Méthaniser des oranges pour faire de l’électricité, le génie humain n’a plus de limites

Après Orange mécanique, l’orange électrique : on fait bien du bio-gaz avec les déchets des abattoirs ! Rien n’arrête le génie humain, jusqu’au bout de la nuit connerie, quand un militant de la cause animale se fait cuire un steak végétal avec du gaz animal… Un jour, il faudra bien distinguer l’origine de l’électricité et du gaz pour satisfaire les hommes et les femmes végans ou végétariens.

En attendant, pour faire du gaz ou de l’électricité bio avec des oranges pressées, il faut d’abord une surproduction d’oranges cultivées avec beaucoup de pesticides, d’engrais chimiques et d’eau. Mais ce bio-gaz, soutenu par les Écologistes et les grandes ONG de protection de la Nature, possède au moins l’avantage de justifier la surproduction, voire de l’encourager !

Pourquoi ? Parce que la création de déchets devient source de profit. Moi, simple cul-terreux, style modèle de base sans options, je me disais comme tous les simplistes : plutôt que de surproduire, pourquoi ne pas diminuer la production, ce qui diminuerait d’autant la consommation de pesticides, d’engrais chimiques et d’eau. L’agriculteur y gagnerait en qualité de travail, et la production en qualité nutritive. Que des bénéfices pour la qualité de vie et la planète. D’accord, ça fait un peu le mec qui fait son Amish, décroissant et pour le retour de la bougie à tous les étages… 🙂

La part du beurre

— « Des oranges pour faire de l’électricité. Voici une idée qui ne manque pas de génie. À Séville, dans le sud de l’Espagne, les tonnes d’oranges destinées à finir à la poubelle sont réutilisées à des fins économiques et écologiques : produire de l’électricité » écrit Mégane Bouron dans Positivr, le magazine des solutions positives pour la planète. Une idée de génie pour qui ? Pour les vieilles oranges ou pour les jeunes de Wall Street… « Séville, capitale andalouse, offre une seconde vie aux vieilles oranges normalement destinées à être jetées. »

J’ai tout de suite écrit à Positivr pour leur dire que cette nouvelle vie offerte aux vieilles oranges n’était qu’un leurre pour faire du beurre, mais la part du beurre l’a emportée. Putain d’écologie positive, l’écologie qui punit la planète.

Il y a 10 ans, les Amis de la Terre
lançaient la première grande alerte

— « Maïs, méthanisation et électricité : l’Allemagne, l’exemple à ne pas suivre ! Saccage écologique, influence des lobbies agricoles, argent public gaspillé et faux avantages écologiques… » Les pouvoirs publics ont si bien écouté, qu’aujourd’hui, notre modèle, c’est la réussite allemande. En 2015, le correspondant de France Info à Berlin : « Biogaz : un modèle allemand qui bat de l’aile ; des terres de plus en plus chères ; pour de nombreux agriculteurs, c’est la désillusion… »

La presse dans sa diversité a déjà manifesté ses craintes quant à cette énergie, comme France Inter, France Info, Géo, Le Monde… sans oublier Contrepoints : La méthanisation, le vert polluant ; Bastamag : Produire de l’énergie plutôt que nourrir : comment le lobby du gaz « vert » transforme l’agriculture française, et l’excellent dossier à charge de Reporterre.net : Méthanisation : un digestat bien indigeste pour les sols et les eaux !

Et pendant ce temps-là, le Fonds mondial pour la nature (WWF) achète de la pub à Google pour vendre la méthanisation agricole aux populations civiles et agricoles comme une solution positive pour la Nature. C’est comme si l’ASPAS vendait des permis de chasse pour financer ses campagnes anti chasses… Comme si France Nature Environnement écrivait que « La méthanisation produit une alternative intéressante aux engrais chimiques, » alors qu’elle lutte contre les engrais azotés ! Sauf que c’est réellement écrit sur son site !

Et le 8 avril dernier, son ancien président national, aujourd’hui responsable du pôle énergie, a confirmé : « Beaucoup d’atouts pour les agriculteurs, et des centaines de méthaniseurs qui marchent très bien… » Les scientifiques ont relevé 271 incidents sur 170 sites en France, dont de profondes atteintes à l’environnement et des morts, mais pour FNE, tout va très bien, madame la marquise. Curieux, n’est-ce pas ?

Cette ONG s’oppose radicalement aux “bassines” (retenues d’eau) à vocation agricole, alors que l’agriculture est touchée de plein fouet par la raréfaction de l’eau, mais elle soutient une production d’énergie qui artificialise les sols et les écosystèmes, et dont les premières victimes seront les agriculteurs et les générations futures. Quel décalage entre sa base et ses têtes pensantes. Toutefois, au sujet de ces “bassines”, je vous invite à découvrir le projet de bassines individuelles porté par l’agriculteur breton, Pierrick Berthou. Des bassines à taille humaine, juste compromis entre les besoins agricoles et naturels. Je le soutiens à 100 % , n’hésitez pas à le soutenir, car il se sent très seul !

