Et si la mort des abeilles n’était pas due aux pesticides…

Ceci n’est pas une fake news 🙂

Oh là là, pas d’emballement, je n’ai pas écrit que les pesticides étaient blancs comme neige, seulement qu’ils étaient peut-être l’arbre qui cache la forêt.

D’abord, rien n’est tout blanc ou tout noir dans cette affaire dramatique, d’autant qu’en matière de pesticides, une étude conjointe de l’INRA, du CNRS et de l’université de La Rochelle, publiée le 25 juin dernier, démontre clairement que l’agriculture bio fait du bien aux abeilles à miel et à la vitalité des colonies.

Ensuite, et même si l’heure des comptes n’a pas encore sonné, ça se bouscule déjà au lavabo pour se laver les mains de causes moins célèbres, plus internes dirons-nous 🙂

Je vous invite donc à prendre une bonne bouffée d’oxygène, votre cerveau va en avoir besoin, car je vous emmène revisiter l’idéologie dominante : à savoir que les pesticides jouent un rôle moteur dans la disparition des abeilles à miel.

A vue de nez, ça semble logique

Ce qui l’est moins, c’est quand un apiculteur bio me dit que les pesticides sont un faux problème dans la mort des colonies. Ça interpelle tout de même. Il ne les défendait pas, et pour cause, il disait seulement qu’ils avaient bon dos.

Ou quand un autre me dit perdre entre 5 et 10 % de son cheptel tous les ans, alors que la moyenne nationale est actuellement de 30 %. Et il n’est pas implanté dans une région à l’abri des pesticides.

À l’inverse, le porte-parole du premier syndicat apicole, non « bio », soutient dans sa tribune publiée le 11 juin dernier dans l’Humanité, que le pire ennemi de l’abeille, ce sont les pesticides. Arf !

Et pour compléter le tableau, un agriculteur non bio, mais raisonnable, qui cale ses pratiques agricoles en fonction du comportement de ses abeilles – il a une douzaine de ruches -, n’a enregistré aucune perte cette année !

N’est-ce pas curieux ?

Il y a des attendus inattendus, comme une sorte de monde à l’envers, avec des « Bio » présentement presque indulgents avec les pesticides !

Mais la première curiosité dans ce monde de ouf, c’est l’image désastreuse dont souffre réellement le monde agricole, alors que l’apiculteur bénéficie d’une image de marque exemplaire. Et dans l’exemple cité, l’agriculteur est loin de celle que la vindicte populaire veut lui coller sur la poitrine.

Laissez-les vivre…

Et quand je demande à l’agriculteur de me révéler son secret pour protéger ses abeilles, il me répond qu’il les laisse vivre leur vie 🙂

Le pire est que cet exploitant agricole n’est même pas une curiosité, puisque de plus en plus veulent cultiver avec la biodiversité. Nous sommes loin de cette tribune publiée dans l’Humanité, où les pratiques agricoles, enfin l’agriculture, les agriculteurs, sont chargées sans discernement.

Ceci dit, soutenir que les pesticides ont un rôle premier dans la mortalité des insectes pollinisateurs est une idée séduisante, car elle débouche sur ce champ des possibles : si on les supprime, on résout le problème. Et du coup, on résout une grande partie des problèmes environnementaux. C’est flatteur pour l’esprit qui n’a pas envie de réfléchir.

Et en ces temps maussades où l’idée de la fin du monde fait recette, elle serait imminente, dans 2 ans selon certains esprits éclairés à la bougie, on comprend mieux pourquoi d’autres s’échauffent autour de solutions robotiques pour remplacer les abeilles. Et le monde médiatique n’est pas en reste, un journaliste plus aventureux que les autres s’étant même étonné que la France prenne du retard dans ce domaine !

Certes, l’idée des drones abeilles n’est pas plus bête que celle qui consiste à croire que la terre est plate, et il est logique que ce nouvel eldorado, estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros, fasse rêver tous les clampins qui assèchent la Terre comme si elle leurs appartenait. Lire l’étude publiée le 14.06.2018 : Pourquoi les drones ne peuvent pas remplacer la biodiversité ?

Une question de culture

« Quant à la culture des abeilles, l’apiculture n’a pas fait dans la demi- mesure, puisqu’elle a basculé d’une absence de culture à une exploitation sans nuance, l’abeille ayant été le premier animal dont l’élevage a été industrialisé dès la seconde moitié du 19e siècle… »

ÉLOGE DE L’ABEILLE. « Si l’usage veut qu’on élève les animaux et cultive les plantes, l’éleveur se distinguant du cultivateur, l’api-culture est l’ensemble des techniques pour cultiver les abeilles ! »

Le sucre,
de l’ensilage pour les abeilles ?

