Connaître les abeilles sociales et solitaires

Tout le monde parle de ces centaines d’espèces d’abeilles solitaires et sociales, mais difficile voire impossible de trouver un classement de ces animaux.

En essayant de faire la synthèse des informations disponibles, le Jardin-vivant s’est donc attelé à cette tâche… N’hésitez pas à nous faire part d’éventuelles erreurs ou d’informations complémentaires.

Classification des abeilles de la métropole française

Si le nombre d’espèces d’abeilles dans la monde est d’environ 20 000, il est de 951 espèces d’Apoidea apiformes en France, réparties en 6 familles (voir la liste des abeilles sauvages de Belgique, France, Luxembourg et Suisse). À noter que les chiffres sont variables selon les spécialistes et les études.

Ceci dit, le nombre d’abeilles françaises tend vers le millier, et toutes partagent d’être des hyménoptères “végétariens” se nourrissant du nectar des fleurs ; les hyménoptères ayant un appareil buccal du type broyeur-lécheur, et deux paires d’ailes membraneuses et liées.

Cas général

  • La plupart des espèces d’abeilles nichent dans la terre, l’abeille mellifère étant une des exceptions. Et beaucoup d’abeilles sauvages ont leur coucou attitré, en référence au fameux coucou gris, l’oiseau qui dépose ses œufs dans le nid des autres…
  • La longueur de leur langue conditionne les fleurs butinées.

À noter que certains mâles dorment à l’extérieur du nid, seul comme celui de la Melitta haemorrhoidalis qui dort uniquement dans une fleur de campanule ; ou bien accrochés en groupe à une brindille ou une fleur d’anémone comme ceux de l’Eucera rhodia, d’où la fragilité de ces espèces inféodées à une espèce végétale.

Les familles

  • Les Apidés incluent l’abeille à miel et les bourdons, à langue longue, 260 espèces en France, 561 en Europe.
  • Les Mégachilidés, en général des espèces bâtisseuses ou fouisseuses, à langue longue, 210 espèces en France, 442 en Europe.
  • Les Andrenidés, communément appelées “abeilles des sables”, à langue courte, 180 espèces en France, 465 en Europe.
  • Les Halictidés, dont les halictes, à langue courte, 170 espèces en France, 314 en Europe.
  • Les Collétidés, avec les collètes et les hylées, à langue courte et bilobée, 80 espèces en France, 146 en Europe.
  • Les Melittidés, “abeilles à culotte”, à langue courte, 15 espèces en France, 37 en Europe.

Les Apidés

Genre Amegilla, Anthophora, Apis, Bombus, Ceratina, Eucera, Tetralonia, Xylocopa…

La famille la plus importante, très diversifiée. On y trouve des espèces hautement sociales mais aussi un grand nombre d’espèces-coucou ; les plus petites de la taille d’un moucheron, 0,3 cm, comme la cératine naine, Ceratina parvula, à l’une des plus grosses, comme la charpentière Xylocope violacée, Xylocopa violacea : 3,5 cm.

Le mâle Eucera longicornis, qui possède des antennes aussi longues que son corps, est un pollinisateur spécifique de certaines orchidées du genre Ophrys.

Les Mégachilidés

Genre Anthidium, Chalicodoma, Hoplitis, Megachile, Osmia, Heriades, Lithurgus, Rhodanthidium, Trachusa…

Elles utilisent systématiquement des matériaux pour faire leur nid, et elles ont la face ventrale de l’abdomen plus velue, ce qui leur permet de récolter et emmagasiner du pollen.

  • Les cardeuses ou cotonnières. Avec leurs mandibules denticulées, elles cardent et tissent des poils végétaux, puis forment comme des boules de coton, pour élever leurs larves.
  • Les maçonnes « vraies ». Elles construisent leur nid avec de petits cailloux, du sable, de l’argile et de la salive… Et parfois, elles y consacrent toute leur existence, à l’exemple du genre Hoplitis qui le fabriquent avec des cailloux cimentés et de la boue.
  • Les tapissières. Elles tapissent leur nid de feuilles ou de pétales de fleurs. Certaines sont même spécialisées comme l’osmie du coquelicot, Hoplitis papaveris, qui n’utilise que les pétales de coquelicot. La plus commune, la mégachile coupe-rose, Megachile centuncularis, découpe des feuilles du rosier pour le fabriquer.
  • Les caulicoles. Elles font leur nid dans les tiges, bois creux, coquilles d’escargot, hôtel à insectes…

Cas des OSMIES. Généralistes d’un point de vue alimentaire, et opportunistes pour leur habitat (trou de serrure, tiges creuses, coquilles d’escargot…), l’osmie dorée des caricoles, Osmia aurulenta, ou l’osmie bicolore des caricoles, Osmia bicolor, recouvrent les coquilles d’escargot où elles ont pondu et mis de la nourriture en réserve pour leurs larves, d’aiguilles de pin ou autres brindilles de bois, allant parfois jusqu’à les enfouir dans le sol.

De petites cornes pour l’osmie cornue, Osmia cornuta, ou l’osmie rousse commune, Osmia bicornis, des espèces qui doivent leur nom aux excroissances présentes juste au-dessus des mandibules qu’elles utilisent pour fabriquer les opercules à base de cailloux et de ciment végétal !

  • Les résinières. L’anthidie latérale, Icteranthidium laterale, confectionne son nid avec de la résine qu’elle prélève sur les résineux.

Les Andrenidés

Genre Andrena, Panurginus, Panurgus…

Elles nichent dans des sols nus ou peu végétalisés. Et certaines espèces butinent les fleurs d’une seule espèce, à l’exemple de l’andrène de la bryone, Andrena florea, qui ne picore que la bryone, ou de l’andrène griffes-courbes, Andrena curvungula uniquement les fleurs de campanule.

Les Halictidés

Genre Halictus, Lasioglossum, Nomioides… Une des plus petites abeilles y est répertoriée, le Lasioglossum politum : 3 mm ; et les Lasioglossum marginatum qui vivent en société.

Les Collétidés

Genre Colletes et Hylaeus. Particularités : langue tronquée ou bifide, fendue en deux comme les serpents.

Les hylées (Hylaeus) récoltent et stockent le pollen et le nectar dans leur jabot, sorte d’estomac modifié, et elles régurgitent l’ensemble une fois de retour au nid. (Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Nicolas Vereecken)

Certaines appelées “abeilles masquées”, masken-bees, à cause des dessins sur leur face, nichent dans la moelle des tiges creuses (herbes mortes, arbustes,…) et referment leur nid avec une soie évoquant une toile d’araignée.

Les Colletes ont en général comme une touffe de poils au niveau de la tête et du thorax, et toutes font leur nid dans le sol.

Les Melittidés

Genre Macropis Melitta et Dasypoda

Reconnaissables à leurs corps poilus et à leurs « culottes » de poils longs sur les pattes arrières, elles sont souvent inféodées à quelques espèces de plantes mellifères.

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