Faune utile des bords de champs. Quand le nuisible est utile !

  • Faune utile des bords des champs
  • ISBN : 9782855576473
  • Auteure : Cécile Waligora
  • Éditions France Agricole
  • Année : 2019

Ce livre ne souffre d’aucune concurrence, puisqu’il est l’unique représentant de son domaine. Cela ne veut pas dire que le domaine d’expertise de son auteure soit de moindre importance, bien au contraire, et bien qu’un certain nombre de ces utiles soient classés comme inutiles par le législateur.

C’est tout de même étrange qu’en sol vivant, la faune vertébrée soit aussi mal prise en compte que le ver de terre et toute sa bande (bactéries, champignons, insectes…) l’ont été des années 50 à 2000 ! Parce que cela n’a pas toujours été le cas.

Socle du bon sens paysan

En effet, sur ce seul critère, d’utile ou nuisible, bon ou mauvais, divin ou diabolique, en 1865, un temps agronomique aujourd’hui considéré comme archaïque et périmé, dans « Le Livre de la ferme rédigé par une réunion d’agronomes, de savants et de praticiens », sous la direction de l’agronome et activiste politique, Pierre Joigneaux, pas de classification, d’ordre, d’injonction, de systématisme, de simplicisme, de couperet, tout est dans la nuance et le discernement, l’observation de la situation, la libre pensée, socle du bon sens paysan. Extrait.

1865 « Au sujet des animaux vertébrés sauvages utiles ou nuisibles à l’agriculture, peu d’animaux peuvent être qualifiés absolument de nuisibles ou d’utiles. Ils ne méritent, en général, cette dénomination qu’à un certain degré, ou à un certain point de vue. (…) En ne considérant, que les intérêts de l’agriculture et de l’économie rurale, nous trouvons des espèces qui sont utiles dans certaines circonstances, et nuisibles dans d’autres : qu’il nous suffise de citer pour exemple les taupes, les belettes, les corbeaux, les moineaux, etc.

Chercher à discerner le juste de l’injuste est ici synonyme de constater nos véritables intérêts, car l’homme méconnaît trop souvent ses amis et ses ennemis, en agriculture comme ailleurs. Nous aurons quelquefois des préjugés très répandus à battre en brèche, de pauvres innocents à réhabiliter. D’autres fois, en comparant les services que rend telle espèce et les torts qu’elle cause, nous serons embarrassés pour décider de quel côté penche la balance, et si l’animal doit être protégé ou proscrit. Le jugement peut d’ailleurs être différent selon les circonstances locales et le genre de culture adoptée.

En général, on peut avancer que les animaux insectivores, et dans une certaine limite les carnivores, sont utiles à l’agriculture, et que les animaux granivores, frugivores et herbivores, aussi avec certaines restrictions, lui sont préjudiciables. »

Quant aux omnivores, au régime alimentaire très varié, c’est ceux-là dont la cause est la plus difficile à juger équitablement. « La vie est courte, l’art est long, l’occasion fugitive, l’expérience trompeuse et le jugement difficile » pensait Hippocrate 2 000 ans avant. Mais nos élus de la République ne sont pas des Hippocrate, le doute ne les étouffe pas, et le renard doit être génocidé ! Si jusqu’au 19e siècle, paysans et intellectuels savaient que la culture est logée à la même enseigne que la musique, qu’il ne suffit pas de la connaître pour savoir en jouer, présentement, nos décideurs en jouent sans la connaître ou en pleine connaissance de cause.


Faune utile des bords de champs

Description

Renards, belettes, chouettes ou chauves-souris : tous font partie avec tant d’autres de la faune vertébrée de nos campagnes. Beaucoup font encore l’objet de bien des idées reçues. Beaucoup voient aussi, de plus en plus, leurs populations décliner. Plusieurs raisons expliquent cette érosion de notre biodiversité « ordinaire », la principale étant la modification de leur habitat, l’agroécosystème.

Ces espèces sont pourtant d’une grande utilité pour l’agriculture. La plupart, prédatrices, contrôlent les populations d’autres espèces occasionnant des dégâts aux cultures. Alors, indésirables ou auxiliaires ? Nuisibles ou utiles ? Ce livre vous apporte des réponses et doit changer votre regard et votre action vis-à-vis de cette faune…

Dans cette deuxième édition, l’auteur, après avoir donné des éléments sur la biologie et le comportement de ces espèces, vous propose de les réinviter dans vos agroécosystèmes en aménageant ces derniers mais aussi en adaptant certaines des pratiques agricoles.

Cet ouvrage s’adresse aux acteurs principaux du monde agricole, les agriculteurs, et tout autant à leurs conseillers. Mais ce livre est aussi fait pour les enseignants, les étudiants et, d’une manière générale, pour toute personne qui s’intéresse à son environnement et à son agriculture.

Que dire de plus ? Que l’auteure éclaire encore plus loin, qu’un écosystème commence par l’inter connectivité et l’interdépendance des êtres qui le composent. Et en stigmatiser certains comme nuisibles, c’est le rendre un peu boiteux et susceptible de consommer certains pesticides ou fortifiants pour le rééquilibrer.

Et le renard est à ce sujet un cas d’école, puisque nous payons tous son génocide à travers nos impôts. Lire pourquoi

Et pour clore sur le livre de Cécile, 2 points qui ne la concernent pas directement : il est un peu cher – 29€ – comme tous les livres de cet éditeur, et la mise en page est basique. Pour le reste, ce n’est que du très bon.

2 thoughts on “Faune utile des bords de champs. Quand le nuisible est utile !

  1. Comme j’aime “Le Socle du bon sens paysan”, c’est on ne peut plus étrange que le 20 siècle ne se soit pas rappeler de ca !
    J’aime beaucoup votre blog, je l’ai mis dans mes préférés. Amicalement,Bernard.650

    1. Merci Bernard,

      Ce passage, dont vous faites référence sur le bon sens paysan, est extrait de mon prochain livre…. 🙂 Belle journée

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