Le glyphosate agit sur les abeilles comme l’alcool au volant. Et pas seulement !

Lettre adressée le 28 mai 2019 à monsieur Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Objet : les effets secondaires du glyphosate sur les abeilles.

Monsieur le ministre,

Est-il cancérigène ? Est-il ci ou ça, ou pas ? La cacophonie, qui règne aujourd’hui autour du glyphosate, n’aide pas à y voir clair. En rédigeant le chapitre de mon dernier livre, sur les causes de l’effondrement des colonies d’abeilles, j’étais donc à des années-lumière de tomber nez à nez sur cet herbicide.

Et quelle surprise de découvrir une étude de l’université de Toulouse (UMR 5169 – CNRS), une autre de Berlin, du Texas, du Brésil, d’Argentine… des études qui prouvent que le glyphosate perturbe le déplacement des abeilles, affecte leur mémoire, affaiblit leur système immunitaire, accélère le vieillissement des glandes hypopharyngiennes des nourrices, touche le développement du couvain.

Dans l’Éloge de l’abeille, j’ai donc consciencieusement listé toutes ces études scientifiques qui documentent les effets secondaires des préparations commerciales à base de glyphosate. Oui, contre toute attente, les herbicides à base de glyphosate tuent doucement mais sûrement les abeilles ; et très probablement d’autres espèces de pollinisateurs essentielles au maintien de la biodiversité. Aussi, je vous invite à prendre connaissance de ces travaux universitaires, de la page 103 à 126 de l’exemplaire ci-joint.

La réponse politique devrait être immédiate : interdire l’épandage de cette molécule lors de la floraison et à proximité des champs en floraison.

Monsieur le ministre, cette décision aura peu de conséquences sur ceux qui croit que le glyphosate est un outil de l’agro-écologie, ce que je ne crois pas, mais à ce stade, qu’importe les croyances, l’important étant concrètement d’éliminer cette cause qui semble peser lourd dans l’effondrement dramatique des populations d’abeilles.

L’exemple de la picoxystrobine

Il aura fallu 18 ans pour que votre ministère ait le courage d’interdire la picoxystrobine, cette molécule fongicide qui a littéralement empoisonné la chaîne alimentaire en commençant par nos vénérables laboureurs.

En effet, pendant toutes ces années, elle a décimé les populations de vers de terre, alors même que dans un document signé de son directeur général, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’ANSES, avait alerté de sa dangerosité dès le mois d’août 2010. Fort heureusement, son interdiction est effective depuis le 30.11.2018, une interdiction que j’espère totale et sans autorisation exceptionnelle, mais 8 années ont été perdues.

Conclusion

Monsieur le ministre, toutes les preuves sont maintenant sur la table. Et elles attestent toutes que le glyphosate n’est pas innocent dans le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles domestiques ou sauvages. Par ailleurs, sachant que 4 espèces de cultures sur 5 ont besoin des insectes pollinisateurs pour se reproduire, l’urgence demande donc une réponse rapide : interdire l’usage du glyphosate lors de la floraison, ou à proximité de « champs » en fleurs.

Dans l’attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre, mes sentiments les plus distingués.

 



7 thoughts on “Le glyphosate agit sur les abeilles comme l’alcool au volant. Et pas seulement !

  1. Merci pour ce travail. Par contre, cela fait 20mn que je cherche la source de l’étude de l’université de Toulouse UMR 5169 CNRS, impossible de mettre la main dessus que ce soit avec google scholar, google, CNRS, rien n’y fait j suis bredouille… Pourriez-vous la transmettre s’il vous plait ?

    1. Bonjour,

      L’étude a été filmée et on la retrouve dans le documentaire de Torsten Mehltretter, sur la Disparition des insectes, une catastrophe
      silencieuse
      , diffusé en 2018 sur ARTE. Plus d’info dans l’Eloge de l’abeille publié chez Flammarion. Cordialement.

    2. Bon, puisqu’apparemment cette étude n’existe pas (c’est pas faute d’avoir cherché) et puisque je vois que vous faites preuve d’une mauvaise foi (que vous ne saurez ignorer au fond de vous même) en censurant mes commentaires, je vous pris de bien vouloir enlever mon premier commentaire car votre réponse laisserait entendre (à qui ne vérifie pas les infos, comme la plupart de vos généreux donateurs) que cette étude existe : vous en conviendrez, c’est un acte de manipulation assez mesquin. L’urgence climatique, le contexte politique actuel n’a pas besoin de vos manipulations pour se porter mal. Je ne vous remercie pas et vous souhaite (sincèrement) de faire preuve d’un peu d’humilité.

    3. Remarquez, je suis sûr que vous pensez avoir une bonne raison de propager de la fausse information (et au fond, vous avez peut-être raison de la faire). N’empêche, je me demande comment on en arrive à de tel acte qui apriori, n’augurent rien de bien intéressant sur le plan intellectuel. Et non, je ne suis pas un troll anti-science, je suis payé par mon travail d’agriculteur bio. Je suis militant à la conf’. Je suis contre la méthanisation. par contre, je suis juste curieux, engagé et passionné. Je n’ai absolument rien contre vous (si ce n’est quelques méthodes).

    4. Je comprends, mais je ne peux pas faire mieux que de t’inviter à voir ce documentaire et lire le chapitre consacré au glyphosate dans l’Eloge de l’abeille.

      Ensuite, tu pourras contacter les universitaires en question. Et avec tous ces éléments en main, tu pourras enfin juger si je suis un brigand. Cordialement.

      Ps. Comme tu agis en anonyme sur mon blog perso, le prochain message agressif sera transmis à la gendarmerie.

  2. Merci encore pour ce précieux travail, qui j’espère aura un effet de prise de conscience.

  3. Malheureusement, le business ,même au plus haut niveau de nos politiques, continuera de faire l impasse sur le bon sens….

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