L’ensilage est une méthode de conservation des fourrages en vert, et son développement a accompagné celui des élevages hors sol. Pour faire simple, plutôt que les vaches aillent brouter dans les prés, l’herbe et le maïs sont importés sur le lieu de production où elles restent confinées. Fini le broutage, fini les saveurs d’une fleur ou d’une herbe bien grasse, dans sa mangeoire, comme dans un fast-food, tout a le même goût !

Mais voilà, en passant de la culture à l’élevage d’abeille au siècle dernier, à l’image de ceux de poulets ou de cochons en batterie, l’abeille a du mal à digérer ses granulés… Enfin, le sucre qu’on lui verse dans sa mangeoire à la place du miel !

Et pour parfaire le tableau, en matière de compléments alimentaires, les catalogues apicoles n’ont rien à envier à ceux pour le bétail. Par ailleurs, comment ne pas être sidéré par ces publicités où l’on propose aux apiculteurs une livraison du sucre en camion citerne !

Pourquoi ai-je envie de discuter
de cette hypothèse ?

De celle que la mort des abeilles ne serait pas qu’imputable aux pesticides.

On reproche aux agriculteurs certaines pratiques agricoles, eh bien pourquoi les apiculteurs n’auraient-ils rien à se reprocher ? Personne n’est parfait. Ni vous, ni moi. Sommes-nous plus qu’une somme d’erreurs ?

Pour faire court, je suis contre les pesticides… Et pas un opposant de la dernière heure alors que j’ai été formé à cette pratique ! Mais parfois, il y a des causes qui réclament de se tirer une balle dans le pied pour les faire avancer. Et celle des insectes pollinisateurs le vaut bien.

Outre qu’il est curieux de se tirer une balle entre les deux doigts de pied, et de la nécessité de savoir viser juste au risque de passer pour un… je me méfie comme de la peste des idées prêtes à consommer. Franchement, et vous serez d’accord avec moi, ça fait peur tous ces gens qui sont pris par une idéologie comme la souris à une tapette. Elle aussi avait cru…

Quel est votre secret ?

À l’apiculteur bio dont la mortalité est 4 à 5 fois inférieure à la moyenne nationale dans les mêmes conditions, je lui ai demandé si son secret c’était le sucre bio ?

Pour l’anecdote, comme le soja pour les vaches, du sucre bio le plus souvent importé d’Argentine… Bref, son secret : il ne nourrit plus ses abeilles avec des sirops de sucre depuis 20 ans, et il a arrêté tous les traitements contre l’acarien varroa. Oups !

Pour les têtes en l’air, nourrir veut dire nourrir les abeilles avec du sucre de betterave, de pomme de terre, de maïs ou de canne à la place du miel.

C’ curieux !

D’autant plus que la toxicité des sucres issus de l’hydrolyse du maïs a été mise en évidence dès 2009… Et, à une certaine température, ils pourraient participer à empoisonner les colonies ! Lire l’étude américaine ou l’article de presse.

La littérature scientifique commence à être assez bien documentée quant aux effets toxiques de ces sucres. Lire. De plus, ça tombe sous le sens, plus elles sont nourries à la mangeoire moins elles pollinisent. Mais cette nourriture artificielle dépasse aussi largement le simple cadre de l’alimentation, puisqu’elle est également utilisée comme un outil pour tromper la reine, faire pondre, démarrer, stimuler, accompagner, vivifier…

Et certains apiculteurs tirent la sonnette d’alarme à l’exemple de Vincent Canova, apiculteur de père en fils :

« Aujourd’hui, on est à un rapport de 1 pour 1 : les apiculteurs donnent autant de sucre à leurs ruches que ce qu’ils récoltent de miel. » À lire dans L’âge de faire

Une ressource limitée

À une amie qui me disait manger du miel modérément, une cuillère à café au réveil comme un péché mignon, je lui rappelais que sa petite gâterie était déjà le produit de 40 à 60 000 fleurs… Et ce nombre de fleurs reporté au nombre de cuillères à café et à soupe consommées tous les ans par les français, plus les besoins de l’industrie agroalimentaire, fait qu’il n’y a plus assez de fleurs.

D’ailleurs, en dehors des cultures industrielles type colza ou tournesol, dont 1/4 sont OGM en France et plus des 3/4 soignées aux pesticides et aux engrais chimiques, où peuvent brouter les abeilles à miel pour soutenir les besoins du marché national. Même le fait de remplacer le miel par du sucre ne suffit pas. C’est un problème global et politique.

Comme je l’ai argumenté dans mes 2 éloges, celui du ver de terre et de l’abeille, la première cause de l’effondrement de la biodiversité, n’est pas le climat ou les pesticides, c’est le manque de nourriture. La biodiversité commence à mourir de faim car nous empiétons grave sur ses réserves.

