5 idées reçues sur les légumineuses

Un article proposé par Cloé Paul-Victor, docteure en sciences naturelles et auteure du blog de vulgarisation scientifique, Le Labo insolite


Le mot “légumineuse” est familier pour beaucoup d’entre nous. Il est associé à un certain nombre de concepts et de clichés pas toujours représentatifs. Afin de rafraîchir nos mémoires, voici quelques idées reçues à propos des légumineuses.

1 – Une légumineuse est une petite plante herbacée annuelle

Une légumineuse n’est pas forcément à l’image de la petite plante verte, elle désigne une plante de la famille des “Fabaceae”.

Cette grande famille comprend, certes des plantes herbacées à l’exemple de la luzerne, le lotier ou la vesce, mais aussi des arbustes et des arbres (robinier faux-acacia, mimosa, arbre de Judée, rooibos…), et des plantes grimpantes ou semi-grimpantes (glycine, lentilles, vesces, haricots…). Les formes de croissance sont donc très diversifiées.

2 – Les légumineuses sont les seules plantes à fixer l’azote

Cette capacité à fixer l’azote atmosphérique grâce à des associations avec des bactéries n’est pas l’exclusivité des légumineuses.

Il existe des plantes qui ne font pas partie des légumineuses et qui ont la capacité d’établir des symbioses avec des bactéries pour fixer l’azote (ex. les plantes du genre Parasponia de la famille des Cannabaceae avec les bactéries du genre Frankia). Ces bactéries Frankia sont également capables d’établir des symbioses avec des plantes non légumineuses de six autres familles : Betulaceae (famille du bouleau), Casuarinaceae (famille du filao à Madagascar), Myricaceae (famille du piment royal ou Myrica gale), Eleagnaceae (famille des eleagnus), Rosaceae (familles des rosiers) et Rhamnaceae (famille du nerprun).

Enfin, certaines céréales (riz, maïs et blé) sont capables d’établir des associations avec des bactéries fixant de l’azote (bactéries diazotrophes), améliorant ainsi leurs croissances. On parle alors “d’associations”, car les bactéries restent libres et ne rentrent pas à l’intérieur des racines des plantes contrairement aux symbioses.

3 – Une légumineuse, ça fixe forcément l’azote

On a tous en tête l’image de la plante légumineuse qui fixe l’azote atmosphérique par ses nodules racinaires. Mais ce n’est pas un passage obligatoire pour la plante.

A noter que la symbiose entre les plantes légumineuses et les bactéries Rhizobiaceae n’est pas obligatoire. Les plantes de légumineuses germent et se développent sans Rhizobiaceae et peuvent continuer leur cycle de vie sans aucune association.

C’est surtout en conditions où l’azote vient à manquer que les organismes cherchent à mettre en place une symbiose en activant des signaux spécifiques.

Si votre terre est saturée en apports azotés (assimilables par la plante), les symbioses auront du mal à se mettre en place, car la plante n’aura aucun intérêt à établir un partenariat avec les bactéries si elle possède déjà ce qu’il lui faut.

4 – Les légumineuses fixent l’azote avec n’importe quelle bactérie

Toutes les bactéries de la famille Rhizobiaceaene ne sont pas compatibles avec toutes les espèces de légumineuses.

Cette association légumineuses-bactéries est très spécifique, car chaque souche de bactérie est compatible avec un nombre bien précis de plantes hôtes. Certaines associations sont plus “rentables” que d’autres, car certaines bactéries fixent plus efficacement que d’autres.

Mais certaines plantes sont beaucoup plus restrictives dans leurs rôles d’hôtes. C’est le cas pour les vesces (genre Vicia), pour les trèfles (genre Trifolium) et surtout pour les plantes du genre Cicer dont la plus connue est le pois chiche (Cicer arietinum). Ainsi lors d’utilisation d’espèces de légumineuses, par exemple en tant qu’engrais verts, il est préférable de favoriser des espèces adaptées à votre terrain (climat, type de sol…) au risque de ne pas avoir les bactéries correspondantes et donc pas de symbiose naturelle optimale.

5 – Les légumineuses font toujours de bonnes associations

Comme dans toute coopération, il arrive que le contrat ne soit pas toujours respecté. Il y a à la fois des coûts et des bénéfices pour la plante hôte ainsi que pour les bactéries.

Parfois, la bactérie installée ne fournit pas sa part (pas de fixation d’azote). Les bactéries “tricheuses” produiraient ainsi des nodules non fixateurs, ce qui ne donnerait aucun avantage à la légumineuse hôte tout en ayant un coût pour la plante.

Pour en savoir encore plus… 🙂

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D’autres ont déjà publié, comme Gilles Domenech sur l’azote produit par les vers de terre… (40 000 vues), ou interviewé, comme Céline Pélosi sur les enchytréides, Claude Bourguignon ou Pierre Rabhi.

Je serai mercredi prochain l’invité de la Recyclerie dans le 18e à Paris. De 18:30 à 20:00. Entrée libre. Réservation en ligne

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