Le ver de terre, de l’azote en barre !

Dans un article de l’ingénieur agronome Mathieu Marguerie, publié le 19 juillet 2020 par Graines de mane, le célèbre “lombritologue” Marcel B Bouché dit : « Ils (les vers de terre) apportent aux plantes 800 kg d’azote par hectare et par an. C’est une contribution à la fertilité considérable. » 800 kg ! En 2018, il soutenait le chiffre de 600 kg dans une vidéo.

Je vais revenir à la source de ces chiffres,

puisque nous serions dans le cas d’une sur-fertilisation azotée, 3 à 4 fois supérieure aux besoins des cultures ! Sachant par ailleurs que les vers de terre ne sont pas les seuls à jouer aux épandeurs à engrais. Et qu’en agriculture de conservation, celle sans labour et qui – justement – travaille avec les vers de terre, on rajoute 200 kg d’azote chimique pour soutenir les rendements des céréales.

Mr B Bouché en profite également pour adresser quelques compliments à ses anciens collègues chercheurs, qualifiant leurs travaux de médiocres, voire régressifs : « Au niveau de la recherche, le nombre de travaux à leur sujet augmente de manière exponentielle, mais la connaissance agronomique sur les vers de terre progresse en réalité peu, car ces travaux sont souvent médiocres, voire régressifs… » Vieillesse et sagesse ne font pas toujours bon ménage. Dommage que Graines de mane, un site de grande qualité, ait relayé les aigreurs du vieux monsieur.

Soyons clair,

l’apport de Mr Bouché à la connaissance sur les vers de terre est indéniable, mais il faut savoir raison garder. Je partage à 100 % quand il dit : « Actuellement dans la recherche agronomique, les modèles théoriques déconnectés du terrain prédominent. » « Il est indispensable que la recherche soit plus critique vis-à-vis d’elle-même, notamment en matière d’écologie-vraie… il faut sortir des modèles théoriques et davantage faire l’observation du réel. » Effectivement, il faut sortir de modèles qui interprètent et corrèlent uniquement des chiffres, même les 800 kg d’azote ne sont pas sortis d’ailleurs.

En 2016, le microbiologiste des sols Gilles Domenech

avait éclairé les lecteurs du Jardin-vivant sur ces transferts d’azote entre les vers de terre et les plantes, car Marcel B Bouché est effectivement le chercheur qui les a mis en évidence. Mais depuis qu’il est en retraite, d’autres ont aussi mis en évidence qu’il influençait les rendements des cultures, qu’il influençait le comportement génétique des plantes, qu’il butinait… Toutes ces “évidences” sont mises en lumière dans : Sauver le ver de terre (la version numérique est gratuite).

Mais depuis, Céline Pélosi (INRAE), chercheuse hors-pair, madame ver de terre en France, a piloté une étude qui prouvent, contrairement à l’idée reçue que les vers de terre participeraient à bio-dégrader les pesticides, qu’ils les bio-accumuleraient : « Nous suspections une potentielle persistance de certaines molécules en raison d’une utilisation récurrente, fréquente et massive, à large échelle. Mais nous pensions aussi possible de n’en trouver aucune trace. » Lire l’étude. Les lombrics bio-accumulent les pesticides, comme les thons bio-accumulent les métaux lourds et les fœtus humains bio-accumulent les micro-plastiques. Vers de terre et bébés, quelles seront à long terme les conséquences de ces perturbateurs endocriniens qui modifient le sens de l’information entre le cerveau et les organes ?

Avertissement

En 2016, j’avais précisé en amont de l’article de Gilles : « L’expérience de Mr Bouché a été réalisée il y a 40 ans et sur seulement quelques lombrics. Et elle n’a été ni reproduite ni validée par la communauté scientifique. Aussi, nous vous saurions gré de la considérer seulement comme une hypothèse sérieuse.