Un insecticide
ne tue pas les insectes !!!

Quant aux pesticides, qui peut encore croire qu’un insecticide ne tue pas les insectes, l’abeille étant un insecte, et un insecte sur quatre un pollinisateur en France.

Tel que je l’ai écrit au président de la République et au ministre de l’Agriculture, au niveau des pesticides, il faut de toute urgence revoir la méthode d’évaluation des risques pour prendre en compte leurs effets secondaires.

Mais une mesure pourrait être prise tout de suite : interdire tous les épandages de pesticides pendant la floraison. Le 23 novembre 2018, l’ANSES, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, a recommandée aux ministres de l’Agriculture et de l’Écologie de prendre cette mesure. LIRE. Mais ils ne l’ont pas prises.

Vu l’urgence, pourquoi font-ils semblant de ne pas comprendre la situation alors que les firmes n’y perdraient rien ? Pas une plume. En revanche, la biodiversité y gagnerait des ailes.


Communiqué. Diffusé le 4 juillet, un reportage de L’œil du 20 heures montre que ce sucre de betterave se retrouve dans 10% des miels français ! Voir.

38 réflexions sur “Et si la mort des abeilles n’était pas due aux pesticides…

  1. Bonjour,
    Je me permets de vous écrire, je débute en apiculture, je prends des cours au rucher école à côté de chez moi. Mais j’aimerais avoir une autre approche, tel que le fait de ne pas nourrir au sirop et avoir plus de renseignements concernant le fait de ne pas traiter contre le varroa. Dans votre article vous citez deux apiculteurs qui ont cette pratique, serait-il possible de me mettre en contact avec eux afin de pouvoir échanger? Par avance je vous remercie
    Cordialement
    Crespo alexandra

    1. Bonjour,

      Il y a un article sur l’apiculture douce dans le dernier n° Des 4 saisons. Vous avez aussi cette nouvelle revue : Abeilles en liberté.

      Et des livres sur les ruches de biodiversité. Belle journée

  2. Bonjour,

    Si je suis la logique des soins contre le varroa, un bon apiculteur ne soigne pas.

    Ok, mais ce bon apiculteur, lorsqu’il est malade, ce soigne t’il lui même? S’il veux laisser faire la nature, il doit agir de même… quand il a faim, va t’il au magasin ou mange t’il que ce qu’il produit? Effectivement une abeilles qui meurent de faim, il faut la nourrir et le varroa n’est pas un parasite de France. Ne pas soigner, c’est engendrer une destruction de ruches entière sur le long terme. Lorsque l’on a un cancer, on peut allez en boîte de nuit… mais un jour on en meure… si on peu le soigner, l’es grand principe son sen fou… on soigne et on tue le varroa pour soigner nos abeilles. Ceux qui sont contre, sont juste ou inconscient, ou on des intérêts tout autres….

    1. Arnaud,

      Un témoignage reste qu’un témoignage, mais tout témoignage doit être pris au sérieux car ces 2 apiculteurs, l’un pro, l’autre non, sont tout, sauf des inconscients.

      En revanche, ce qui fonctionne chez eux, peut être synonyme de catastrophe ailleurs, si l’arrêt des traitements chimiques n’est pas accompagné d’un changement des pratiques : nourrissement, forme de la ruche, race locale… Et parfois, cela ne suffit pas.

      A ce sujet, dans l’Éloge de l’abeille, nous citons le travail du GDA08 qui n’utilisent aucun produit chimique ou naturel sur leurs colonies, mais qui sélectionnent les ruches les plus résistantes.

      Et pour celles qui sont infectées par le varroa, le seul traitement qu’ils font, c’est d’enlever la reine pour la remplacer par une jeune prise dans une colonie qui résiste. Et par cette technique de sélection, ils n’ont eu, si je puis dire, que 25 % de perte en 2018.

      Belle journée

  3. A boire et à manger à la lecture de ce document. Beaucoup trop vraiment beaucoup de considérations plus qu’approximatives, loin du daréalité de terrain apicole. Beaucoup de n’importe quoi!

    1. Jacques,

      Vous avez raison, cet article c’est n’importe quoi, des témoignages d’apiculteurs professionnels qui racontent n’importe quoi, des études scientifiques qui racontent n’importe quoi, des pubs pour des camions citerne de sucre, mais où va le monde… Belle journée.

      Ps : la prochaine fois, plutôt que de traiter par le mépris ceux qui proposent d’autres voies pour sauver le monde des abeilles, argumenter les points qui vous semblent incorrects.

  4. Bonjour

    Et la perte de gêne alors !

