Un glyphosate invisible, ou comment rendre les pesticides indétectables ?

Comme pour le dopage, l’idée des firmes de l’agrochimie et de la semence n’est pas d’abandonner les pesticides, ou les OGM, mais bien de continuer à doper leurs profits avec.

D’ailleurs, pourquoi jetteraient-elles l’éponge de marchés aussi juteux ? Autrement dit, que gagneraient-elles en échange ? Une médaille…

Promis à un bel avenir

Rien n’interdit de croire que nous lutterons contre les pesticides avec des chansons ou des signatures, mais tant que le PDG de l’une de ces multinationales ne prendra pas l’initiatique, suicidaire, d’expliquer à ses actionnaires qu’ils vont perdre de l’argent pour sauver la planète, les pesticides sont promis à un bel avenir.

D’ailleurs, qui, de vous ou de moi, dirait à son banquier ou à ses enfants qu’il va volontairement les appauvrir pour donner un avenir aux générations futures ? Personne. N’oublions pas que nous sommes tous des narcissiques, de grands enfants, des « après moi, le déluge. »

Soyons raisonnables

Dans une émission scientifique, au journaliste qui demandait à ses invités comment lutter contre l’extinction des insectes, le plus courageux s’aventura à parler des hôtels à insectes 🙂 Médusé, l’animateur insiste : Et d’une manière plus globale. Alors, l’un d’eux prend son courage à 2 mains pour chuchoter : L’agriculture raisonnée

Il y a 40 ans, j’ai été formé à cette agriculture qui épand raisonnablement des pesticides et des engrais chimiques, et dont l’idée maîtresse est de ne pas avoir la main lourde. Exemples. Pourquoi mettre 10 litres de pesticide quand 5 suffisent ? Pourquoi mettre 250 kg d’azote quand 200 suffisent ? Pourquoi élever 15 poulets au m2 quand c’est plus rentable avec 10 ?

Bref, le porte-monnaie a ses raisons que le cœur ne connaît point. Mais qui peut encore croire à la fin des pesticides, croire que, pour nos beaux yeux, les firmes de la chimie vont mettre la clef sous la porte. Faut être raisonnable.

Comment rendre les pesticides invisibles ?

Franchement, jamais l’idée ne m’avait effleuré avant que Denis Cheyssous, de CO2 mon amour, me la souffle à l’occasion d’un échange de mails sur le sujet. Mille millions de sabords, mais oui, un pesticide invisible est par nature indétectable. Et comme pour le dopage, l’important est toujours d’avoir une longueur d’avance sur la lutte antidopage. Des pesticides fantômes ! Regardez comment, aux yeux et à la barbe de tous, les multinationales ont réussi à ensemencer la France d’OGM.

Et ce tour de passe-passe se ferait avec des nanoparticules de pesticides ! Parce qu’avec le nano, on descend au cœur de la matière et de l’infiniment petit. Et plus c’est petit, plus c’est difficilement détectable. Bref, vous voyez le projet…

Nano = nain

Un nanomètre, c’est un millionième de millimètre, c’est très très petit, une molécule d’ADN en mesure 2, une protéine 10, un virus entre 10 et 400 nano, une cellule entre 10 000 et 50 000, et un atome un dixième !

Mais voilà, même si les pesticides sont promis à un bel avenir avec les nanoparticules, elles y sont déjà présentes…

Sciences et avenir du 04/03/2016 : Les nanomatériaux sont surtout présents dans les engrais et pesticides. Au total, 275.000 tonnes ont été produites en France et 122.500 importées. Les deux principaux matériaux produits et/ou importés à plus de 100.000 tonnes sont le noir de carbone et le dioxyde de silicium…

Mais voilà, il est aujourd’hui prouvé que les nanoparticules endommagent la barrière hémato-encéphalique, excitent les neurones, accélèrent le rythme respiratoire des souriceaux, provoquent des malformations fœtales… (source Futura santé)

Les nanoparticules agissent donc comme des perturbateurs endocriniens, en perturbant la circulation de l’information dans le corps humain. Un impact sanitaire désastreux à long terme, d’autant plus qu’en dehors des produits manufacturés, nous en consommons tous les jours via les cellules des végétaux…

Mais voilà, si ces nanoparticules pénètrent dans le cerveau des humains et des souris, il n’y a aucune raison qu’elles ne pénètrent pas dans le cerveau des abeilles et de tous les insectes. Et des oiseaux qui les consomment. Que dit INRS :

Peu de connaissances sont actuellement disponibles sur la toxicité des nanomatériaux manufacturés chez l’Homme. La plupart des données proviennent d’études expérimentales réalisées sur des cultures cellulaires ou chez l’animal, dont les résultats sont difficilement extrapolables à l’Homme…

Bref, on ne sait pas grand chose, mais on suppose qu’il n’y a pas grand chose. Du grand n’importe quoi au regard des dernières études universitaires. Cf. 1, 2

Dans un article publié en 2017, l’ANSES préconisait de développer notre capacité à détecter la présence de nanoparticules manufacturées dans l’eau et l’alimentation, parce qu’elles sont difficilement détectables !!! Alors qu’elles sont partout, disséminées dans la nature, les océans, les rivières, les sources et les sols, et dans la nourriture que nous consommons, et dans celle que consomment le ver de terre et l’abeille.

Mais comme
pour le plastique ou l’amiante,
nous réagirons dans 50 ans.

Quant aux nanoparticules de pesticides, c’est l’avenir. Et celles de glyphosate seraient comme d’autres dans les tuyaux. Pour l’instant, ce n’est qu’un bruit de couloir, une “rumeur” s’esclafferont certains, les mêmes qui disent que les résidus de glyphosate trouvés dans les eaux, proviennent des lessives ! Donc, tout le monde est responsable. Oui, leurs arguments sont bien rodés 🙂

Objectivement, même si la présence de glyphosate dans l’eau est difficilement détectable, pour faire simple, de nouvelles études ont montré que des nanoparticules d’argent permettaient de le mettre en valeur. Aussi, partant du principe que chaque chose a son contraire, rien n’exclut que d’autres puissent être utilisées comme dans le dopage, pour masquer.

Et en attendant, puisqu’elles sont partout, et que les firmes ne respectent pas la législation comme le montrent ces enquêtes de 60 millions de consommateurs et de Que choisir, en attendant la catastrophe sanitaire, ces particules naines se stockent dans nos cerveaux 🙁

La suite de l’Éloge du ver de terre, l’Éloge de l’abeille, ou quand les insectes ont le bourdon, sort en librairie le mercredi 15 mai.

Vous pouvez d’ores et déjà réserver votre exemplaire dédicacé.

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