Un livre gratuit sur les buttes de permaculture : sont-elles une alternative à la crise agricole ?

Sorti le 19 avril 2020

Écrit en pleine tourmente planétaire, ce petit livre vous est offert ; une manière pour nous de faire « notre part ». Merci à tous les confinés qui se sont généreusement mobilisés pour le faire exister ; merci à « l’homme qui murmure à l’oreille des légumes » d’avoir réagi au pied levé pour en écrire la préface, merci Xavier Mathias

Contexte

Figure de proue de cette agriculture propulsée aujourd’hui par certains comme un remède à la crise agricole, la butte de culture, dite butte de permaculture, est soi-disant porteuse d’un autre paradigme. Mais qu’en est-il réellement ? Notre futur dépend-il de son avenir agricole ?

Xavier Mathias

Auteur, formateur, chroniqueur, conteur et maraîcher bio, Xavier est celui qui nous met l’eau à la bouche le dimanche matin dans On va déguster, l’émission de François-Régis Gaudry sur France Inter.

C’est le meilleur d’entre nous sur ce terrain, tant il parle avec passion de la carotte, de la patate ou de l’asperge, comme d’autres s’enflamment pour le loup ou le renard. Et loin d’écrire une préface insipide, il a préféré se poser la question que nous devrions tous nous poser : faut-il « Observer et interagir » ou « Copier/coller » ?

Sommaire

  • Préface de Xavier Mathias …………… 4
  • Avant-propos …………………………. 6
  • Un écosystème intestinal …………….. 7
  • Remontons la roue du temps ………… 8
  • Qu’importe ! ………………………… 10
  • C’est en forgeant qu’on devient forgeron ……. 10
  • Créer une butte de culture traditionnelle .….. 11
    • La butte, objet de tous les fantasmes
    • Une butte n’est pas un logement social
    • Elles dialoguent, séduisent, pensent…
    • Comment les anciens créaient-ils des buttes ?
  • L’arbre qui cache la forêt ! …………………… 14
    • Butte ou planche de culture ?
    • Déshydratation des buttes
    • Buttes et jardins-forêt
    • Que faire avant d’en faire une ?
    • La racine, un intestin inversé
  • Interview de Claude Bourguignon ………… 17
  • Observons le fonctionnement d’une forêt 18
  • Conclusion …………………………………… 18
  • Épilogue ……………………………………… 19

l’agronomie

Certes, c’est une science dédiée à la production d’aliments, la science de l’agriculture, mais plus qu’une science et dans la grande tradition des anciens agronomes, pour ma part, c’est un art, celui de cultiver la Terre pour la rendre fertile, l’art de créer des milieux durablement abondants en nourriture. Une position argumentée dans ce livre et dans Sauver le ver de terre, l’un des premiers marqueurs de la biodiversité, sorti le 19.09.20

16 thoughts on “Un livre gratuit sur les buttes de permaculture : sont-elles une alternative à la crise agricole ?

  1. Loin de mon carré de verdure pendant cette période de confinement où mes tentatives de jardinage ont été des échecs (terrain pas facile, en pente, calcaire, plein soleil ou sous des arbres dont 3 noyers…) mais avec d’heureuses expériences apicoles avec des ruches Dadant, keneyanne et Warre, j’ai pris le temps d’étudier la permaculture virtuellement forcément, avec des MOOC très intéressants (université colibris) mais aussi tout ce flot vidéos streamées qui vendent un certain rêve.

    ALORS GRAND MERCI POUR CE PETIT LIVRE QUI REMET LES IDÉES EN PLACE!

    Il est bon de rappeler que la pensée n’ai pas unique et universelle. Rappelons nous des techniques de nos anciens proches (formidable façon de recréer du lien d’ailleurs) et plus lointain. Mais n’oublions pas que la vie n’a jamais été “aussi rose” que maintenant (cf Histoire des paysans de France de Claude Michelet).

