Une étude réhabilite le Roundup comme un produit sain !

Dans l’étude publiée le 16 juin dernier, les chercheuses finlandaises n’ont fait ni dans la nuance ni dans la dentelle, car, selon elles, comme dans le cochon, tout est bon dans le glyphosate.

À l’heure où l’Autriche vient de l’interdire, cette étude ne pouvait pas mieux tomber pour ses défenseurs.

Troublant, sauf pour le comité scientifique de Nature qui a validé sans broncher cette nouvelle virginité offerte au Roundup.

Pas de traces !

Et plutôt que d’en repeindre la façade, les chercheuses ont choisi de raviver ses couleurs d’origine pour rappeler que le Roundup est un produit qui ne laisse pas de traces dans la Nature, totalement intégré aux écosystèmes, donc biodégradable et inoffensif pour la faune.

Cette étude est si grotesque qu’elle donne tout de suite envie d’en gratter le vernis. Et là, grosse déception, c’est la faute de goût, il ne tient pas.

Soufflés ou inspirés, qu’importe, certains postulats portent encore l’étiquette Monsanto, à l’exemple de l’absence de traces, la biodégradabilité, qui avait déjà valu à la firme une condamnation pour publicité mensongère. Le 6 oct. 2009, 15 000 € d’amende. Ridicule, vu les enjeux financiers. D’ailleurs, cet argument commercial est toujours d’actualité :

La biodégradation est un processus naturel qui peut exiger du temps… Si le glyphosate n’est pas « facilement biodégradable » au sens réglementaire, il se dégrade bel et bien dans l’environnement par la voie biologique grâce aux micro-organismes. Lire mieux comprendre le glyphosate. P. 11

Et p. 22, roule ma poule, le glyphosate est toujours considéré comme inoffensif pour les abeilles, puisque l’état d’ivresse n’est pas un délit chez les insectes. Ce n’est pas la route qui tue, mais l’usage que l’on en fait. Oui, le glyphosate tue l’abeille suivant l’usage.


Extraits de l’étude

… the effects of Roundup on soil fauna and functioning were minor and transient and no glyphosate remains were found in the soil at the end of the experiment. These results suggest that side-effects can be minor and glyphosate degradation effective also in soil under northern climatic conditions.

Les effets de Roundup sur la faune et le fonctionnement du sol étaient mineurs, éphémères et passagers et aucun reste de glyphosate n’a été trouvé dans le sol à la fin de l’expérience. Ces résultats suggèrent que les effets secondaires peuvent être mineurs et que le glyphosate se dégrade efficacement dans les sols soumis à des conditions climatiques nordiques.

When ending up in the soil, glyphosate is quickly adsorbed to soil particles and has a low probability of leaching along with surface waters or downwards into the soil profile. Glyphosate is also vulnerable to microbial degradation and its main degradation product, aminomethylphosphonic acid (AMPA), is strongly adsorbed to soil solids. For these reasons, glyphosate has generally been regarded as an environmentally safe herbicide.

Lorsqu’il se retrouve dans le sol, le glyphosate est rapidement adsorbé par les particules de sol et il a une faible probabilité de se retrouver dans les eaux de surface ou les nappes. Le glyphosate est également vulnérable à la dégradation microbienne et son principal produit de dégradation, l’acide aminométhylphosphonique (AMPA), est fortement adsorbé par les solides du sol. Pour ces raisons, le glyphosate a généralement été considéré comme un herbicide sans danger pour l’environnement.

Vulnérable à la dégradation, il fallait oser 🙂

Our results give rise to three conclusions… First, terminating primary production by killing plants has drastic effects on soil heterotrophic organisms and the processes they govern. Distinguishing these effects from direct glyphosate effects is therefore profoundly important when evaluating glyphosate risks in soils.
Second, it appears that the glyphosate that enters the soil can be quickly degraded also under northern climatic conditions.
Third, when glyphosate degradation is effective and Roundup is used within recommended limits, the effect of weed control with Roundup likely has minor and transient effects on the structure and functioning of food webs in agricultural soils.