Et pour évaluer l’azote excrété par les vers de terre via leurs urines, mucus et matières, ces quelques données ont été extrapolées par analogie au.x millions.s de vers de terre présents dans un hectare. Quant au transfert direct de l’azote ingéré par le ver de terre vers la plante, il ne s’agit que de la part métabolisée (digérée). Et suivant les travaux de Mr Bouché, cette part serait de 17 % de la nourriture ingérée, mais inférieure à 10 % suivant d’autres sources scientifiques. Quasi du simple au double, outre que chaque espèce n’assimile pas pareil en fonction de son alimentation ; la diversité des régimes alimentaires chez les vers de terre étant aussi large que chez les mammifères. »


Et si les vers de terre révolutionnaient
notre approche de la fertilisation ?

gilles-domenech-2015

Pour que les plantes poussent bien, elles doivent avoir à disposition des éléments minéraux qu’elles puisent dans le sol. Parmi ces éléments, le plus important en terme quantitatif est l’azote, le fameux « N » du trio « NPK » : Azote, Phosphore et Potassium. Dans cet article, nous allons donc nous cantonner à l’azote, et découvrir comment les vers de terre viennent perturber notre compréhension de la nutrition azotée des plantes.

Gilles Domenech est l’une des références françaises sur les sols vivants. Pédologue et microbiologiste, formateur agricole et auteur de livres, directeur de la société Terre en sève et du blog Jardinons sur sol vivant.

Pour ce faire, je vais me baser sur une expérience menée par Marcel B Bouché, et qui est décrite aux pages 200 à 203 de son livre : Des vers de terre et des hommes ». Ceux qui préfèrent la vidéo pourront visionner la conférence filmée aux Rencontres Maraîchage sur Sol Vivant 2015 à Baerenthal en Moselle.

En résumé, il a utilisé des vers de terre pour suivre l’azote dans le sol.

Il a nourri des vers de terre avec de l’azote 15 qui est un isotope non radioactif de l’azote très rare dans la nature – le chiffre 15 signifiant que cet azote possède 7 protons et 8 neutrons dans son noyau, soit 15 nucléons, contrairement à l’azote 14 beaucoup plus commun qui lui ne possède que 7 neutrons et donc 14 nucléons au total –. Cet azote 15 a donc remplacé l’azote 14 présent dans les vers de terre initialement. Puis il les a réintroduits dans une vieille prairie et a suivi l’évolution de cet azote 15 dans les vers de terre, le sol et les plantes.

Qu’observe-t-on ?

C’était prévisible, une baisse rapide de la teneur en azote 15 dans les vers de terre, ce qui est logique puisqu’ils perdent l’azote 15 qu’ils contiennent à travers leurs urines, mucus… et le remplacent par de l’azote 14 venant de leur nourriture. Une partie de cet azote part logiquement dans le sol et les turricules, mais curieusement au-delà de 20 jours, il n’y a plus trace de cet azote dans le solMais où est-il donc ?

Dans les plantes tout simplement, et notamment dans les racines d’où il est progressivement transféré dans les parties aériennes. Cela veut donc dire qu’à peine plus d’un mois après, la quasi-totalité de l’azote contenue dans les vers de terre se retrouve dans les plantes ! Et ce quasiment sans être passé dans le sol, ni même les turricules ! Comme s’il y avait un transfert direct ou presque depuis les vers de terre vers les plantes.

Pas de perte

On remarque un autre fait amusant. Au début de l’expérience, la teneur en azote 15 décroît, ce qui avait été attribué dans un premier temps à une volatilisation, comme cela s’observe très communément suite à une fertilisation azotée classique. Or, contre toute attente, à partir du 14e jour, la teneur totale remonte et au bout de 40 jours, la quasi-totalité de l’azote 15 initial se retrouve dans la végétation, indiquant qu’il n’y a eu aucune perte d’azote au cours de l’expérience ! L’interprétation montre que c’est de l’azote qui avait été libéré par les vers de terre en profondeur, au-delà des 50 cm étudiés lors de l’expérience, et qui a été remonté par les végétaux via leur système racinaire.

CONCLUSION

Les agronomes ont l’habitude de considérer, pour qu’une plante puisse se nourrir en azote, qu’il faut que cet azote soit sous forme minérale dissoute (nitrates…) dans l’eau du sol. Or, on voit ici que l’azote contenu dans les vers de terre est presque entièrement utilisé par les plantes en 40 jours seulement.

Cela signifie-t-il que pour avoir des cultures abondantes, il suffit d’avoir plein de vers de terre en bonne santé dans sa terre ? Cela implique-t-il que la seule action nécessaire pour la fertilisation est de prendre soin des vers de terre en réduisant le travail du sol et en leur fournissant de la matière cellulosique à manger ? L’affirmer de façon abrupte semble un peu rapide, mais c’est bien la direction qui est ici suggérée.