    Pas de solution miracle, des solutions locales, à moi de trouver celle qui correspondra à mon carré de verdure… En échangeant avec de vrais gens .

    Bonne journée

  2. Merci pour votre livre, dont je fais volontiers la “pub” sur un site que nous gérons collectivement : http://www.liendesterroirs33.fr/la-butte-objet-de-tous-les-fantasmes/
    et puis qui me fait réagir … par exemple : “la destruction temporaire de l’écosystème” me fait penser à une forme d’agriculture “hors-sol”, c’est-à-dire pas tout-à-fait sur le principe de la “bio” qui est plutôt le “lien au sol”, ce qui est aussi essentiel à l’aspect “organoleptique”, je veux dire, les saveurs et, là, un exemple, c’est la vigne qui plonge ses racines bien profond pour donner toutes les saveurs d’un terroir, non ? Connaîtriez-vous un livre, “permanent agriculture in china, korea and japan”, F.H.King, 1911 que j’aimerais bien lire … en français ! cordialement, antoine

    1. Bonsoir Godel,

      Merci pour votre message.

      Non, je ne connais pas ce livre, et, à ma connaissance, il n’existe pas de traduction française. Pour ceux qui se sentiraient l’âme traductrice 🙂 https://www.biodiversitylibrary.org/item/60362#page/20/mode/1up

      Nous avions fait traduire une partie d’un livre publié en 1910 : La fertilité du sol et l’agriculture permanente, du Dr Cyril G. Hopkins http://www.lejardinvivant.fr/2019/05/28/sols-la-premiere-alerte-date-de-110-ans/

      Belle soirée

    2. Ceci est une réponse à Admin: 466 pages, ça fait vraiment beaucoup à traduire !! Toutefois, si l’une ou l’autre page vous intéresse en particulier, je suis partante pour vous la traduire en français.

    3. Merci Jay pour votre proposition, mais nous avons notre traducteur…

      Effectivement, 466 pages, c’est un travail titanesque… Belle journée

    4. Bonjour godel
      Peut etre que cous pensez au livre “la révolution d’un seul brin de paille”
      Massanobu Fukuoka

    5. “l’aspect “organoleptique”, je veux dire, les saveurs et, là, un exemple, c’est la vigne qui plonge ses racines bien profond pour donner toutes les saveurs d’un terroir, non ? ”

      Pour le vin, peut-être, voire sans doute et sûrement pas que (Cf taux d’alcool, travaux de l’INRA démontrant l’incidence de l’enherbement, défavorable au rendements et favorable au goût, etc). Mais pour le raisin de table, et tous les autres fruits et légumes pour lesquels j’ai pu faire des comparaisons, l’organoleptique tient essentiellement (si pas exclusivement) au génome.

      Preuve par des quantités de produits hors sol, à commencer par tomates, raisins, aromatiques, etc… que j’obtiens en jardinière en “sol vivant” (substrat humifère grouillant de bestioles, bactéries, champignons, etc) ET, à une autre époque, dans des billes d’argiles sur fond d’eau enrichi d’engrais tout ce qu’il y avait de minéral.

      À génome strictement identique la technique culturale ne dégrade le goût que lorsqu’elle se mêlent d’augmenter la productivité car in fine, à graine et stade de maturité égaux, la différence se fait dans le rapport matière sèche sur masse fraîche, plus y a d’flotte, moins y a d’goût.

      Pour contextualiser cet avis : ma première raison de faire pousser fruits et légumes étant le goût, je suis peu suspect d’indulgence en la matière. Car ce n’est qu’à la seconde, être sûr de ne pas m’empoisonner, et à la troisième, vérifier la possibilité de produire sans intrants industriels, que je dois de m’enquiquiner à produire sur “sol vivant”, en jardinière comme au jardin.

  3. Bonjour,

    Je cultive en planche que j appelle vulgairement des jardinières sans fond.
    Et après lecture de votre livre, j ai l impression d’avoir empoisonné mon sol avec le bois, les branches et la tonte.
    Du coup, je ne sais plus quoi penser.
    En tout cas, il est très bien écrit bravo.

