Ci-gît un espace naturel et protégé

Lac de Saint-Pardoux, commune de Compreignac, communauté de communes Élan Limousin Avenir NatureHaute-Vienne, Limousin, Nouvelle-Aquitaine.

Heureusement que nous sommes dans un environnement protégé et sur le territoire d’une communauté de communes qui s’est donnée comme élan l’avenir de la nature, car le passage de ce porteur ne l’a pas laissée indifférente 🙂 Une empreinte qui interroge d’autant plus en milieu protégé et à l’heure où la protection des sols devrait être une urgence absolue.

Voilà ce que j’ai découvert à quelques pas de mon jardin, juste derrière le petit mont qui me sépare du lac. Des saignées faites par des engins inadaptés, conçus au départ pour les grandes parcelles sylvicoles, comme si vous demandiez à un agriculteur de labourer votre jardin avec son 200 chevaux et sa 6 socs. Certes, il va le labourer, mais labourer également tout autour… 🙂

Des chemins publics multi-centenaires
détruits en quelques secondes

Il y a une douzaine d’années, dans le même coin, un autre engin avait posé ses chenilles sur les murs qui bordaient un chemin creux multi-centenaires, réduisant à néant ce bien commun. Bordel de merde, c’est du vandalisme, un patrimoine qui a autant de valeur qu’une église du 13ème siècle.

Pareil pour les chemins ancestraux qui surplombaient le village, détruits suite à la Grande tempête de l’an 2 000, mais pas à cause de ce phénomène climatique, mais d’un propriétaire forestier qui avait besoin que des 38 tonnes puissent accéder à ses parcelles. Bref, le mal est fait et prescrit, alors quelles solutions pour que les conditions environnementales soient prises en compte.

Quelles solutions ?

Ce n’est pas à l’environnement de s’adapter aux moyens, mais aux moyens d’être adaptés à l’environnement donné.

Lac de Saint-Pardoux en Limousin
Lac de Saint-Pardoux en Limousin

Adapter les moyens à l’environnement

Quand un engin de plus de 3 m de large doit passer dans un chemin public qui en fait 2, on voit tout de suite où se situe le problème….

En 1996, 1998 et 2006, j’ai produit et réalisé 3 versions d’un documentaire intitulé : Tête de mule ; un film multi-primé et diffusé plusieurs fois à la télévision.

Et pour des prélèvements ou de petites parcelles, on voit que rien ne vaut le débardage animal sur le plan économique et écologique. Que des avantages, tant pour le propriétaire, la nature, la collectivité. Mais 10 ans après le premier tournage, dans la seconde partie du film, on découvre aussi l’influence des lobbies forestiers et la souffrance du plus jeune des muletiers, passé depuis derrière le volant de l’un de ces engins.

En écrivant ces lignes, j’ai une pensée émue pour lui, car il s’est suicidé il y a quelques années. Une des réalités brutales de la ruralité, d’un monde broyé et méprisé ; une détresse et une incompréhension lisibles dans ses yeux vers la fin du film.

Aucun moyen ne s’oppose

L’important n’est pas d’opposer les moyens, d’opposer la machine à l’animal, d’opposer les machines, mais d’exiger que les moyens mis en œuvre soient adaptés au terrain.

C’est un secret de polichinelle, mais avec les intercommunalités, c’est la commune qu’on veut supprimer, de la même manière que les grandes régions ont effacé les régions. Aucun citoyen n’a été consulté pour donner son avis, et c’est bien normal, puisque le but est de les éloigner des décisions. Et il n’y a rien à attendre de l’État, d’un point de vue écologique, environnemental et social, puisque l’État c’est l’Europe, celle qui a le dos large.

En revanche, le maire continue d’être au regard de la loi, chef de l’administration communale et officier de police judiciaire au titre de l’article 16 du Code de Procédure Pénale et de l’article L.2122-31 du code général des collectivités territoriales. Donc, c’est au niveau local que sont les solutions.

Je vais écrire au maire de ma commune pour lui demander ce qu’il est possible de faire, en concertation avec les forestiers, afin que tout le monde puisse y trouver son compte. Et je vous invite à faire pareil, car c’est un niveau où on peut encore discuter pour nous sortir de l’ornière dans laquelle nous enferme la performance économique. Car, cette performance aura un coût pour les générations futures.

2 réflexions sur “Ci-gît un espace naturel et protégé

  1. Bonjour…les dégâts!
    Je vis dans un secteur forestier dense en cours de conversion puisqu’il s’agit d’une région de champs de bataille de la grande guerre. L’enrésinement postérieur à 1918 cède la place depuis une trentaine d’années au retour des feuillus. C’est dire que les abattages et débardages vont bon train et les chemins et layons régulièrement dégradés pendant la saison hivernale. Pourtant, quelques mois après, tout a été réhabilité et le spectacle lamentable que montrent tes documents n’y est plus de mise. Il faut dire que la densité des agents de l’ONF y est particulièrement élevée et à cause (ou grâce à) de la notoriété touristique et historique, le respect de la réglementation de fin de chantier est sévèrement contrôlé. Les exploitants savent qu’en cas de faute, la saison des prunes prend de l’avance et c’est réellement dissuasif.
    Ci-joint, document précisant les règles à observer sur domaine public.
    https://www.ofme.org/documents/actualite/200901/RNEF.pdf
    Bonne journée et surtout bon courage.

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