Bien sûr, l’expérience présentée a été faite sur prairie. Rien ne dit que les résultats seraient identiques dans un champ de céréales ou dans un potager, mais cette piste vaut d’être suivie, et d’autant plus qu’elle va dans le même sens que les observations faites par les praticiens qui cultivent « sol vivant » au potager, en maraîchage ou en grandes cultures. En tous cas, il est clair que les vers de terre n’ont pas fini de nous étonner.



Suite à la publication de Gilles, l’autre pointure mondiale de la science sur les vers de terre, Patrick Lavelle, professeur émérite de la Sorbonne, un scientifique d’une belle générosité, et humble, et qui m’en apprend tant, poste ce commentaire :

03.11.19 « On mesure dans les turricules frais des teneurs élevées en ammoniaque (utilisable par les plantes) et en phosphore assimilable. Ça correspond à la digestion de 9% de la matière organique ingérée par le ver géophage que j’ai étudié en milieu tropical.

Et cet ammoniac est disponible pendant 24h avant de disparaître du turricule. En partie récupéré par l’augmentation des bactéries du turricule, mais aussi expulsé avec l’eau qui sort du turricule frais, lui donnant un aspect brillant. Les racines ont donc la possibilité d’absorber cet azote, et on voit souvent des racines fines les coloniser. Quand on arrache une plante, on voit aussi de gros agrégats de sol fixés sur la racine. Ce sont des turricules que le lombric peut avoir déposé là, attiré par les sucres libérés dans le sol par les racines (Cf. Chap. exsudats racinaires – Sauver le ver de terre), ou résultat de la croissance des racines dans ces turricules riches en nutriments assimilables et autres hormones de croissance.

Dans la savane où j’ai travaillé, les vers de terre relarguaient 40 kg d’azote (1/3 des besoins annuels des plantes) sous forme d’ammoniaque NH4, et il y a gros à parier que cet azote allait directement dans la plante par le fait d’une synchronie temporelle et spatiale entre libération et utilisation par la plante. Ce n’est pas le cas avec les engrais chimiques, dont souvent à peine 50% sont absorbés par la plante. En conclusion, les vers de terre évitent donc les pertes de nutriments par ce bouclage précis de leur part du cycle. »

Le lendemain, Gilles postait à l’attention du professeur Lavelle : « En effet, il y a une différence importante entre vos observations et celles de Marcel Bouché, puisque celui-ci observait peu d’azote dans les turricules. Cela peut-il venir des différences entre milieu tropical et tempéré ? Ou d’un problème de mesure dans l’expérience de Marcel ? »

Le 9 décembre, je lui répondais : « La semaine dernière, je me suis longuement entretenu au téléphone avec Marcel Bouché, et je lui ai demandé pourquoi la quasi-totalité de l’azote rejeté dans le milieu par les vers de terre s’est retrouvée dans les plantes ? Après une longue hésitation, il m’a répondu ne pas se souvenir ! Mais il m’a confirmé que la quantité d’azote ingérée s’était effectivement retrouvée dans les plantes. Pas 17 %, mais bien la quasi-totalité ! (c’est curieux, car cela voudrait dire que la part non métabolisée a été aussi assimilée par les plantes) À mon avis, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, sauf si les vers de terre ont radicalement modifié leur métabolisme, ce qui implique qu’ils aient la main sur l’expression de leurs gènes. Une hypothèse hautement improbable. »

800 kg d’azote excrétés tous les ans par les communautés lombriciennes, auxquels il convient de rajouter l’azote capté par les bactéries.

Et pas seulement par celles inféodées aux légumineuses, aujourd’hui appelées Fabaceae. En effet, dans un article publié dans le Jardin, Cloé Paul-Victor, docteure en sciences naturelles, écrit : « Certaines céréales (riz, maïs et blé) sont capables d’établir des associations avec des bactéries fixant de l’azote (bactéries diazotrophes), améliorant ainsi leurs croissances. On parle alors “d’associations”, car les bactéries restent libres et ne rentrent pas à l’intérieur des racines des plantes contrairement aux symbioses. » Précisant par ailleurs que, dans un sol saturé en apports azotés, les symbioses entre les légumineuses et les bactéries Rhizobiaceae ne sont pas obligatoires, les plantes n’ayant alors aucun intérêt à établir un partenariat.