  4. Bonjour,
    Je vous remercie de nous permettre ainsi d’améliorer notre jardin.
    tout plein de bonheur à vous et vos proches!
    Marie-Laure

  5. Bonjour,
    Je regarde depuis quelques mois les vidéos de “permaculteurs” ou de maraîchers sur sol vivant, mais aussi les conférences mises en ligne de Konrad S, ou de Marceau… Après des études de droit, puis militaire et responsable immobilier, je suis devenu spécialiste du traitement des nuisibles. Cet éclectisme me guide dans la lecture de votre ouvrage.
    Je tiens à vous remercier pour votre publication. Je ne partage pas intégralement votre opinion au sujet des buttes de culture. L’artificialisation des sols de cet ordre est ancienne et permet de produire assez rapidement sans s’occuper de la nature des sols.
    Ceci dit, je suis d’accord avec vous sur l’intégrisme de la butte chez les médias et réseaux revendiquant un esprit permacole.
    Quand je regarde la ferme du bec halluin, c’est propre, organisé, productif, en polyculture, avec de la traction animale… C’est très chouette. Et il y a des buttes (peu semble-t-il), des planches, des serres et de l’intelligence.
    Donc merci pour votre livre qui m’ouvre encore un peu plus sur ma quête de sens.
    Au plaisir.
    Maxime

  6. Bonjour,
    Merci pour cette approche que je partage à 100%. Pour rejoindre le commentaire pus haut, une version papier “intégrée” à une “mise au point” plus large sur cette “marchandisation récupérative” et dévoyante de la “permaculture” et les idées reçues de cette nouvelle “religion” serait une belle initiative. Probablement pas toujours bien reçue (le ton Gatineau aidant 😉 ) mais combien salvatrice pour de bonnes pratiques réfléchies permaculturellement c’est-à-dire tout bonnement de bon-sens. La mode “permaculture” éloigne nombre de gens d’une réalité décourageante à terme pour ceux-là … participant ainsi à une dévalorisation des connaissances et savoirs-faire à coups de formations aliénantes et surtout coûteuses. Ceci participant aussi à la fluctuation des prix des espaces que d’autres pourraient cultiver avec bon sens, eux, pour leur propre survie… les savoirs se partagent ils ne se marchandent pas … merci encore pour votre démarche … En Belgique, les terres libres sont rares et chères, souvent accaparées par des “rêveurs” permaculteurs convertis par les dernières messes du genre, les formations “es permaculture” “es brols & machins” foisonnent et nombre d’entr’elles ne propagent que du faux non démontré en pratique et donnant droit à des “certificats” ou “diplômes” es ceci, es cela distribués par les “universités” en permaculture … qui feront bientôt “la norme” pour l’obtention de permis de cultiver son jardin … voilà notre monde … bon con-finement 😉

    1. Bonjour Philippe,

      Pour répondre à votre suggestion de publier sur papier ce travail, et cet envers du décor, il me semble que j’ai été le premier à écrire dès 2013 sur le sujet.

      Avec ce confinement, et à juste titre, vous avez dû entendre les libraires se plaindre ; mais qui s’inquiète de ceux qui cultivent les mots ?

      Comme en agriculture, entre le consommateur et le cultivateur, il y a plein d’intermédiaires… Pas d’AMAP, et la vente directe est très compliquée. C’est un vrai problème sociétal, où le commerce prime dans tous les domaines sur ceux qui créent la ressource. Alors, dans certains cas, comme celui-ci, c’est paradoxal, mais c’est plus “rentable” de donner son travail… Bref, belle soirée

    1. Bonjour Vincent,

      Aucune idée, nous n’avons pas encore eu le temps d’y penser… 🙂

      Notre objectif était vraiment de le sortir pendant cette période où chacun a du temps pour réfléchir sur ses propres pratiques.

      Belle fête à la grenouille ! Cg

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