Gaspillage alimentaire, est-ce du gâchis ?

Le gaspillage alimentaire est souvent vu comme le mal de notre société consumériste. Et il est vrai que ce n’est pas joli joli, d’autant que dans le monde, le tiers des aliments serait gaspillé.

Et où se concentre le gaspillage ?

Dans ces enclaves artificielles implantées au beau milieu de la nature, là où sont concentrés les 3/4 de l’espèce humaine. Et là, on a pris l’habitude de consumer à outrance toutes les ressources de la planète comme si elles étaient éternelles. Entendez, renouvelables. C’est le syndrome de l’abondance, une forme très particulière de paralysie du cerveau où on dirait que les gens n’en ont plus !

Bref, chacun vit dans sa bulle de lumière
comme s’il l’avait à tous les étages.

En revanche, motus et bouche cousue sur l’instigateur du plus grand gaspillage alimentaire de tous les temps : la chasse d’eau. Un machin qui utilise de l’eau potable pour envoyer tous vos pipis cacas polluer les sources, les rivières et les océans.

Bienvenue dans la plus grande aberration écologique, économique et agronomique, puisque cette technique de gestion des déchets est le premier facteur d’artificialisation des terres cultivées.

Et Pourquoi ?

@Marko
Extrait de l’Éloge du ver de terre
à paraître le 19 septembre :

Tout ça à cause de votre obsession du propre et du désinfecté, tout ça à force de prendre le monde des microbes pour les forces du mal, vous avez oublié que le phosphore est un des rouages fondamentaux du mécanisme du vivant, vous avez oublié que le processus biochimique de la photosynthèse était le moteur de la vie.

Parce que nos déchets corporels sont des fertilisants et des engrais indispensables à la vie des sols, ces vies qui fabriquent la nourriture des plantes qui nous nourrissent. Et ce cercle vertueux a été brisé par la main mise des multinationales de la chime sur l’agriculture mondiale. Alors, les milieux cultivés se sont appauvris. Actuellement, un quart des sols sont en cours d’effondrement en Europe. Mais pire :

— La plante a besoin d’oxygène pour vivre. Mais au même titre qu’elle a également besoin d’eau, elle a aussi besoin de phosphore. Et ce phosphore, puisé par la plante dans le sol, se retrouve tout naturellement dans votre ventre à un moment donné ou un autre. Et ensuite dans tous vos pipis et cacas que vous ne recyclez plus.

 

— Et alors, où est le problème ?

 

 Le phosphore est présent en faibles quantités dans les sols et il n’est pas renouvelable. Et si tu ne recycles pas ce qui ne se renouvelle pas – recycler pour remettre dans le circuit parce que le phosphore est une des pièces maîtresses du circuit de la photosynthèse –, le circuit s’arrête. Et des sols sans phosphore sont à l’image d’une atmosphère sans oxygène, sans vies…

 

Bientôt en précommande. N’hésitez pas à réserver votre exemplaire signé de la main terreuse de son auteur 🙂

Gaspiller veut dire
faire mauvais usage de…

Si tous les aliments non consommés était remis dans le circuit, comme devraient l’être tous les déchets corporels, le mal serait moindre puisqu’ils serviraient à fabriquer de nouvelles nourritures.

Autrement dit, vu du fonctionnement intime de l’écosystème terrestre, jeter à la poubelle de la nourriture n’est pas pire que de tirer la chasse sur ces millions de tonnes d’engrais et de fertilisants qui sont gaspillées chaque jour dans le monde. Sans compter l’eau potable qui est souillée…

Mais dénoncer ce scandale, c’est comme pisser dans un violon, ça soulage, mais ça n’aide pas à en jouer mieux ! Et la pensée dominante continuera à penser que c’est dégueulasse d’écrire ça, que la merde et la pisse sont sales, alors qu’au fil des millénaires, les paysans ont su entretenir la fertilité de leurs sols grâce à cette technique.

Ça met un coup de massue 
aux idées reçues

Mais les idées reçues ont la peau dure, à l’image de celle qui accuse le labour d’être la première cause de l’effondrement des populations de vers de terre ! Alors qu’on laboure depuis plus de 5000 ans… et que l’effondrement de la biodiversité date de moins de 50. Et ces 50 dernières années, les épandages massifs de pesticides n’ont pas cessé de progresser sur toute la planète comme les surfaces de cultures OGM : + 3 % en 2017.

Et les multinationales continuent inlassablement à vouloir les imposer aux populations avec l’aide de certains scientifiques et médias peu scrupuleux comme celui-ci : Lien entre cancer et OGM, l’étude était fausse. 

Bref, je vous souhaite un bel été, et assurément, on n’est pas sorti de l’auberge, mieux, je crois que nous y sommes tous enfermés à triple tours. 🙂

 

 

7 réflexions sur “Gaspillage alimentaire, est-ce du gâchis ?

    1. Yolande, c’est normal puisqu’il pisse toujours au même endroit… (excès d’azote, enfin d’urée) Belle soirée

  1. Je dispose d’une grande cave et dans un endroit caché/discret, j’ai déposé un vieux bidon de peinture sur lequel est posé une lunette de wc (en bon état et récupéré en déchetterie) où j’évacue mes excréments solides dans la mesure du possible. Lorsque ce bidon est au 2/3 plein (de façon à pouvoir le transporter) je sors mon bidon en veillant à ce que mes voisins ne soient pas présents (à proximité il y a 2 chalets rarement occupés) et je verse soit sur un de mes composteurs, soit au pied de mes arbustes puis je recouvre de gazon fraîchement coupé ou d’herbe fauchée afin que les animaux des alentours ne soient pas non plus incommodés. Je rince mon bidon, verse le liquide sur le composteur et retour à la cave. Il n’y a que 3 ans que je le fais et en hiver c’est un peu plus ennuyeux car il y a beaucoup de neige à escalader ou dégager pour accéder au composteur. Un petit bidon est dans les wc de mon logement et recueille les liquides qui rejoignent ensuite un arrosoir d’eau et sont versés au pied des plantes. Tout un travail pour moins de consommation d’eau et un réel amendement de mes cultures, qui de plus reçoivent du crottin des chevaux du village et seulement l’eau de pluie.

  2. Non, on n’st pas sortis de l’auberge, loin de là. Quand j’imagine ces flots de merde et de pisse qui sortent dans l’eau potable des grandes villes… tous les jours… c’est que ça coûte un bras tout ça, les canalisations sont mises, les stations d’épuration tournent…
    Les toilettes à compost sont une nécessité…
    La plupart des gens y sont plus qu’habitués, et on va exporter le tout à l’égout sur toute la planète….

  3. Ne voulant pas attendre 2 ans pour bénéficier des potentiels de mes étrons, je les dépose discrètement au pied de mes cassissiers et groseilliers rouges. Les fruits délicieux que je récolte ces jours (à 1350 m.) sont quasi le double du volume normal, les branches trop lourdes retombent au sol. Merci pour le partage de toutes vos sérieuses expériences.

    1. Merci Josiane,

      Ce soir, je me coucherai moins bête,car, grâce à vous, je connais maintenant toute la volupté du mot : étron. Alors, tous les lecteurs et moi-même, nous nous demandons comme vous récoltez ?

  4. hello.
    chacun peut faire des choses importantes à son échelle.
    mais la vision des provisions en sortie de caisse des supermarchés n’incite pas à l’optimisme !!!
    courage ça évolue : je suis surpris de l’intérêt pour le compostage…

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