    L’abeille domestique est sélectionnée pour un certain nombre de qualités comme la vache pour un certain nombre de litres…

    Pesticides + vol de de miel remplacé par du sucre + pesticides + concentration d’essaims sur de petites surfaces + ce que je ne sais pas,
    ça ne peux pas marcher! Bonne journée

  5. tout a fait d accord avec zorguy et je rajouterai qu en est il des traitements “bios” comme l acide oxalique qui est en fait un produit de synthése et pour lequel il faut porter gants lunettes et masque a cartouche, du thymol lui aussi de synthése que les abeilles detestent au point de deplacer le nid a couvain quand on traite avec, de l acide formique toujours de synthése qui tue toutes les abeilles naissantes, je tombe aussi de cul quand j entends que la certif demeter limite l apport de sucre a 20 kg (sucre qui vient d asie ou d amerique du sud) perso j ai une trentaine de ruches, j ai arrété les traitements bios car marre de voir crever mes ruches (50% de mortalité) maintenant elles ont droit a 1 ou2g d amitraze et ensuite detection et je retraite uniquement si toujours infesté quand au sucre j en donne uniquement en cas de disette l an dernier 2kg200 de moyenne par ruche, mes récoltes varient entre 5 et 35kg par ruches en moyenne mon taux de mortalité entre 4 et 10 %

  6. Bonjour,

    Après avoir lu votre article, je souffle un peu. Depuis deux ans je fais des formations, visite des apiculteurs car j’ai un projet qui me tient à cœur, la sauvegarde de l’Abeille noire. En Février de cette année nous lançons un projet de financement participatif pour créer un corridor pour l’Abeille noire, notre endémique Abeille qui souffre des torts théoriques de la production et de l’agressivité et surtout de pratiques désastreuses. Comme je suis entier et c’est un défaut, j’ose expliquer que les pesticides sont un des maux mais pas le principal. L’apiculture est un désastre, et nous lançons le projet avec une envie, faire le point, marquer un temps d’arrêt et faire comprendre que les pratiques sont à la dérive et à la poursuite de la surproduction. Quelques semaines plus tard après bien des critiques nous sommes obligés d’arrêter ce projet que nous avons remplacé par un emprunt bancaire, mais quand on croit à quelque chose, rien ne nous arrête.
    Aujourd’hui nous sommes agréés Ecocert et en transition Demeter pour notre rucher qui passe tranquillement de 9 ruches à 37 et bientôt 42.
    Si je dois remercier bien des gens, les premières pensées iront vers Marc Gatineau qui a travers sa passion et son livre m’a aidé à passer bien des caps, à Gilles Denis, au CNRS et au muséum d’histoire naturelle de Paris. Mon voisin, apiculteur professionnel subit de nombreuses pertes et restreint sa lutte contre l’agriculture mais pas contre ce nourrissement intensif qui dope la production et fragilise les essaims. Pire, le nourrissement rend complètement inutile la transmission de la reine qui, sans sortir de la ruche, en fonction du temps, connaît les rentrées de nectar et pond en conséquence, elle n’a plus à transmettre, son rôle est de pondre, point barre!.
    Alors merci pour cet article, cette goutte d’eau qui vient redonner de la transparence dans les véritables objectifs qu’il nous reste à accomplir!
    Tout ce qui peut mener vers une pratique respectueuse de l’Abeille redonnera du sens à ce noble métier
    Cordialement
    Christophe

  7. Oh oui !
    Je te rejoins dans ce que tu écris là.
    Il semble tellement évident que ces abeilles sont actuellement traitées comme des usines de transformation sucre le moins cher possible >> > miel avec le bénéfice que l’on imagine. Et encore, je sais que les apiculteurs galèrent…
    Les pesticides font partie du problème, évidemment. Rappel de la logique. Un insecticide tue les insectes CQFD . Une abeille est un insecte.
    Et les abeilles sauvages, ne les oublions pas !
    Biodiversité, friches sans biocides, habitats pour elles !
    Merci pour ce que tu fais, Christophe
    Nini – Réseau Hortus

  8. Bonjour,
    petite précision: les «bons» apiculteurs ne nourrissent leurs abeilles au sucre que lorsque elle ne trouvent rien dans la nature pour se nourrir et qu’elles sont à 2 doigts de mourir de faim. Elles mettent un long moment à se remettre de ce stress lié à une famine imminente. Il y a quelques décennies, elles n’étaient jamais confrontées à cet état de famine. Dès qu’on s’approche de zones d’élevage en plein air, chevaux, moutons, vaches… les abeilles trouvent beaucoup de pollens différents et arrivent à récolter des nectars pour se nourrir et «faire tourner la machine» extraordinaire qu’est la colonie d’Apis Mellifera. Donc, bien-sûr il existe des apiculteurs qui ont de mauvaises pratiques et qui exagèrent avec le sirop, comme certains agriculteurs ou certains industriels qui exagèrent… et ce sont eux qui nuisent au plus grand nombre malheureusement. Les mentalités doivent évoluer dans l’interet général, des abeilles, de la biodiversité, de l’humanité et de notre planète. Merci.
    Issa.

