Le sol est une ressource épuisable !

Suite de l’article publié le 9 juin : Un sol vivant est comme un feu

Le sol est un milieu en mouvement, l’inverse d’un sol carrelé, goudronné ou bétonné, l’exacte réplique inverse d’un milieu stable et permanent quand il est cultivé. Mais ça, tout le monde le sait, enfin tous les lecteurs du Jardin-vivant 🙂

Et d’un point de vue stricto sensu écologique, toutes les techniques agricoles de production de nourriture sont insatisfaisantes, même si certaines ont un impact moindre, même si certaines se gaussent d’être vertueuses à l’image de la permaculture ou de l’agroécologie. Mais ces dernières oublient que le comportement humain n’a rien d’angélique quand il prend de force un morceau à la nature sauvage pour le cultiver.

Nés lors du premier grand retour à la terre dans les années 70, et dans le sillage des mouvements hippie et soixante-huitard, ces concepts de permaculture et d’agroécologie sont aujourd’hui dépassés car leurs mots sont trop souvent des pièges à nigauds.

Je m’explique. Ils sont dépassés car hier n’est pas comme aujourd’hui. Aujourd’hui tout a changé, la mondialisation a tout changé, et le pouvoir n’est plus dans les mains des nations, il est mondialisé. Autrement dit, il a changé de mains et il est au service d’une poignée qui a la main mise sur la planète comme un chien sur son os. Et ça, c’est une donne nouvelle et unique dans l’histoire de l’humanité.

Tout a changé

Les multinationales ont pris le pouvoir, la biodiversité s’est effondrée, le changement climatique bouleverse la planète, des dizaines de millions d’humains migrent pour fuir leur environnement, la population mondiale se prépare à tripler, et beaucoup de sols nourriciers sont taris. Bref, ces chiens ils ont décidé de ronger la planète jusqu’à l’os !

Les paysages de mon enfance ont été rayés de la carte, mieux, il ont été oubliés. La mémoire collective a oublié qu’il y a encore 50 ans, le monde était encore plein d’espoir pour un monde meilleur et les sols pleins de vers de terre ! Mais aujourd’hui, ceux qui y croient encore s’accrochent aux dernières branches pour ne pas sombrer. Et de cette situation merdique dont nos enfants héritent, personne n’est innocent, même les simples d’esprits, plus encore les esprits éclairés qui n’ont pas su leur apporter l’éclairage suffisant.

Une ressource épuisable

Bref, le sol est une ressource épuisable que nous épuisons sans vergogne, une ressource créée par le monde du vivant, une terre animale, à savoir le produit de la digestion. Oui, un sol fonctionne comme un écosystème intestinal, un système qui a besoin d’être nourri pour rester en vie, un système qui réclame à manger quand il a faim.

Quand vous avez faim, qui réclame à manger : est-ce votre corps ou les bestioles qui vivent dans votre intestin ? On peut se poser la question vu actuellement le nombre de corps gras et repus. Bref, avant l’avènement des Temps modernes, jamais personne ne s’était posée la question de savoir si les sols cultivés étaient épuisables ou inépuisables, tous les paysans de la terre nourrissant la vie de leurs sols avec tous les déchets corporels.

Mais ça, c’était avant que la chimie ne rentre en scène ; avant que l’érosion ne commence sa grande œuvre à vitesse grand V. Et il y a un siècle, quelques agronomes américains à l’instar de Hopkins (Soil fertility and permanent agriculture – 1910) ou du géographe Joseph Russell (Tree crops a permanent agriculture – 1929), cf. Aux sources de l’agriculture), ont mis sur la table l’épuisabilité des sols et la permanence de l’agriculture. – De là naîtra le mot perma-culture en 1978, puis le mot permaculture en 1988 –

L’érosion bât son plein
comme une solution d’avenir

Et autant il y a un siècle naissait l’idée que le sol est épuisable, autant un siècle plus tard on l’épuise comme s’il était perpétuel. Quant à l’idée de ne pas l’épuiser pour le rendre soutenable indéfiniment, tel que les Anciens nous ont légués les sols nourriciers, cette idée est très peu partagée comme toutes les idées minoritaires, même si elle fonde certains courants de l’agroécologie et de la permaculture, des courants également très minoritaires dans leurs milieux respectifs.

Dans ce contexte économique où il faut produire coûte que coûte, il faut bien avouer que nous ne savons pas produire en abondance sans épuiser les sols. D’ailleurs, plus aucune ferme ne revendique être à 100 % en permaculture, toutes ont fait marche arrière en disant seulement s’inspirer de la permaculture ou de l’agroécologie.

Bref, pendant ce temps-là, l’érosion continue de s’imposer comme une solution d’avenir. Faut être clair, quand Charles Darwin écrit son dernier livre sur le Rôle des vers de terre dans la formation de la terre animale, il est à des années lumières de s’imaginer que 150 ans plus tard, nous aurions consumé beaucoup de nos ressources épuisables 🙁

Moi-même, j’étais dans la même disposition il y a seulement 50 ans ! Impossible de m’imaginer l’inimaginable avant de le voir de mes propres yeux, de voir notre terrain de jeu, cette immense forêt millénaire, se faire balayer au nom du progrès. Pareil pour 2 dolmens classés monuments historiques et des dizaines de km de haies, de bois, de bosquets… Tout ça pour laisser la place à une piste d’atterrissage et une immense plaine céréalière… Tout ça pour que les sols de mon enfance rejoignent plus vite l’océan voisin. Et ils ne s’en privent pas 🙁

Prochainement, nous verrons qu’il ne reste que 2 agricultures : celle qui coopère avec la biodiversité et celle qui ne coopère pas ; le reste n’étant que dogme et idéologie. 

Une réflexion sur “Le sol est une ressource épuisable !

  1. Vous avez raison.
    Mais regardez un rayon fruits et légumes d’un super marché….
    Goût: zéro.
    Prix : élevé.
    Empreinte écologique forte.
    Que font les clients. ???
    La réponse est là !!!
    La solution n’est pas évidente…
    Style de vie . Confort..
    Il est difficile de dépasser ces traits de notre société.

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