Lettre aux riverains des pesticides enfumés par le gouvernement



Chers riverains,

Quoique vous pensiez des dernières mesures prises pour vous protéger des « effluves » des pesticides lors des épandages, le gouvernement ne les a pas prises pour vous faire plaisir, mais à la demande du Conseil d’État !

26 juin 2019 : « Le Conseil d’État annule en partie l’arrêté réglementant l’utilisation des pesticides, car il ne protège pas suffisamment la santé publique et l’environnement. »

Et cette mise en demeure a été prise en réponse à une coquinerie du Président Hollande qui a voulu faire plaisir aux multinationales en quittant le Palais.

En effet, si l’Assemblée nationale avait voté en 2014 quelques timides dispositions à la discrétion des préfets – pour restreindre leurs usages à proximité des crèches, des hôpitaux et des habitations -, elles ont été discrètement supprimées par arrêté interministériel le dimanche de l’élection présidentielle ! Le 4 mai 2017, jour où il a été mis à la porte avec perte et fracas…

L’État avait donc six mois pour revoir sa copie, sauf que la parade était déjà dans les tiroirs avec les chartes d’engagements nées des États généraux de l’alimentation. Des chartes qui n’engagent que moralement leurs signataires contrairement à la certification AB… à l’exemple des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient.

Et 6 mois (jour pour jour) après la décision de Justice, des mesures sont publiées au Journal Officiel :

La presse titrera sur des distances de sécurité fixées à 5, 10 et 20 m !
Entre les lignes, on lit 0, 3, 5… je lis que les distances seront réglées par les professionnels de la profession, puis soumises à l’avis du public sans obligation de tenir compte… de leurs avis 🙂

Chers riverains,

je reviendrai dans une prochaine lettre sur comment ce nouvel environnement juridique vous bâillonne. Et autant nous étions en droit d’attendre que ce gouvernement renforce les moyens de la Police de l’environnement, autant il a créé la cellule Déméter, une unité spéciale de la gendarmerie pour lutter contre l’agribashing…

Les nouvelles ne sont pas fameuses

Toujours plus en faisant croire
à toujours moins…

Quant au plan national Écophyto lancé en 2008, qui visait à réduire de moitié les pesticides avant 2018, et où 700 millions d’argent public ont été investis, il a été un véritable succès pour les multinationales. Leurs vendeurs ont fait mieux, beaucoup mieux, puisque les ventes de pesticides ont augmenté de 24 % pendant cette période de réduction.

Que retenir ?

Afin de faire ma part dans la lutte contre l’agribashing, j’ajoute que 3 000 agriculteurs seraient anormalement victimes tous les ans de la maladie de Parkinson, et seulement quelques dizaines reconnus en maladie professionnelle. Manifestement, la loi aurait également dû revoir les distances de sécurité entre épandages et agriculteurs…

Rappelons que l’association Phyto-victimes, créée par des agriculteurs empoisonnés par les pesticides, accompagne ceux tombés au « champ d’honneur » dans leurs démarches de reconnaissance en maladie professionnelle.

Que retenir après tout ce charivari autour des distances de sécurité ? Que le gouvernement a décidé de laisser aux adeptes des pesticides le droit de décider de leur avenir ! Enfin, le droit de décider de l’avenir de nos enfants, la génération pesticides.

Chers riverains, en attendant ma prochaine lettre, vous pouvez consulter les textes officiels ici et ici. N’hésitez pas également à déposer vos remarques et suggestions dans les commentaires.

Bien à vous.


Ps. L’illustration de cet article est extraite d’une image créée par le ministère de la Transition écologique. Et elle est trompeuse puisqu’elle montre que la distance de sécurité est au moins égale à une largeur de rampe d’épandage…

One thought on “Lettre aux riverains des pesticides enfumés par le gouvernement

  1. Bonjour.
    Les distances retenues sont en effet de l’enfumage. Franchement, 5 m…..n’apportera rien. Un peu de vent et voilà le voisinage sera “embrumé”, une averse et les pesticides s’écouler ont hors du champ. Ces distances ne sont qu’un leurre. Il faut savoir que lorsqu’un agriculteur traite une culture il n’y a que 20 à30% du produit qui va sur les plantes, le reste se disperse dans le sol, l’air, l’eau. Donc ces distances sont une escroquerie. Il faut, aussi, savoir que les produits utilisés aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux qu’employait l’agriculture il y a, encore, quelques années. Les molécules actuelles sont beaucoup plus “efficaces”, alors si en plus les quantités épendues sont plus importantes, il y a des raisons d’être inquiet.

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