Faut-il supprimer la biodiversité ?

La question est crue, et pourtant elle pose crûment ce qui semble aujourd’hui inévitable : la fin de la biodiversité.

Mais cette décision politique de supprimer la diversité biologique a été prise sans notre aval. Autrement dit, ni vous, ni moi, ni personne, n’avons donné notre accord, et elle nous est imposée d’autorité.

Et par autorité, entendez par ceux qui ont le pouvoir entre les mains. Bref, posons nous cette autre question : 

Quel est l’intérêt
de la biodiversité ?

Pour l’agriculture, l’intérêt de la biodiversité repose sur ses processus d’autorégulation ; l’auto-régulation étant une forme de gouvernance du milieu à l’image d’une administration interne. Ainsi, en utilisant à son bénéfice la nature, une agriculture qui coopère avec la biodiversité est naturellement plus sobre en énergie et en intrants par les économies qu’elle réalise ; donc plus rentable ; donc plus autonome.

À noter que l’agriculture qui ne coopère pas, dite agriculture conventionnelle ou chimique, n’est pas rentable. Raison pour laquelle elle est subventionnée avec l’argent des citoyens. Raison pour laquelle les citoyens auraient leur mot à dire puisqu’ils contribuent à son développement… et à la suppression de la biodiversité !

Notons enfin que les subventions agricoles se sont développées en symbiose avec le développement de l’agriculture chimique, quand elle a cessé de coopérer avec la biodiversité ! Un comble n’est-ce pas ?

Pourquoi
coopérer avec la biodiversité ?

Une culture tend naturellement à attirer et développer les animaux, les champignons et les bactéries qui s’en nourrissent. Et l’effet boule de neige est d’autant plus amplifié avec la monoculture qui va les concentrer. Mais toutes ces bestioles, encouragées à se reproduire devant autant de nourriture concentrée, partagent toutes d’être végétariennes… et leurs prédateurs d’être tous carnivores… [à l’exception de quelques-uns, à l’exemple de certaines guêpes sociales qui parasitent les fruits ou sont d’appréciables auxiliaires en fonction des saisons et de leurs besoins !]

Et clou du spectacle, quand la biodiversité est pauvre, les animaux végétariens se développent en toute liberté puisqu’ils ont toute la place pour eux ; contrairement à un milieu riche où ils n’ont que la place laissée par les prédateurs.

Et dans ces milieux à la biodiversité maigre, pour réguler le développement excessif d’une espèce, le seul moyen est l’usage de pesticides chimiques ou organiques, des poisons qui vont également affaiblir la capacité du milieu à s’auto-réguler ! C’est le principe même de l’effondrement : plus on affaiblit les murs d’une maison, plus l’effondrement du toit sera brutal et soudain.

Parce qu’un pesticide – fongicide, insecticide ou herbicide – ne se limite pas à la cible pour laquelle il est vendu, il est toxique pour l’ensemble des espèces. Mais également pour les espèces qui se nourrissent des espèces empoisonnées. Et de fil en aiguille, c’est toute la chaîne alimentaire qui est empoisonnée, y compris les vers de terre ; raison pour laquelle leurs populations étaient foisonnantes avant le développement de la fertilisation chimique et des pesticides…

Faut-il supprimer la biodiversité ?

Pourquoi se poser la question puisque la suppression est déjà bien avancée. Et sans changement de politique, un changement de direction comme on fait demi-tour quand on s’est trompé de route, les épandages de pesticides vont donc continuer de progresser ; la chimie étant la seule réponse à l’absence de diversité biologique.

Quant aux études qui prouvent que l’absence de pesticides favorise la régulation naturelle et la maîtrise des bio-agresseurs, à l’instar de celle de l’INRA publiée dans la revue Nature Sustainability du 16 juillet 2018, elles sont transparentes sur la politique agricole dictée par les actionnaires de l’agro-chimie et de l’agro-alimentaire !

Et autant la loi Travail, la réforme des retraites, le mariage pour tous ou la coupe du monde de football ont fait sortir une foule de motivées dans la rue, autant la suppression de la biodiversité, ce bien commun indispensable à la survie de l’humanité, ne motive personne 🙁

Pourquoi cultiver sans pesticides

3 réflexions sur “Faut-il supprimer la biodiversité ?

  1. Bonjour,
    Faut-il supprimer la biodiversité ? Oui! Fermement, résolument oui!
    Je n’y vois que des avantages: Déjà pratiquement plus d’insectes qui viennent s’écraser sur mon pare-brise; les plus anciens se souviendront probablement de la corvée de nettoyage. Presque plus d’oiseaux qui viennent me réveiller à pas d’heure et qui me bouffent mes cerises.
    On va être bientôt capable de fabriquer des drones pouvant jouer le rôle des abeilles. Et puis on va bien réussir à rendre toutes les plantes auto fertiles. Notre ingénierie chimique rendra bientôt tous nos sols facultatifs, le bonheur quoi!
    Bon les légumes hors- sol c’est dégueulasse, mais est-ce vraiment important?
    Aller, libérales salutations
    Bruno

    1. Bonjour,

      Probablement qu’elle est tombée sur un ou une juge compatissante…

      Mais le chemin sera long entre l’appel et la cassation, d’autant plus qu’il y a une disposition dans la loi française qui permet à l’État d’échapper à ses condamnations. En d’autres mots, l’État n’est pas obligé de se conformer à une décision de justice. Belle journée

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