Épilogue

Plus c’est gros, mieux ça passe dit-on, jusqu’au moment où ça coince. La grenouille de Jean de La Fontaine fini par crever de se gonfler. Alors, dégonflons l’idée que certaines bestioles seraient plus importantes que d’autres. Certes, les vers de terre sont importants dans un sol, mais ils ne sont pas tout, même qu’une toute petite partie d’un système écologique qui réclame que nous gardions la tête froide, tant son fonctionnement intime demeure toujours un mystère. Extrait de Sauver le ver de terre :

En agronomie, nous en sommes toujours au point mort de la connaissance, au degré zéro, car personne ne sait comment maintenir la fertilité et les rendements d’un champ cultivé sans en dé-fertiliser un autre. Dé-fertiliser veut dire appauvrir. Et plus un milieu s’appauvrit, plus il doit être enrichi artificiellement avec des engrais chimiques qui consomment beaucoup d’énergies fossiles. Et cette technique ancestrale du déshabiller Pierre pour habiller Paul, qui a permis bon an mal an de maintenir une bonne fertilité des champs cultivés, s’est pratiquée au détriment des autres milieux (prés, forêts…) par un gigantesque détournement de la matière organique. Et quand l’agriculture a basculé d’une fertilisation organique à chimique, elle a conservé ce principe hérité de ses « premiers » balbutiements.

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6 thoughts on “Le ver de terre, de l’azote en barre !

  1. Bonjour,

    Un commentaire lu sur facebook. Qu’en pensez-vous ? Merci

    A aucun moment tu n’évoques quelque chose qui est grandement à l’étude en ce moment : que les plantes n’absorbent pas préférentiellement l’azote sous forme d’ammonium ou de nitrate, mais bien sous forme d’acides aminés. Or les agronomes “classiques” en sont toujours à mesurer l’azote sous forme ammoniacal, car c’est bien plus simple, tant il y a d’acides aminés différents. C’était dans une vidéo bien faite de Olivier Husson, les plantes se fatiguent plus à assimiler de l’ammonium que des acides aminés, et encore plus à assimiler des nitrates. Le mécanisme exact ne semble pas encore compris, mais c’est vérifié quand on met les plantes en présence de différentes sources d’azotes (il cite les publis). Il est donc probable que l’azote que les plantes prennent dans les turricules des vers n’est autre que de l’azote dans ces acides aminés.

    D’ailleurs c’est la même chose avec le compost : on a le sentiment si on regarde la quantité d’azote minéralisé dans du compost qu’il n’y a rien à bouffer pour les plantes. Et pourtant le compost fertilise très bien. Pour moi c’est parce que l’azote est là sous forme organique, et que la plante n’a pas forcément besoin qu’il soit minéralisé pour le manger. D’autre part, dommage que ton article ne rétablisse pas une autre vérité : les vers ne créent pas d’azote, ils le transforment.

    L’essentiel de l’azote des sols vient de l’air, il est fixé par les azotobacters quand la matière organique carbonée est dégradée par ces derniers. C’est ce qu’ont montré les fermes en Maraîchage Sol Vivant : tu peux ne mettre que du BRF sur des sols, et pourtant avoir de l’azote à foison ensuite. C’est le fonctionnement d’une forêt. Je pense que le ver se contente de transformer l’azote de ces bactéries mortes (qu’il mange) en azote plus assimilable par les plantes (mais j’imagine que c’est la transfo d’un acide aminé en un autre acide aminé). Bouché ne pouvait pas voir sous quelle forme l’azote était : lui ne mesurait que la radioactivité de son isotope radioactif d’azote. Il n’avait aucun moyen de savoir dans quel molécule l’azote était. Il faudrait refaire ces expériences évidemment, et creuser plus loin.

    Mais les faits sont là : pas besoin d’azote dans un système MSV avec BRF. Dans une grande culture, ce n’est pas rentable ces quantités de BRF, et leurs couverts végétaux ne suffisent pas à fertiliser (pas encore du moins).

    1. Bonjour,

      C’est compliqué de répondre en lisant la conclusion de ce commentaire : ” les faits sont là : pas besoin d’azote dans un système MSV avec BRF.” Comment peut-on encore affirmer cela en 2021, sauf à n’avoir jamais cultivé ?