    1. Bonjour ,
      Pour être précis (à mon avis)un apiculteur ne peut vendre du miel que si il nourrit au sucre (pour le label nature et progrès 20 kg maxi par ruche )Je ne nourris pas mes ruches et je récolte 10 kg de miel maxi .(cette année en pleine mielle de châtaignier elle n’ont pas encore fais leurs réserves )Si je suis apiculteur je mets la clef sous la porte .Si je suis apiphile je leur prendrais peut être du miel l’année prochaine.Vouloir faire de l’argent dans n’importe quel domaine nuit au domaine.Steiner en parle en 1924 l’abeille ne peut être sauvé que par des personnes désintéressés de l’ aspect spéculatif de l’abeille.

    2. Les prairies naturelles disparaissent au profit du raygrass et autres herbes à chat. Et lorsqu’il n’y a pas eu de semis direct ( les agriculteurs sont limités à une dizaine de plantes, céréales comprises), c’est la fauche précoce qui favorise l’élimination de beaucoup d’espèces qui n’ont plus le temps de se reproduire.
      La santé de l’abeille est compromise par l’effondrement de la biodiversité, adieu scabieuse, lotier et autres plantes pollenifères.
      Dans le Cantal, une région “nature”, pour leurs provisions d’hiver, les abeilles ne peuvent plus compter que sur le tilleul, le châtaignier, et quelques zones non fauchées et non surpâturées, un comble……………..
      la vie des abeilles à l’état naturel est clairement menacée.
      place aujourd’hui à l’apiculture presque industrielle, toujours plus de sélection, d’aliments distribués quand ce n’est pas la transhumance en avion cargo tous les 6 mois entre par exemple, le CANADA et la NOUVELLE ZELANDE , le délire total qui économiquement est à ce jour rentable!
      Pour un chasseur- cueilleur aimant les abeilles, la dragée est dure à avaler.
      En attendant des jours meilleurs, on peut encore rêver…………………

    3. Merci Blarez pour votre commentaire si lucide sur cette fuite en avant.

      J’ignorais la transhumance des abeilles en avion cargo. Avez-vous plus d’info sur le sujet ? Belle soirée

    4. Il fut un temps ou comme tu le dis les espèces végétales, la profusion d’essence permettait aux Abeilles de se nourrir durant une très grande partie de l’année. Les haies, fleurs, plantes médicinales existaient dans l’environnement et si dans les années 50 une Abeille butinait jusqu’à 150 à 180 espèces de fleurs, plantes, arbres dans sa vie, aujourd’hui le nombre est redescendu à une trentaine.
      Faux de penser que les apiculteurs doivent sauver leur ruche qui n’a pas assez de nourriture et remplacer par du sucre. Normalement, il ne faudrait pas poser plus d’une ruche à l’hectare compte-tenu des pertes en bio-diversité, est-ce le cas? De plus quand une ruche rencontre des difficultés, il ne faudrait pas prélever en premier lieu, ensuite effectivement nourrir pour lui permettre de survivre mais la priorité devrait être de lui permettre d’être autonome.
      L’arrivée d’Abeilles issues d’autres races a permis à beaucoup d’apiculteurs conventionnels d’augmenter le nombre d’Abeilles dans les essaims en tout début d’année, l’Abeille italienne par exemple, qui va reprendre très rapidement les pontes et doubler la taille de l’essaim par rapport à notre Abeille Noire. L’inconvénient c’est que cette Abeille fait peu de provision, a plus de mal à tenir les hivers longs et lents, moins marqués en saison. Alors il faut accompagner en nourriture.
      En France, il se vend plus de sucre que de miel et faire une raison du nourrissage pour la rentabilité d’une pratique qui devient une technique est l’écueil que nous devrons éviter dans l’avenir. Le sirop n’a pas de raison d’être, c’est un complément qui modifie toute la structure de la nourriture de l’Abeille, qui modifie son miel, son système immunitaire et l’équilibre des différents sens. Cette pratique mortifère efface les véritables questions: Devons-nous réduire nos cheptels, arrêter de faire des reines pondeuses, réensemencer l’environnement, chercher dans les cas ultimes les recettes les mieux adaptées pour nourrir en cas de disette.
      Je vous répondrais au risque d’irriter, que les bons apiculteurs ont toujours une réserve de miel pour réalimenter les ruches dans le besoin. Une réserve de miel du rucher, mais là ou je vous rejoins totalement c’est qu’avec la concurrence des prix des miels importés, non contrôlés il devient difficile pour l’apiculteur de vivre de son travail. Comme pour tout producteur dans le secteur agricole. Consommer moins et remettre de la qualité dans sa nourriture va faire la différence sur l’état de santé de notre espèce. Donc accepter de payer la qualité et non plus la quantité.

