Les usages de l’ortie au 19-ième siècle

Le tome 1 des Misérables est très intéressant, puisque Victor Hugo y liste tous les usages ancestraux de l’ortie. Et en premier, que c’est l’un des rares légumes frais de printemps, de surcroît excellent.

En effet, on a voulu nous faire croire que le purin d’ortie était un secret de grand-mère, alors que son invention est très récente, datant de la mouvance spirituelle des années 70, quand il fallait dynamiser plutôt que nourrir l’écosystème.

Faut dire que dynamiser demande 1000 fois moins de travail… On comprend donc pourquoi certains aient voulu creuser l’idée 🙂

Dans ma famille où l’ortie était utilisée pour récurer les chaudrons en cuivre, jamais je n’ai entendu un Ancien parler de l’ortie comme d’un engrais, un stimulateur, un insecticide, un fongicide…

Non, les Anciens se nourrissant uniquement du produit de leurs récoltes, l’efficacité était requise pour ne pas mourir de faim.


LES MISÉRABLES
Tome I – FANTINE – 1862

Un jour il voyait des gens du pays très occupés à arracher des orties ; il regarda ce tas de plantes déracinées et déjà desséchées, et dit : — C’est mort. Cela serait pourtant bon si l’on savait s’en servir.

Quant l’ortie est jeune, la feuille est un légume excellent ; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres comme le chanvre et le lin. La toile d’ortie vaut la toile de chanvre. Hachée, l’ortie est bonne pour la volaille ; broyée, elle est bonne pour les bêtes à cornes.

La graine de l’ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des animaux ; la racine mêlée au sel produit une belle couleur jaune. C’est du reste un excellent foin qu’on peut faucher deux fois.

Et que faut-il à l’ortie ? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seulement la graine tombe à mesure qu’elle mûrit, et est difficile à récolter. Avec quelque peine qu’on prendrait, l’ortie serait utile ; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue.

Que d’hommes ressemblent à l’ortie ! — Il ajouta après un silence : Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs. 🙂

Une réflexion sur “Les usages de l’ortie au 19-ième siècle

  1. Bonjour,
    merci pour tout ce que vous faites.
    Hugo était un touche à tout génial. Un humaniste touché par la misère bien avant d’écrire Les Misérables. Lorsqu’il y décrit les égouts de Paris, il déplore qu’on envoie à la Seine des quantités d’engrais humain qui seraient utiles aux champs.

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