      Ou en lisant ça : “L’essentiel de l’azote des sols vient de l’air, il est fixé par les azotobacters quand la matière organique carbonée est dégradée par ces derniers… ”

      Ou en lisant ça : ” Je pense que le ver se contente de transformer l’azote de ces bactéries mortes (qu’il mange) en azote plus assimilable par les plantes…

      Ou en lisant ça : ” Dommage que ton article ne rétablisse pas une autre vérité : les vers ne créent pas d’azote, ils le transforment.

      La vérité, c’est que personne ne créé d’azote, la vérité était de mettre un bémol à certaines informations erronées qui circulent et qui trompent les agriculteurs.

      Mais en lisant ça : “Il est donc probable que l’azote que les plantes prennent dans les turricules des vers n’est autre que de l’azote dans ces acides aminés.“, je me dis que ce n’est pas gagné, puisque même ceux qui ne savent pas finissent par avoir tout de même une idée sur ce que nous devrions savoir.

      Quant aux travaux d’Olivier Husson, ils sont intéressants.

      Belle journée

  2. Merci Christophe de cette mise au point si claire et bien documentee. N’accablons pas l’ami Marcel qui a fait avancer notre science avec passion, a sa facon et libre a nous de ne pas accepter certaines de ses affirmations et rigoler gentiment de ses anathemes. Et mefions nous plutot de ceux qu’il critique, parfois a juste titre, comme cet article paru dans Nature qui rend les vers de terre responsables d’une grande partie des emissions d’oxyde d’azote, en extrapolant au terrain des donnees de laboratoire loufoques, mais faciles a obtenir dans des dizaines de travaux d’etudiants low cost. Ces complices volontaires ou non de l’agronomie destructive sont plus sympas, mais plus dangereux!!

    1. Je n’accable pas Marcel, d’ailleurs c’est nullement l’objet de l’article, mais comme il fait autorité en la matière, le monde agricole n’a pas besoin d’être une nouvelle fois trompé avec des valeurs fantaisistes. Belle soirée. Christophe

    2. Sur les sols battants, comme c’est le cas fréquemment en Afrique subsaharienne les vers de terre ont un rôle important car ils limitent la destruction de la porosité des sols empêchant les phénomènes d’asphyxie temporaire et la perte d’azote. Mais ils sont également dépendant de la nutrition azotée, d’où l’importance des légumineuses comme faidherbia albida par ex. en Afrique tropical sèche ou du trefle par ex. en Europe pour leur nutrition. Si l’on nourrit artificiellement une population de lombric avec de l’azote, il y a de fortes chances pour que l’on augmente les effectifs des populations et leur activité.

      Cela pourrait conduire peut être à une surestimation de leur impact comparativement à un milieu naturel. D’autres part les terriers des lombriciens sont souvent tapissés de radicelles et de micellium créant un milieu hautement favorable aux échanges dans des conditions d’humidité et d’aération idéales pour la plante et les bacteries de la. rhizosphere. Il y a donc là une explication simple au transfert optimisé de l’azote des lombrics aux plantes. Les évaluations de stockage de l’azote par la biomasse de la faune des sols ont été approché par Bachelier. Complété par des mesures de respiration des sols et nous abordons ainsi un autre pool d’azote qui est la chitine.

      Dans une prairie avec une activité biologique importante en surface les arthropodes en mourant laisse leur exosquelette en surface. Et je pense que c’est la que la prairie s’éloigne du modèle du champ cultivé. que devient la chitine? un précurseur des substances humiques? une nourriture riche pour les lombriciens et les bacteries ? Un enjeu de lutte entre les champignons et les bactéries ?

      Bref un sol peut être considéré comme un milieu épurateur (ce qui semblent être le cas sous culture intensive) ou un lieu de stockage et de transformation dont l’optimum semble être les tchernozems..Selon les cas, l’activité bactérienne sera tempéré par les autres organismes, et les lombriciens en tant qu’agent d’aération orientent également le métabolisme bactérien. Et la c’est la texture du sol qui compte.

      Plus il y d’argile plus le rôle des lombriciens est important dans ces mécanismes d’équilibre. Mais ça c’est mon hypothèse.

    3. Bonjour,

      Je réponds avant Patrick 🙂

      Qu’entendez-vous en écrivant : “Si l’on nourrit artificiellement une population de lombric avec de l’azote, il y a de fortes chances pour que l’on augmente les effectifs des populations et leur activité.

      Par ailleurs, il m’aurait été agréable de savoir qui vous êtes, puisque votre commentaire montre que vous en êtes 🙂 Belle journée

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