  9. Laissons les abeilles manger leur miel en hiver, c’est la seule solution que le bon sens devrait nous dicter.
    L’hypothèse de leur mauvaise santé due a des sucres qui ne sont pas, et de loin, du miel, me semble solide. Une petite etude comparative serait plus précise et impacterait le milieu apicole de manière perenne. Bravo !

    1. Un apiculteur ne peut vendre du miel que s’il nourrit au sucre… Ceci explique cela. Si vous n’avez pas de miellée suffisante, cela vient de trois facteurs possibles, 1 vous avez posé une ruche sur un secteur surchargé, aujourd’hui, une ruche équivaut à un hectare de surface, vous voulez + de ruches, vous plantez, arborez, etc..
      2 Votre essaim n’est pas adapté à son biotope, direction la race d’Abeille, les éleveurs de mouches à miel choisissent très souvent des races qui démarrent très fort au printemps, qui pondent vite et qui ramènent une bonne récolte, sauf que ces essaims ne connaissent pas les hivers qui traînent et se remettent très mal, elles font peu de réserves et surtout il n’en reste souvent rien donc il faut nourrir à tout va.
      3 On travaille avec la nature, certaines années sont fabuleuses, la présente est plus difficile, il faut accepter de ne pas récolter, alors oui, c’est difficile d’en vivre, mais si vous êtes attentif, ouvert, un peu aventurier, il y a des tas de zones encore pourvues de biotopes porteurs, là, il faut juste pouvoir accepter de laisser ses ruches parfois un peu loin. Le nourrissement est une mesure exceptionnelle et doit rester extrêmement rare, qu’un label tolère 20 kg par ruche et par an est limite scandaleux…

  10. Me disais aussi…

    J’y connais rien mais je dirai tout de mon incompréhension de ne plus voir, l’an passé et ce printemps, aucune abeille sur ma parcelle (les années précédentes il suffisait que j’ouvre mon robinet pour les voir se précipiter sur la pierre de Pontlevoy* que j’ai mis dessous tout exprès pour elles) tout ce qu’il y a de bio et entourée des vignes qui couvrent la quasi totalité de la commune et dont la majorité est passée au bio. Observation que je rapproche des lamentations d’un copain apiculteur et vigneron bio évoquant la hausse vertigineuse de son taux de mortalité et de fuite d’essaim.

    D’où MERCI pour ces premiers éléments de réponses. ET de plaider utilement pour l’interdiction pendant la floraison. Ça aurait le mérite de permettre de vérifier une première relation de cause a effet. Voire d’entendre à nouveau piailler les oiseaux comme dans la campagne de mon enfance.

    * Calcaire dur plein d’infrastuosités à la mode des Meulière qui leur offrent des micro-réservoirs au bord desquels elles peuvent se poser et donc s’hydrater sans risque de noyade.

    1. Merci Béotien,

      11 000 lecteurs pour la seule journée d’hier, des centaines de commentaires sur les réseaux sociaux, beaucoup d’insultes, et vous êtes le premier à souligner qu’une mesurette, comme l’interdiction des épandages de pesticides pendant la floraison, ferait grand bien aux insectes pollinisateurs.

      Mais la majorité des opposants veulent une interdiction radicale des pesticides qui n’aura jamais lieu.

      40 ans que je me bats, 40 ans que nous reculons et que les pesticides avancent… Et le traité de libre échangisme entre l’Europe, le Brésil, l’Argentine et compagnie est une excellente nouvelle pour les FIRMES !

      Il nous faut négocier, ou ils vont finir par avoir la peau de cette planète. Belle journée

  11. La qualité de votre esprit critique est rafraichissante !
    Merci de continuer à nous empêcher de tomber dans le prêt-à-penser, on en a tous bien besoin, à commencer par moi…

  12. Bonsoir très bon article.On parle toujours du bio .qui pour moi pratique depuis plus de 30 ans je pense plutôt à du bio bisnees en lisant l’article de cette personne qui ne traite pas et ne récolte pas donc qui est incaple de savoir si sa ruche a de la varoa de la loque et j’en passe et des meilleurs
    Une des solutions pour se sortir de ce mauvais pas est l’élevage mais j’ai l’impression que personne n’en parle, pas beaucoup de gens savent élever.Ce qui est dommage en apiculture c’est que ce soit des amateurs qui écrivent et non des pros car l’apiculture c’est un métier

    1. Didier,

      Les apiculteurs, dont vous faites référence, sont de vrais professionnels.

