Pourquoi les loups massacrent les brebis ?

Ça pose question. Pourquoi le loup saute-t-il les plombs en présence d’un étalage de nourriture fraîche sur pied ? Et on doit d’autant plus se poser la question, que beaucoup de citadins le voient aujourd’hui comme un symbole de résurrection ou de résistance de la nature libre et sauvage.

Quand il les saute, devons-nous franchir le Rubicon pour rapprocher son comportement de ceux qui les sautent devant des pots de Nutella vendus à moitié prix ? Ou à l’image du loup de Wall Street, ceux qui à la tête des banques ou des multinationales n’en ont jamais assez…

Bref, pourquoi ces animaux, censés vivre en communion avec la nature, tout d’un coup, abusent du malade, du plus faible, du vieux et du jeune pour les égorger ?

Soif de sang !

Dire que leur but n’est pas de les manger, mais seulement d’en tuer le plus possible, ou de les laisser agonisantes sur le carreau. Dernièrement, dans les Hautes-Alpes, un loup est descendu de sa montagne pour égorger tous les agneaux d’un troupeau. Rien de bien de glorieux, plutôt pitoyable.

Qu’un loup vienne prélever dans un troupeau, à la manière d’un chasseur cueilleur, d’accord, ce serait une perte pour l’éleveur et du stress pour le troupeau, mais au moins, cela aurait un sens, celui de se nourrir. Mais là, que nenni, c’est le massacre, la soif de sang, c’est ce qui choque en premier.

En dépit de cela, on ne pourra jamais empêcher ceux qui vénèrent la nature comme un dieu, mais vivent très loin d’elle, bien protégés dans leurs centres urbains, de refuser de voir le loup sous cet angle, préférant leur imaginaire au monde réel.

Et pourtant, le loup n’est pas le seul a réagir ainsi face à un excès de nourriture. L’espèce humaine réagit pareil face aux montagnes de victuailles présentent dans ses supermarchés. Elle gaspille. Le renard, la martre, la fouine ou la belette ne font pas mieux dans un poulailler. Même le ver de terre se laisse complètement aller quand la nourriture est abondante…

Et ça, nous le savons grâce à Charles Darwin !

Mais comment l’a-t-il su? D’abord, pour ceux qui prennent l’histoire en cours de route, Charles Darwin est le scientifique qui l’a observé le plus longtemps, 40 ans durant !!! Par ailleurs, j’avoue que ceux qui n’ont pas lu son Éloge sont un peu pénalisés à ce stade de la lecture…

En 2 mots, quand le lombric terrestre redescend dans son terrier, il prend beaucoup de soin à refermer son entrée avec de petits cailloux, une feuille, ou un caca en forme de turricule. Mais lorsque le temps est clément et la nourriture grasse, M. Darwin avait observé qu’il était nettement plus négligeant… oubliant par exemple de refermer sa porte.

Bref, le loup a toute sa place dans l’écosystème, à charge pour lui de ne pas en prendre trop, à nous de lui en laisser, à lui de la trouver.

Alors, comment nous réconcilier avec lui, et entre nous, certains voulant l’exterminer ad vitam aeternam quand d’autres prônent sa liberté totale ? Par ailleurs, chacun devrait se souvenir comment les populations de chats et de chiens étaient gérées du temps où elles avaient le droit de se déplacer librement ; et que la stérilisation, la contraception et l’avortement animal n’existaient pas.

Tous les loups ne sont pas des barbares

À notre décharge, l’espèce humaine a cette fâcheuse manie à vouloir tout simplifier. Quand un « manouche » vole une poule… ce sont tous des voleurs de poules. Quand un « arabe » commet un crime, ce sont tous des criminels. Quand un « blanc » est raciste, tous les blancs sont racistes. Aux cerveaux simples, des idées simplistes. Dernièrement, on a même vu surgir le mot :  viandale. Est viandale celui qui mange de la viande, car il vandalise la planète. Ben oui, il fallait y penser 🙁 Bref, pour commettre leurs exactions, ce ne sont pas tous les loups de la région qui se réunissent au plus sombre de la nuit noire comme des loups Garous. NON, dans la majorité des cas, c’est à l’initiative d’un loup. Et nous savons tous que celui qui en a croqué, comme un chien qui a goûté, comme une limite franchie, recommencera. Et ça ne sert à rien d’abattre des innocents pour passer notre colère, ça ne résoudra rien. Un animal qui a goutté, agira comme un tueur en série, il ne pourra s’empêcher, sauf si l’on en empêche.

L’exemple des bergers mongols

Les nomades mongols sont confrontés à un autre problème : ils les vénèrent. Toutefois, ils ont des chiens taillés pour répondre, mais ils vivent avec leurs troupeaux en territoire Lupus… Alors, quand un loup plus hardi que les autres attaque un troupeau, le berger sait que la seule solution est de prendre son fusil pour le tuer avant qu’il ne recommence. Et aussi choquante qu’elle puisse paraître, je n’en vois pas d’autres. Et ceux qui croient qu’il faut laisser faire la nature, qu’elle sait s’auto-gèrer, ils ont effectivement raison. Sauf que dans cette nature sauvage, il n’y a pas de quoi nourrir 8 milliards de têtes, et encore moins pour alimenter ceux qui n’y vivent pas. Rappelons-nous qu’il y a 10 000 ans, la population mondiale était composée de 5 à 10 millions d’êtres humains. Et sans agriculture, la Nature libre ne peut guère nourrir plus de monde.

2 réflexions sur “Pourquoi les loups massacrent les brebis ?

  1. Excellent article,le loup est passé plus d’une fois en Limousin. 2008, brebis dévoré bizarrement à Flavignac, sur le plateau de millevaches, 2006 deux ornithos le croise au détour d’un chemin….2018,mon chien trouve une épaule de chevreuil et deux couches de la nuit du prédateur.depuis 5ans, les chevreuils adoptent un comportement étrange,ils dorment plein pré avec une vigilance accrue. Un chevreuil,tué lors d’une battue .porte des marques au cou…pour expliquer les carnages fait aux troupeau,soit c’est un loup seul qui tape dans la facilité,soit une louve qui apprend à chasser à ses petits. la dispersion du loup en France est naturel,il a sa place pour réguler les animaux malades vieux faibles.la chasse ne fait que dispersés plus loin les meutes qui voudraient s’installer.il va falloir réapprendre à vivre avec le loup et reprendre les pratiques pastorales d’avant…2019 sera l’année de l’implantation de meutes en Limousin,et pas que sur le plateau….il faudra réapprendre au loup a avoir peur de l’homme,et éliminer tout individu trop hardi.partisan du loup, ce magnifique prédateur agite notre inconscient et nôtre imaginaire, peu d’animaux ont ce pouvoir et tant mieux …vive le loup !!!!

  2. Bonjour Christophe
    Enfant de la campagne limousine profonde (Monts de Blond) je me souviens de deux ou trois fois où des chiens de ferme qui, souvent par deux, partaient le soir pour égorger des brebis dans les fermes où les prés. C’etait des chiens apparemment sans problème et il était incompréhensible qu’ils adoptent soudainement un tel comportement.
    La réponse des paysans était sans appel, même si le chien coupable était un bon chien de ferme: le chien était abattu car il était connu qu’un animal ayant « dérapé » une fois était sujet à récidive.
    Quant aux « loups » de Wall Street et du CAC 40, je pense que la justice des hommes devrait être à même d’employer d’autres méthodes pour faire cesser leur avidité mortifère par bien des aspects.
    Merci de m’avoir remémoré ces souvenirs.
    Continuez vos réflexions et combats
    Gérard Reix

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *