Questions-réponses à propos de Sauver le ver de terre

ISBN 978-2-9573766-0-5 300 pages. Format poche. Prix : 8,80 €

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L’Éloge du ver de terre a été publié en 2018 chez Flammarion, pourquoi avoir choisi une forme d’autoédition pour sa suite ?

Comme en agriculture, les circuits courts permettent d’optimiser et de réduire les coûts. Nous avions une exigence : que le livre soit vendu à moins de 10 euros afin que le prix ne soit pas un frein à sa lecture. Et en première édition, aucun éditeur n’a pu nous apporter satisfaction.

Et nous avions même une autre exigence… offrir le téléchargement dès le jour de sa sortie !

Mais personne ne va l’acheter s’il est gratuit !

300 pages et une mise en page dense, sachant que la lecture sur écran est peu confortable et que le livre coûte moins cher que d’imprimer le fichier numérique, il y a un risque, mais il est minime. Et l’expérience du dernier petit livre sur le mythe des buttes de permaculture, édité en numérique et en gratuit, et téléchargé 45 000 fois en quelques semaines, nous a encouragé dans cette voie. En effet, pour nous remercier, beaucoup ont acheté de nos livres ou fait des dons à l’association.

Rien ne s’oppose, tout se complète, et autant le plaisir de lire sur papier est incomparable, autant la recherche par mots clés l’est également à partir d’un fichier numérique.

Pourquoi offrir un exemplaire à tous les établissements agricoles ?

S’il est essentiel de réconcilier l’agriculture et la nature, alors il est tout aussi essentiel que ce livre soit présent précisément là où sont formées les futures générations d’agriculteurs.

C’était un des objectifs de ce projet éditorial. Aussi, un exemplaire est offert à tous les CDI des établissements agricoles qui nous en formulent la demande. Et tous ont déjà été informés via Educagri, et nous avons reçu de nombreuses demandes.

Dans quel cadre ce projet a-t-il été soutenu par l’Office français de la biodiversité ?

Dans Mon projet pour la planète, un appel à projet initié le 6 juillet 2017 par monsieur Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, lors du lancement du Plan climat. Et Sauver le ver de terre, l’un des premiers marqueurs de la biodiversité était le projet porté par l’association du Jardin-vivant, un projet arrivé en tête de la catégorie des projets pour la reconquête de la biodiversité lors de l’élection citoyenne organisée par le ministère.

Certes, le ver de terre n’a pas encore l’aura d’un renard, d’un loup, d’un ours ou d’une abeille 🙂 mais quelle belle surprise cette mobilisation du grand public pour sa cause et sa réhabilitation dans le modèle agricole.

En revanche, vous nous apprenez une mauvaise nouvelle

Oui… sa réhabilitation n’est pas gagnée, car il y a un frein, mais on va en réserver la primeur à nos lecteurs.

Même si le livre est résolument optimiste, il y a en aussi d’autres, d’autres mauvaises nouvelles, comme celle d’apprendre que la toxicité des pesticides n’est toujours pas évaluée sur les espèces de vers de terre qui vivent dans la terre ! C’est un véritable problème pour sa sauvegarde.

À l’exemple de la picoxystrobine, cette molécule fongicide interdite en 2018 et dont les « qualités » vermicides sont officiellement connues de l’ANSES depuis 2010. 8 ans de perdus avant d’être retirés du marché sous la pression de l’Union Européenne. Et la ré-autorisation prochaine des néonicotinoïdes sur la culture de la betterave est dramatique, puisqu’une méta-analyse publiée en 2014 a mis en évidence qu’ils étaient aussi dangereux pour les abeilles que pour les vers de terre et leurs prédateurs, impactant leur mémoire, leur goût, leur fécondité et leur capacité à creuser des galeries.

Venons-en à la question qui tue : les pesticides tuent-ils les vers de terre ?

— Pour faire simple… il y a des agriculteurs qui épandent des pesticides ou qui sont en bio et qui ont plein de vers de terre dans leurs sols, mais il y en a encore beaucoup trop qui épandent des pesticides ou qui sont en bio et qui ont très peu de vers de terre dans leurs sols.

Ce n’est pas si simple

— La première cause de mortalité des animaux sauvages dans le monde, c’est la faim. Et les vers de terre n’y échappent pas dans les espaces cultivés.