      Quant à l’élevage de reines, autant ça a du sens au sein de chaque exploitation apicole, pour sélectionner des animaux adaptés au terroir, autant l’importation de pays étrangers est un non sens comme vous le savez. Belle soirée

    2. Non le Bio n’est pas du biseness! Bien sûr qu’il y a des personnes qui en tirent des bénéfices trop importants mais la plupart des producteurs n’en font pas partie. Je suis en Bio et j’ai des abeilles partout, le bio c’est en premier tout l’écosystème qui est respecté, des insectes qui se déploient, une nature qui revient prendre racine là ou on lui laisse de l’espace. Ensuite ce sont des pratiques avant d’être des produits, les artisans du Bio adorent leurs produits et productions, ils sont fiers d’échanger de voir leurs produits s’enrichir d’un environnement qui renaît.
      Et puis les pratiques sont différentes, le label qui nous suit nous interdit le plastique dans les ruches, le nourrissement évidemment, les cires gaufrées (cires industrielles du coup je répond à un autre commentaire, dire que la construction d’un rayon fait perdre de l’énergie, du miel et du temps est une erreur fondamentale, c’est vérifié et mesuré et j’ai même refais les tests, les abeilles doivent construire leurs rayons), on ne coupe pas les ailes des reines, ne pratiquons pas l’élevage de reines, ne chauffons pas le miel, etc, etc. Donc le Bio est utile et ça évite surtout de marquer “nul” sur le reste des produits. Ensuite, je ne traite pas systématiquement, c’est une erreur grossière que d’appliquer des traitements et d’affaiblir l’ensemble de l’espèce, ça commence à se savoir d’ailleurs, beaucoup de produits ne font plus effet. Vous parlez du varroa, mais imaginez une ruche dans une forme exceptionnelle, qui n’est pas prélevée outre mesure et dîtes vous que sa résistance ne permettra pas l’installation de maladies, tant que l’équilibre est respecté et les Abeilles savent le faire, notre rôle n’est que d’accompagner en cas de fort problème. Du nourrissement, des ouvertures intempestives, des ruches aussi énormes qu’absurdes (Dadant revient à 10 cadres et bientôt moins), des ruches longues à chauffer ou les apiculteurs doivent modifier l’ordre des cadres bouleversant l’organisation, à cela vous rajoutez des traitements très durs à encaisser (même certains traitements dits naturels) pour une récompense en forme de sucre de betterave à la place du miel et vous avez une surpopulation de varroa, un affaiblissement et la loque ou autre maladie qui arrive. Dîtes moi ce que vous mangez, je vous dirais ou vous avez mal…
      L’élevage est déjà un mauvais départ, on élève pas un animal libre, on partage on découvre, on peut effectivement multiplier naturellement une bonne souche mais une abeille reste une abeille, pour l’élevage il y a des vaches et des moutons. Pour un essaim, la multiplication qui est toute naturelle en fait, l’essaimage, la division, c’est très simple à faire, restez respectueux des équilibres et vous multipliez vos ruches facilement et sans mauvaise répercussion sur les écosystèmes car pour “élever” (je reprends votre mot), il faut aussi accepter qu’une ruche ou essaim faible soit victime de sélection naturelle et disparaisse s’il est fragile. Conserver un essaim fragile et malade c’est affaiblir l’ensemble d’un rucher, c’est dur mais c’est le principe de la vie.
      @+

  13. Bonjour, totalement en accord avec vous, j’ai en 2017 installé dans mon jardin une ruche de biodiversité que je laisse entièrement à la disposition des abeilles, je ne récolte pas le miel. très peu de perte et en mai 2018 j’ai eu un premier essaimage, qui s’est renouvelé cette année

  14. Bonjour,
    Je suis complètement d’accord avec vous sur le fait que les pesticides ne sont pas l’unique problème à la disparition des abeilles.

    Comme vous l’avez dit, l’épuisement des sources de nourriture est un véritable problème. Je vis dans un désert vert où les prairies artificielles sont légions et les rares prairies naturelles sont fauchées avant la floraison.

    Autres problèmes dû aux décisions de la PAC, les haies. Car des bureaucrates ont à un certain moment décidé qu’il fallait déduire les surfaces éligibles aux primes. Donc les agriculteurs ont détruits leurs haies et on ne peut pas les blâmer, on aurait tous fait pareilles.

    Là ou je ne suis pas d’accord c’est sur l’analogie du sucre avec la farine animal pour les vaches. Le sucre, ou devrait-on dire les sucres, sont d’origine végétale. Par contre oui la qualité est différente. Le sirop de maïs est indigeste pour l’abeilles (et certainement pour nous), et vous faites l’amalgame avec tous les autres sucres.
    Le sucre bio vient de l’autre bout du monde et donc l’impact carbone est énorme et détruit d’autres espèces. Donc que fait-on ?

