Sauver le ver de terre pour sauver la nature !

Illustration article : Marko

Sauver le ver de terre pour réconcilier l’agriculture et la nature !

Sauver l’avenir du ver de terre pour sauver les générations futures !

« La disparition du ver de terre est un bon exemple du fait qu’une toute petite chose à peine visible peut prendre une importance majeure. » Hubert REEVES.

Puis d’ajouter : « La disparition des vers de terre est un phénomène aussi inquiétant que la fonte des glaces. »

« Le déficit de vers de terre devrait être considéré comme beaucoup plus grave pour l’humanité que le déficit budgétaire ! » François Ruffin

Éloge du ver de terre : « Notre futur dépend de son avenir. »

Stéphane Le Foll, le seul ministre de l’Agriculture a avoir officiellement remercié les vers de terre : « Merci à mon camarade le ver de terre, l’un des plus grands marqueurs de la bonne santé des sols et de la biodiversité… » 

Certains vers de terre butinent comme des abeilles, d’autres grimpent aux arbres ou s’aménagent de petites chambres dans le sol qu’ils ornent de cailloux ou de graines. D’autres influencent la croissance des plantes et le rendement des cultures, d’autres cultivent leur nourriture et vivent aussi vieux que certains chiens de race, d’autres possèdent le pouvoir unique de rajeunir les sols. Bref, loin des idées reçues et de n’être qu’un intestin qui mange de la terre, le monde des vers de terre est aussi surprenant que diversifié. Et il a même été l’animal préféré de Charles Darwin, le scientifique les ayant étudiés sans relâche pendant 45 ans.

Mais voilà, leur importance dans les milieux cultivés va bien au-delà, puisqu’ils sont au cœur de notre système nourricier. Colonne vertébrale des sols, ils sont la clé de voûte de l’alimentation de demain, et à la source d’un cycle tout aussi essentiel que celui de l’eau, le cycle de la nutrition, un cycle naturel autant brisé qu’ignoré et qui met aujourd’hui sérieusement en péril l’avenir d’une l’humanité apaisée.

Nous investissons des milliards tous les ans pour comprendre comment fonctionne l’infiniment loin, mais pas un centime pour apprendre à maintenir la richesse nutritive d’un milieu cultivé sans en appauvrir un autre ?

Pour rappel, il faut un siècle à la nature pour créer un centimètre de sol nourricier nouveau à partir de l’énergie solaire. Le sol, notre réserve nutritionnelle, cette ressource naturelle non renouvelable à l’échelle humaine et qui se trouve infiniment près de notre voûte plantaire. Enfin, plus près que la voûte céleste 🙂

Le ver de terre, figure de proue des sols vivants et durables, devrait donc être le moteur de la transition écologique. Devrait. Mais il ne l’est pas, il est toujours rien.

Pourquoi sauver le ver de terre pourrait sauver la nature ?

D’abord, pour palier notre inconnaissance à régénérer un sol sans en dégénérer un autre, on grignote sur la nature sauvage de nouveaux sols. On lui prend ses ressources nutritives pour nous nourrir, affamant un peu plus la biodiversité animale, puis on lui redonne des sols vidés.

Sachant que la faim est la première cause de mortalité de la biodiversité, avec 8 milliards de bouches humaines à nourrir, nous appauvrissons donc à grande vitesse les substances nutritives terrestres dans l’indifférence générale.

Ensuite, nous considérons le ver de terre comme un animal inférieur, à la base de la chaîne alimentaire, alors qu’il est à la base de notre alimentation. La nuance est importante. En effet, en expérimentant pendant 45 ans les capacités cognitives du lombric terrestre, Charles Darwin les a comparées à celles des animaux supérieurs. La différence est abyssale ; à découvrir dans Sauver le ver de terre.

Mais changer notre regard sur les communautés de lombriciens implique aussi de changer celui qu’on jette sur ces vies minuscules (bactéries, champignons, insectes, crustacés, …) qui transforment en permanence la matière organiques en nutriments assimilables par les plantes et nos corps. Sachant que notre alimentation dépend de ces vies, on comprend vite l’urgence de sauver leur habitat si l’on ne veut pas tomber en panne d’essence ou de carburant corporel.

Changer notre regard sur les vers de terre,
changerait donc inévitablement notre regard sur la nature.

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Après l’Éloge du ver de terre publié chez Flammarion en 2018, le 19 sept. est sorti : Sauver le ver de terre, l’un des premiers marqueurs de la biodiversité, une suite plus pédologique, scientifique, politique. ISBN 978-2-9573766-0-5.
Voir les offres dans la boutique du Jardin.

  • Et enfin, le 11 octobre, je vais inaugurer un nouveau cycle d’entretiens et de rencontres sur le thème, Sauver le ver de terre pour sauver la nature, au Centre D’ailleurs à Saint-Jean-des-Ollières dans Le Puy-de-Dôme. A 15H, entrée gratuite.
  • Puis le 25 octobre à la fête des Plantes, du jardin et de la nature de Saint-Junien dans la Haute-Vienne.

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