Un sol nourricier ne se sodomise pas, il se nourrit

Un sol nourricier ne se sodomise pas… La force des mots sans le choc des photos 🙂

Nous savons depuis la nuit des temps qu’un sol se nourrit par le dessus, et non par le cul comme un poêle à bois ! Et pourtant, circulent sans cesse sur les réseaux sociaux des photos de tranchées creusées dans le sol et remplies de bûches de bois pour le recharger en carbone ! Mettre du bois sous les racines des plantes 🙂

Ne rigolez pas, encore la semaine dernière, j’ai vu un jeune agriculteur diplômé épandre sur son pré du fumier bien décomposé, avant de l’enfouir profondément avec sa charrue. Et il retournait une prairie naturelle, parce qu’il est aujourd’hui plus rentable de les retourner pour y cultiver du maïs à ensilage, pendant que les vaches, enfermées, pissent et chient du gaz bio ou de l’électricité. Il parait que c’est plus écologique 🙂

Ne rigolez pas,
la souffrance animale a de beaux jours devant elle

En effet, après avoir soutenu le retour des néonicotinoïdes, mercredi dernier, le gouvernement réaffirmait, par la voix de sa ministre de l’Écologie, son soutien à l’industrialisation de l’agriculture et à la souffrance animale au nom de l’urgence climatique et de la déforestation amazonienne.

C’était devant une commission du Sénat, et bien entendu, elle ne l’a pas dit avec ces mots, mais avec ses mots. OUI, le gouvernement croît en la méthanisation agricole et va amplifier son développement. Qu’importe que la toxicité des déchets de la méthanisation sur la biodiversité des sols ne soit connue qu’en 2025, projet Metha-BioSol, mais comme pour les pesticides, roule Simone, on s’en fout. Pour les pesticides, “ils” avaient décidé, pour les OGM, “ils” avaient décidé, pour le nucléaire, c’était décidé. Et “ils” ont décidé de produire de l’énergie plutôt que Nourrir.

Le président Bolsonaro a décidé d’exploiter la forêt amazonienne, le président Macron a décidé d’exploiter les sols nourriciers pour en faire du gaz, c’est la même intention qui les anime.

Et elle anime aujourd’hui TOUS les responsables politiques. Aucun n’a une politique durable, tous refusent de se positionner sur la méthanisation agricole, une manière de dire oui à la souffrance animale et non à une agriculture paysanne. Et ne me dites pas que je suis pessimiste, quand un marin commence à faire brûler la coque de son bateau pour réchauffer sa tambouille, on sait que le voyage ne va pas durer.


Extrait de La Butte de culture
est-elle une alternative à la crise agricole ?

En dehors de la domestication des plantes sauvages et de l’araire, la butte de culture reste la plus ancienne technique agricole, aussi géniale qu’astucieuse pour rendre cultivable un milieu inculte. Comme pour la culture en terrasses, c’est une réponse aux conditions environnementales.

Mais voilà, la butte est aujourd’hui victime de la pensée magique, celle qui considère qu’au-delà du monde ordinaire, il y a quelque chose de plus grand, de plus vaste, de plus élevé. Qu’au-delà de l’ordinaire règne l’extra-ordinaire. Chacun désignera cet extra en fonction de ce qu’il croit. Beaucoup croient en une puissance divine, d’autres au pouvoir du cosmos, d’autres pas. L’inconnu est au connu ce que nous ne connaîtrons jamais : l’inconnaissable, l’inaccessible, le mystère.

Cessons-nous d’exister avec la mort ?

Mystère, puisque personne n’est jamais revenu de la mort pour témoigner de son existence. En revanche, pour l’être spirituel, il est l’antre de tous les possibles, là où s’opère la magie. Le chapeau de l’article de Mélody Mourey, publié en 2018 dans la revue L’Éléphant, illustre à merveille notre rapport au mystère : « On raconte qu’un jour un visiteur de passage chez le physicien Niels Bohr aurait fait part à son hôte de son étonnement à la vue d’un fer à cheval cloué à la porte. Le pionnier de la mécanique quantique lui aurait alors répondu : Je n’y crois pas. Mais il paraît que le fer à cheval porte bonheur, que l’on y croie ou que l’on n’y croie pas ! Cette anecdote traduit parfaitement le rapport de chacun à la superstition et plus largement à ce qu’on appelle la pensée magique : on peut rationnellement ne pas y adhérer, mais, pour autant, notre fonctionnement mental semble conçu pour se rattacher instinctivement à ces croyances. »

Et effectivement, les croyances et les idées reçues sont d’excellents anxiolytiques naturels pour soigner notre peur de l’inconnaissable. Qui suis-je, d’où viens-je, ou vais-je ? Nous en sommes, mais qui sommes-nous, vous, moi, le chien, le ver de terre ou l’abeille, nous qui abritons des colonies très diversifiées de microbes qui nous étaient inconnues il y a encore peu. Des colonies qui font partie intégrante de notre être et qui participent à notre personnalité !

Pour le sol, même punition !

Nous le savons depuis peu, mais il fonctionne comme un écosystème intestinal inversé. Inversé, parce que les plantes plongent leurs tentacules (racines) dans cet intestin qui les relie toutes pour y aspirer leurs nutriments. Donc, avant de tourner la clé de contact de votre pelleteuse, vous devez savoir que chaque coup de pelle détruira probablement un système qui fonctionnait très bien jusque-là, mais qui avait faim…

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One thought on “Un sol nourricier ne se sodomise pas, il se nourrit

  1. Bonjour.
    Notre société est dirigée par des gens qui ont un ordinateur dans la tête, un bilan comptable à la place du coeur et des raclettes de croupier en guise de mains. Ils gèrent, ils nous gèrent, avec des entrées et des sorties. Cela fonctionne à peu près pour une banque, une entreprise etc. Par contre pour une ferme, un troupeau, une terre, là c’est une autre affaire ! La terre, les animaux et l’agriculture ( surtout paysanne) sont plus subtiles que la logique comptable…..malheureusement c’est cette logique comptable qui prévaut aujourd’hui. Tout cela au nom de la raison économique, l’efficacité, de la modernité etc. Et là, il va y avoir comme un hiatus, peut-être pas tout de suite mais il ne peut pas en être autrement. L’agriculture est faite de liens entre la terre, les animaux et LE PAYSAN. Tout cela doit fonctionner en harmonie, en synergie, les uns avec les autres, les uns pour les autres et non pas en concurrence, les uns sans les autres, les uns contre les autres…..
    Ah les cons !!!

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