    L’apiculture bio devrait être la norme, mais comment dire aux abeilles de ne pas butiner telle ou telle fleurs car elle est non bio selon des critères purement humain. Contrairement à d’autres élevage où les animaux sont parqué et où l’on peut contrôler tous les intrants, l’abeille va là ou elle veut. Un abeille butine dans un rayon de 3 km environ donc, je vous laisse refaire les calculs, elle butine sur une surface de 27 km². Les endroits où en France on a 27 km² de surface bio à butiner sont très très rare. De plus sachant qu’en cas de disette l’abeille peut parcourir jusqu’à 10 km ……
    Quant à ne plus traiter pour laisser faire la nature, beaucoup l’on essayé et beaucoup on perdu 100% de leur abeilles. C’est facile de conseillé cela tant que c’est les autres qui perdent tout leur argent.
    Tout ce pavé pour dire que ce problème est ultra complexe et qu’il y a tellement à changer que l’avenir de nos abeilles est bien noires.

  15. Je le sens exactement comme ce monsieur … Même les goélands qui s’attaquent aux drones, ils cherchent quelque chose à becter. T’es là, dans un monde que tu ne reconnais plus du tout, de plus en plus bétonné, vidé de tous les collègues qui chacun avait sa petite entreprise, y’a plus partout que l’autre nuisible vertical qui fait toutes les conneries inimaginables depuis pas longtemps, hein, mais tellement graves, tellement folles et puissantes dans le reniement du principe de la Vie qui coule largement sur des millénaires pour tous. Du coup, t’essaie de becter ce qui te passe à côté … Merde ! C’est encore un truc à la con qu’ils ont pondu, ces dégénérés …

  16. Quelles révélations !!! Plus ça va, plus on empiète sur la biodiversité en effet ! Ne serait ce que tondre sa pelouse provoque déjà une hécatombe ! Pour l’instant, on fait l’autruche, on continue gaiement à vivre confortablement sans se soucier le moins du monde des conséquences de nos modes de vie, on continue à utiliser des pratiques en agriculture et d’élevages délétères, mais jusqu’où irons nous ? Se réveillera t-on quand on commencera à manquer de ressources ?? Jeble crains…

  17. Bonjour,
    Ce point de vue est intéressant.
    Je pense qu’ il mérite d’être entendu, mais il est dommage de ne pas avoir approfondi la deuxième raison évoquée par votre ami: l’arrêt du traitement contre le varroa.
    Je m’explique: j’ai aussi creusé la question, et je me suis laissé entendre qu’en Turquie, leur traitement anti-varroa était revu à la baisse; il s’agirait de petits balais au dessus de la planche d’envol, qui repose le produit sur chaque abeille. Il va sans dire que leur produit est de ce fait distribué au stricte minimum, et qu’il est, dans sa conception, moins agressif que le nôtre. Il semblerait donc que ce pays qui n’est pas vraiment bio, et qui utilise pas mal de pesticides un peu partout, arrive à maintenir sa population d’abeilles.
    A vérifier.
    Au revoir !
    Jean

    1. Charue,

      Comme indiqué à la fin de l’article, d’autres vont suivre. Quant à varroa, nous détaillons une recherche très intéressante en France dans son Éloge. Belle journée

  18. merci pour vos textes toujours impregnes du bon sens de la nature ,helas et que les enarques n’ont pas et comme aujourdhui nos gouvernants gerent le pays au jour le jour et ne voient pas plus loin que le bout de leurs nez,surtout si on agite du pognon devant eux.je suis toujours impatient de vous lire,merci Christophe

    1. Merci Raymond, car tous les jours on doute de l’intérêt de ce travail…

      Belle journée

  19. Merci pour le recul que l’on prend à la lecture de votre article… en effet, en ouvrant un peu plus les yeux sur les pratiques intensives qui ont appauvri l’agriculture, on comprend que les pauvres abeilles n’en sont pas épargnées… très intéressant et alarmant

    1. Très intéressante approche globale, des infos nouvelles, tentative d’esprit critique (sur l’apiculture).
      MAIS une énorme erreur : « des cultures industrielles type colza ou tournesol, dont 1/4 sont OGM en France«  : les OGM sont interdits de culture en France. Le Tournesol OGM n’existe d’ailleurs pas du tout.
      Le Colza pas en France.

    2. Gérard,

      Vous soulignez une énorme erreur en soutenant qu’il n’y a pas de cultures OGM en France. Sauf depuis la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne du 25 juillet 2018.

      Je vous invite à lire cet article et à consulter la décision de justice qui considère que les variétés obtenues par mutagenèse sont des OGM.

      Belle journée

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