30 octobre 2018, ce jour où la France aurait pu basculer dans l’agroécologie

Ce jour-là, enfin quelques jours plus tôt, “ils” avaient discrètement refermé la porte sur cet autre modèle de développement agricole. Le 1er janvier 2019, je publiais sur “ils”, mais peu de temps après, la belle audience de mon blog est partie en fumée… Explication. Bref, sur la base d’éléments factuels, je reviendrai sur toute cette affaire dans prochain mon livre : L’Art du bon sens paysan (sept. 2020)

Ci-après, le texte copié-collé dudit article.


Le 25 octobre 2018, coup bas de l’État qui décide de freiner l’enseignement de la préservation de la biodiversité et des sols dans les lycées agricoles, en censurant l’article 86 (entre autres) dans le cadre de la Loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous.

Décision n° 2018-771 DC du 25 octobre 2018

Pourquoi ce frein ?

Parce que la préservation de la biodiversité et des sols est contraire à la Constitution, enfin contraire à une alimentation saine, durable et accessible à tous ! Quand j’écris l’État, c’est un état de l’État constitué de personnes non élues, une élite qui juge les lois de l’État sans avoir à se justifier contrairement à de vrais juges professionnels. Le simple fait de dire : c’est anticonstitutionnel, suffit à leur peine 🙂

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Suite aux États généraux de l’alimentation lancés par le Président Macron, la loi ÉGalim était censée donner plus de sens, mais au fil des débats, elle a fini par être vidée de sa substantifique moelle !

Pourquoi censurer la connaissance ?

Pourquoi décourager plutôt qu’encourager l’enseignement de l’agroécologie dans les lycées agricoles ?

Certains diront que les crétins sont toujours promis à un bel avenir, mais comment ne pas voir le summum de la crétinerie dans cette décision ? Une posture idéologique qui n’aurait fait aucun ombrage aux inquisiteurs du Moyen Âge, quand la connaissance était muselée comme un bourricot castré. En toute logique, l’article sur les semences paysannes a subi le même sort : poubelle !

Pourquoi cette soixantaine de députés et sénateurs Les Républicains a-t-elle imploré la censure comme on réclame une faveur ? Réponse dans mon prochain livre. En attendant, le déficit de démocratie s’est encore exprimé et la stratégie politicienne a payé. On fait croire que, qu’on, mais au final, on ne change rien pour garder le même cap… Et ce communiqué de presse de BASF du 20/12/2018 illustre parfaitement qu’ils restent les maîtres du jeu. Rappelez-vous cette déclaration de leur directeur France : Nous sommes la solution... Éclairante cette démonstration sur le rôle des pesticides dans leur modèle agro-écologique.


Communiqué du 9 janvier 2019

9 jours après la publication de cet article, Libé apporte de l’eau à mon moulin 🙂 Enfin, dénonce qu’en dénonçant une manœuvre politicienne sous couvert d’un vice de procédure, je me suis trompé ! Pourquoi donc l’art. 86 a-t-il été censuré ?

Parce qu’il n’y “aurait” pas de lien, entre l’enseignement des savoirs et une alimentation saine et durable : ” […] par un amendement dépourvu de lien avec le projet ou la proposition de loi “. Sachant que l’érosion des sols prend ses sources dans notre ignorance, c’est donc bien un problème de SAVOIRS, l’ignorance étant une absence de connaissances en la matière. Et le seul rempart contre l’érosion, c’est la préservation des sols. Encore faut-il encourager et généraliser son enseignement dans les lycées agricoles ?


Nouvelle réaction de LIBÉ le 11 janvier !

La journaliste s’acharne en démontrant que je suis un potentiel diffuseur de fake news ; démontre que le Conseil constitutionnel avait raison en supprimant l’article sur l’enseignement de la préservation des sols et de la biodiversité… Et effectivement, elle a raison puisque l’enseignement de l’agroécologie n’a pas été jugé anticonstitutionnel au sens donné par le Code Rural… Un Code qui affirme que les pesticides et les engrais chimiques ont toute leur place dans l’agroécologie. Sauf que ce n’est pas ma conception de l’agroécologie, cette chimie mortifère n’ayant pas sa place dans une agriculture écologique qui collabore avec son environnement.

Conséquence de cette suspicion jetée par Libé sur mon travail, un écroulement de mon audience. 3 jours après, le 14 janvier, France 2 reprenait mes arguments pour dénoncer le comportement partial du Conseil Constitutionnel. Mais le mal était fait.

Cette affaire révèle que si le Conseil Constitutionnel avait fait son travail en pleine conscience, en rejetant la demande mal intentionnée de ce groupe politique, les portes seraient aujourd’hui grandes ouvertes sur un autre modèle agricole, une autre agriculture, un autre futur, une agroécologie sans pesticides ni engrais chimiques.

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