sa façon la plus réductrice, ils se trompent lourdement!

      Certes nourrir nos animaux avec du maïs et du soja est une aberration, mais pour autant il ne faut pas supprimer l’élevage pour favoriser la viande artificielle, ce qui serai encore plus aberrant. Nous devons végétaliser massivement la planète et seuls les animaux sont capables de valoriser les végétaux. Il faut développer une agriculture qui nourrit ses animaux à base de pâturage. Il faut aussi apprendre à nous nourrir différemment. L’agroforesterie est une piste intéressante, il nous faut remonter des haies d’arbres, à vocation bocagère et FRUITIERES, au lieu de consommer des oranges , des bananes etc nous devrions consommer des noisettes, des pommes, des cerises, des poires etc. Cela aurait l’avantage de couper l’herbe sous les pieds des traités de libre échange.

      Il ne s’agit pas de bannir les céréales ou autres cultures annuelles mais de revoir notre façon de produire nos aliments cela induit qu’il nous faut mettre en place une autre forme d’agriculture plus résiliente et réparatrice…. Il s’agit de(re) mettre en place une agriculture ou une agricultûre. Car comme me disait il y a peu un copain le 1er art est l’agriculture les autres( musique, peinture, littérature etc) ne peuvent pas exister sans l’agricultûre!!! En fait nous n’aurons pas d’autres options que de végétaliser notre environnement ainsi nous baisserons drastiquement les gaz à effet de serre tout en remettant en route le cycle de la pluie ou alors nous allons connaître un enfer.

      Les solutions existent mais elles ne sont pas forcément compatibles avec la finance. Des choix vont devoir être fait!

    3. Pierrick,

      Comment ne pas être d’accord avec toi, tout au moins sur le fond.

      Je reprendrai seulement ta dernière phrase : “ Les solutions existent mais elles ne sont pas forcément compatibles avec la finance. Des choix vont devoir être fait !” Les choix sont faits depuis 1947.

      D’ailleurs la politique de développement agricole se développe indépendamment des gouvernements de gauche comme de droite. La route est déjà tracée. Quant à l’argent roi, dieu de la finance, il règne en maître depuis très longtemps dans les cerveaux humains, puisqu’il injecte de pouvoir celui qui le possède.

      Belle journée.

  2. 16degrés et 10mm d’eau dans la nuit… pays chanceux que le notre….. peut être devrions nous nous préparer à accueillir les migrants?
    plutôt que nous acharner à détruire la fertilité de nos sols?
    quand tu vois que la principale préoccupation de nos dirigeants est de vacciner les enfants avec une technologie génétique nouvelle en phase d’essai pour augmenter la croissance économique…. mal barre les petits bonhommes que nous sommes….

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