Nos résultats conduisent à trois conclusions.

1. Mettre fin à la production primaire en détruisant des plantes a des effets dramatiques sur les organismes hétérotrophes du sol et sur les processus qu’ils régissent. Il est donc extrêmement important de distinguer ces effets des effets directs du glyphosate lors de l’évaluation des risques liés au glyphosate dans les sols.

Une première conclusion pernicieuse, voire vicieuse, car les auteures de l’étude ne pouvaient pas ignorer les travaux publiés par leurs confrères sur les effets secondaires du glyphosate sur les insectes pollinisateurs.

2. Il apparaît que le glyphosate qui pénètre dans le sol se dégrade rapidement, même dans des conditions climatiques septentrionales.

Les “pisseurs” volontaires apprécieront, enfin les “pisseurs” involontaires de glyphosate, puisque le glyphosate se retrouve dans le sang de 100 % des personnes testées en France…. De la même manière qu’il se retrouve dans un tiers des couches jetables pour les bébés, dans les tampons et les serviettes hygiéniques, le nectar des fleurs, le miel, … Mais comme le rappelle la firme : “La biodégradation est un processus naturel qui peut exiger du temps…”

3. Lorsque le glyphosate se dégrade efficacement et que Roundup est utilisé dans les limites recommandées, le contrôle des mauvaises herbes avec Roundup a probablement des effets mineurs et éphémères sur la structure et le fonctionnement des réseaux trophiques dans les sols agricoles.

La rhétorique est magnifiquement huilée. Et pour que l’ivresse soit totale, les scientifiques n’ont pu s’empêcher ce joli coup de canif dans le dos de l’agriculture biologique.

We found that killing plants by hoeing had drastic effects on soil fauna and functioning,

Nous avons constaté que le binage des plantes avait des effets dramatiques sur la faune et le fonctionnement du sol.

En conclusion, l’avenir des sols sera glyphosate ou ne sera pas ! 🙁

Parce qu’il n’y a pas de fumée sans feu, voilà comment une seule étude, même minuscule, met le doute sur le travail indépendant et honnête de centaines de scientifiques. Et mettre en doute, c’est mettre en joue pour jeter le discrédit et salir en tout conscience.

Dans l’Éloge de l’abeille, un chapitre est consacré à cette stratégie militaire utilisée à des fins commerciales, et qui consiste à affaiblir “l’ennemi” en diffusant de fausses informations pour le désorganiser.

5 réflexions sur “Une étude réhabilite le Roundup comme un produit sain !

  1. En 2015, le Round’up était donc classé CLP du glyphosate : H318 et H411.
    Soit respectivement :
    – Provoque des lésions oculaires graves
    – Toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme

    Le Round’up, en dehors de son coup de com, a-il reçu un changement de classification CLP ?

  2. Ces chercheuses n’en sont pas réellement, si la pédofaune parviendrait à éliminer toute trace de pesticide, par contre les consommateurs des végétaux traités par ces poisons en tombent malades, voire meurent de cancers très douloureux.

    Selon les enquêtes sur les « Monsanto papers » par Stéphane Foucart et Stéphane Horel, seuls quelques % des scientifiques, de leurs recherches et des revues de publication sont sérieuses et réelles.
    Le CEFIC/Conseil européen de l’industrie chimique est d’ailleurs très bien implanté à Bruxelles (2e plus grande place de lobbying après Washington) et dispose de moyens financier et médiatique pour imposer sa propagande de tout est bon dans les produits de synthèse.

    Selon Mme Horel, c’est du science-washing : les structures officielles de la science pour recouvrir d’un vernis scientifique ce qui relève du lobbying.

  3. Le gros problème c,est que nous sommes dans une économie mondiale avec le profit a tout prix et de n,importe quelle manière alors comme nos dirigeants ont fait en sorte de conditionner chaque individu à produire pour pouvoir manger, se loger, se soigner, bref vivre il y aura toujours des gens pour vouloir croire que l,on ne peut pas faire autrement, pendant ce temps les mêmes qui sortent ces études débiles s,en mettent plein les poches et remplissent leur compte en banque

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