SOLS. La première alerte date de 110 ans !

Fonte des glaces, fonte des sols, c’est la même chose. Et quand ça fond, y’a toujours au départ un être humain qui a fondu les plombs 🙂

Aujourd’hui, on croit que tout fond, s’écroule et s’accélère tout d’un coup, alors que ça date. D’ailleurs, dans l’Éloge de l’abeille, on rappelle que le premier animal dont l’exploitation a été industrialisée dès le milieu du 19e siècle, c’est l’abeille ; et c’était 100 ans avant la vache, le cochon ou la poule.

Quant à la fonte des sols nourriciers, la première alerte a été publiée aux États-Unis en 1910… Et 110 ans après, qu’avons-nous fait ? Rien ! Mieux, ce modèle agricole d’outre-Atlantique, qui fait fondre les sols avant de les envoyer rejoindre les océans, a été exporté sur tout la planète 🙂

Soil fertility and
permanent agriculture

La fertilité du sol et l’agriculture permanente, un livre écrit par le Dr Cyril G. Hopkins, chef du département d’agronomie de l’université de l’Illinois.

Et c’est la première fois qu’un scientifique s’inquiétait de la pérennité de l’agriculture. De sa durée dans le temps. Et de la permanent agriculture naîtra le mot-valise de perma-culture en 1978, puis permaculture en 1988.

Voici quelques extraits de l’introduction, où l’agronome rappelle que l’agriculture est d’abord une activité déficitaire pour le sol.

Dr Cyril G. Hopkins : « Il en résulte un échec final car inévitablement la fertilité du sol s’en retrouve réduite, sauf si des dispositions sont prises pour restaurer et maintenir la productivité. »

« Chaque propriétaire devrait adopter pour sa terre, un système d’agriculture permanent, un système dans lequel la terre s’améliore au lieu de s’appauvrir.»

« Si l’agriculteur doit adopter et maintenir des systèmes permanents d’agriculture rentable, il ne peut pas faire que répéter bêtement des instructions données ; il doit connaître le pourquoi du comment, la raison de faire les choses et l’effet ultime de sa pratique agricole sur le sol. »

Et il déplore que dans son pays, les États-Unis, on n’arrive pas à maintenir la fertilité des sols.

– « Les fréquentes périodes de famine, dans les grands pays agricoles tels que la Chine, l’Inde et la Russie, ainsi que les terres épuisées et les fermes abandonnées de nos propres États de l’est des États-Unis constituent la preuve que la pratique agricole courante réduit la productivité des sols. »

« La règle est que les anciennes terres sont moins productives que les nouvelles. Ce fait simple, bien connu, nous mènent donc inévitablement vers un état de pauvreté, pour l’individu, la famille, mais également pour la nation. »

« Nous pourrions ignorer cela en Amérique pour encore quelques années si nous le voulions, mais avec la productivité décroissante de nos terres et la croissance rapide de la population, la vérité doit nous sauter au visage dans un proche avenir. »

Et il continue sur l’appauvrissement soudain des sols agricoles et sur la nécessité d’aller vers des systèmes d’agriculture permanente.

Ses observations datent de la fin du 19e, début 20e, et elles sont toujours d’actualité puisque nous avons presque épuisé nos dernières réserves de phosphore, et qu’un quart des sols européens sont actuellement en train de fondre…

Si l’art de l’agriculture a détruit la terre, la science de l’agriculture doit la restaurer. Et le phosphore et la matière organique en décomposition sont les deux substances qui constituent la clé d’un système rentable d’agriculture permanente sur la plupart des sols normaux d’Amérique…

La messe est dite.

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