Une alternative intéressante aux engrais chimiques, dit FNE !
Une belle couillonnade 🙂

On nous fait croire qu’à l’image de la fission nucléaire,
la méthanisation agricole créerait libèrerait de grandes quantités d’énergie.

Certes, en d’autres temps, quelqu’un avait bien multiplié les pains comme par miracle. NON, ici on ne mange pas de ce pain-là, pas de miracle, chaque atome de cet « engrais » vient bien d’un sol où il est déjà en moins. Et certains n’y reviendront jamais à l’image de certains atomes de carbone partis en gaz. Mais il paraît que ce n’est pas grave, même si les sols en manquent cruellement. Bref.

Quant à l’origine de l’engrais, et plus particulièrement de l’azote, argument phare des vendeurs, est-il d’origine naturelle ou de synthèse ? Sans aucun doute de synthèse, chimique, puisque le carburant de ces usines à gaz, les cultures dédiées et les cultures destinées à l’alimentation animale sont conduites à la chimie (engrais et pesticides). D’ailleurs, on produit artificiellement dans le monde 130 millions de tonnes d’azote tous les ans pour accroire les rendements agricoles. Or, les dégazements ammoniacaux (azotés) sont la cause première du dérèglement climatique dans les pays industrialisés comme la France.

Quelle relation avec les résidus de la méthanisation agricole ?

Les résidus, les digestats, les restes de la digestion des Archées méthanogènes, des bactéries sans noyau, l’autre produit fini du process de la méthanisation avec le biogaz, sont très riches en azote ammoniacal.

Riches, uniquement parce que l’azote y est concentré. Mais un azote très volatil qui, pour faire simple, au contact de l’air, produit un puissant gaz à effet de serre au pouvoir réchauffant 300 fois supérieur au CO2. Outre d’être à l’origine des pollutions aux particules fines en se combinant avec les gaz d’échappement. Rappelons que cette énergie est présentée comme une solution pour lutter contre le réchauffement climatique !!! Mais de qui se moque-t-on ?

Tout ça oblige bien évidemment les grands protecteurs de la planète à sortir de leurs gonds pour nous la faire avaler. Comme le Panda, WWF : « La méthanisation peut contribuer à autonomiser les territoires, d’un point de vue énergétique et agricole, si elle s’appuie sur des pratiques agricoles vertueuses… » Elle le peut, mais elle n’est pas obligée… En revanche, l’ONG est bien obligée de jouer sur les mots pour ne pas contrarier ses banquiers et la FNSEA avec qui elle est sous contrat.

Nous irons jusqu’au bout de la connerie

Je lisais dernièrement que 3 agriculteurs s’étaient réunis pour créer une usine à méthane. Investissement, 5 millions d’euros ! Une somme colossale. Mais le directeur (clients et territoires) de GRDF est fier : « Nous sommes en route vers le 100% de gaz renouvelable… Ce projet montre une nouvelle fois que le biométhane est à la croisée des enjeux énergétiques, écologiques et économiques des territoires. » Le discours est bien huilé, et le risque assumé par les agriculteurs quand la multinationale n’en prend aucun. Du gagnant-gagnant pour eux. Et les « agriculteurs » disent qu’ils vont être autonomes en engrais biologique tout en améliorant la vie de leurs sols ! De l’engrais biologique d’origine chimique… Ils disent ce que disent FNE, Greenpeace, la Fondation Nicolas Hulot, etc.

Nous irons jusqu’au bout de la connerie, des conneries que vont payer très cher nos enfants et le monde agricole, toujours les dindons de la farce, prisonniers d’un système qui les enferme toujours plus dans la dépendance. Aujourd’hui, c’est au nom de l’écologie, hier, c’était au nom de l’indépendance alimentaire, avant-hier, au nom du progrès. Bref. Et si, pendant la Seconde Guerre mondiale, les collabos œuvraient à la Grande Œuvre, il est aujourd’hui légitime de se demander pour qui œuvrent certains défenseurs de la Nature.

(Si, par hasard ou ignorance, une erreur s’était glissée dans cet article, merci de me la signaler.)

Depuis le 6 avril dernier, pour avoir voulu informer sur les méfaits de la méthanisation agricole, qui cachent une industrialisation de l’agriculture et l’attaque la plus mesquine contre la biodiversité et les sols nourriciers, Facebook a censuré mon travail en m’interdisant de publier sur ma page du Jardin-vivant où j’ai plus de 33 000 abonnés ! Comme un leurre, la page continue d’exister, Facebook reconnaît que je n’ai commis aucune infraction aux yeux de la loi, la page n’est soumise à aucune restriction, mais j’y suis interdit de publier. Une réclamation est en cours, et si elle n’aboutit pas, une plainte sera déposée auprès de la Justice.

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