En effet, si un agriculteur utilise des pesticides mais nourrit la vie de ses sols, soit par une fertilisation organique ou la technique de l’interculture, une technique héritée du Moyen-âge et qui consiste à faire une culture pour nourrir les habitants du sol entre 2 cultures pour nourrir les humains, il concoure à la biodiversité. La nourriture est un préalable à la vie. Ensuite, cela ne veut pas dire que les pesticides soient sains, c’est un autre problème, de surcroît pas moins simple !

Donc, la faim justifie les moyens…

Vous et moi comprenons facilement que si une poule, un chien, une vache ou un chat sont privés de nourriture, ils vont s’amaigrir au fil des jours avant de mourir. Pour un ver de terre, c’est pareil et d’autant plus que certaines espèces peuvent vivre aussi longtemps qu’un chien de race ! Sans nourriture, ils finissent par ne plus se reproduire avant de mourir de faim. C’est la faim qui tue avant les pesticides. Alors quand on les accouple, ça va 2 fois plus vite.

Ce livre parle-t-il des sols ?

Sauver les vers de terre, c’est sauver les sols et tous ses habitants, des insectes qui vivent à sa surface jusqu’aux bactéries qui vivent dans ses profondeurs. C’est un ensemble insécable, de la même manière que l’on ne peut détacher la truite de sa rivière. Oui, c’est un livre sur les sols vu sous l’angle des vers de terre.

Vous écrivez que les vers de terre butinent ???

Plus de 200 études attestent de cela dans le monde, mais avant il ne fallait pas en parler… C’est seulement en 2014 que la première a été publiée dans Nature. Mais les scientifiques n’osent pas utiliser le mot butiner, alors que butiner, ce n’est pas polliniser comme nous l’avons expliqué dans l’Éloge de l’abeille. D’ailleurs, il y a des insectes pollinisateurs qui volontairement butinent sans polliniser… Appuyé sur la littérature scientifique, un chapitre est consacré à ce sujet.

C’est audacieux ce rapprochement avec les abeilles !

— Quand l’un nourrit la plante, l’autre la féconde. Rappelons qu’au 16e siècle, les abeilles et les vers de terre sont rangés dans la même catégorie, celle des vers et de la vermine. Et à cette époque, on tue les abeilles pour récolter le miel comme on tue les vers de terre car on croît qu’ils mangent les racines des plantes. On les tue avec l’un des tout premiers pesticides créé à cette fin, comme on soufre ou noie les abeilles.

Depuis 2014 et Aux sources de l’agriculture, vous publiez à ce sujet un livre tous les ans, quel message voulez-vous faire passer ?

— Que l’agriculture est une science du compromis permanent, un art qui réclame de la culture pour être durable. Le monde du vivant fonctionne en mode ingestion & digestion & excrétion, un monde qui passe son temps à excréter ce qu’il ingère, le secret de l’agriculture permanente est là.

L’Éloge du ver de terre se termine par la copie de votre lettre au Président Hollande, et Sauver le ver de terre commence par celle adressée au Président Macron. Pourquoi les interpeller ?

— Deux raisons. La première, le modèle agricole est le fruit d’une décision politique soutenue par un environnement juridique approprié. Par conséquent, pour réhabiliter le ver de terre dans l’agriculture, nous devons également sensibiliser ceux qui font les lois et les règles pour qu’ils acceptent de le réintégrer. Sans oublier ceux qui les conseillent.

En effet, dans une interview publiée par Paris Match le 3 sept. dernier, Nicolas Hulot, l’ancien ministre de la Transition écologique, a dit que la patronne de la FNSEA était plus ouverte aux changements que certains hauts fonctionnaires à l’agriculture… Finalement, ce sont eux les gardiens du temple.

La seconde est plus littéraire. Et si le fil rouge de l’Éloge était basé sur une conversation avec un ver de terre…, Sauver le ver de terre s’appuie mes échanges épistolaires avec les pouvoirs publics, puisque l’année dernière, le ministère de l’Agriculture m’a officiellement fait part de sa position sur le ver de terre.

Télécharger les Questions-réponses en PDF, lire la fiche de présentation du livre ou découvrir les offres dans la boutique du Jardin.

2 thoughts on “Questions-réponses à propos de Sauver le ver de terre

  1. Bonsoir, je suis ouvrier viticole dans le cognac et jardinier amoureux de la nature. J’aimerais faire la demande pour votre prochain livre. Je n’ai pas trouvé sur le site educagri comme vous l’indiquer. Merci d’avance et merci pour votre implication et votre partage de connaissance. C’est très inspirant. Bonne soirée

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