Les voies du ver de terre sont-elles impénétrables ?

Le projet de sauvetage du ver de terre remplit depuis longtemps les conditions d’éligibilité, vu qu’il caracole depuis le début de l’élection citoyenne dans le peloton de tête. Alors pourquoi continuer à battre la campagne ?

L’élection citoyenne est terminée, et le ver de terre, 2ème projet préféré des Français, est arrivé en TÊTE de la catégorie biodiversité ; un succès pour cette bestiole qui nous interroge sur l’alimentation de demain.

Une fenêtre ouverte

Parce que nous profitons de cette fenêtre médiatique pour mettre sur la table le modèle agricole conventionnel, et dire et redire ce que tout le monde s’accorde à dire : qu’il n’y aura pas de transition écologique sans le ver de terre, que notre nourriture dépend des sols nourriciers et les sols nourriciers des vers de terre. En résumé, l’alimentation de demain dépend de cet animal qui est en voie de disparition…

Je sais, s’intéresser à l’alimentation du futur, c’est terre à terre, mais parfois il faut savoir revenir à l’essentiel. D’autant plus que la fin des pesticides passera par le ver de terre comme la fin annoncée du phosphore ; un élément fondamental dans le processus biochimique de la photosynthèse. La bombe à phosphore, un cataclysme agricole prévu dans une cinquantaine d’années et dont les effets seront comparables à 5 bombes nucléaires ! En savoir +

Pourquoi notre avenir serait-il
dans les mains du ver de terre ?

Vu ainsi, cela peut sembler cocasse. Et pourtant, ce n’est que du bon sens paysan : sachant que la masse fait le poids et la force, vu que leur seul poids vif représenterait plus de la moitié de la masse totale des animaux terrestres, on comprend leur impact sur la vie terrestre.

Et pourtant, le ver de terre n’est toujours pas la priorité de l’État 🙁

Haut lieu de la résistance lombricienne

La dernière initiative de
l’État date de 1920

Savez-vous que la dernière fois que l’État Français a pris une bonne mesure pour le ver de terre, c’était en 1920 ? Et en produisant un film pédagogique pour mettre en avant sa fonction écologique. Mais à l’époque, la mesure n’avait rien donné. Et puis au fil du temps, on a pensé que la biodiversité était un truc d’écolo attardé, à tel point que j’ai été formé à sa destruction à la fin des années 70 !!!

Et les mauvais élèves avaient l’intime conviction que la coopération devait prévaloir sur la destruction de la biodiversité. Et j’étais un mauvais élève. Aujourd’hui, tout le monde semble tomber des nues alors qu’on a enseigné pendant des dizaines d’années aux agriculteurs et à leurs conseillers que la biodiversité ne servait à rien !

BIO ou PAS BIO,
là n’est plus la question

On ne peut plus partager l’agriculture entre la BIO et la NON BIO comme il y a 50 ans. Et pour une raison toute simple, il y a 50 ans, beaucoup de sols étaient encore fertiles et le ver de terre était l’ossature de leur fertilité.

Mais aujourd’hui : « La disparition des vers de terre est un phénomène aussi inquiétant que la fonte des glaces. » disait dernièrement Hubert REEVES. En savoir +.

Aujourd’hui, la diversité des espèces s’effondre de manière dramatique parce qu’en priorité, les animaux meurent de faim. De l’hirondelle au ver de terre, du hérisson au bourdon et à l’abeille, toute la chaîne alimentaire se meurt de faim.

Reconquérir la biodiversité passe en premier
par lui donner à manger.

La ligne de démarcation a changé, bio ou pas, qu’importe, il y a l’agriculture qui coopère avec la biodiversité et ses vers de terre, et il y a celle qui participe à son effondrement. Bio ou pas, la question est même accessoire tant la priorité absolue devrait être de redonner vie aux sols nourriciers. Et les aides agricoles devraient encourager de manière spécifique ceux qui finalement sont en train de préserver l’alimentation de demain, entendez la nourriture de nos enfants.

Et c’est un des volets que nous défendons, et l’opinion publique semble y être très sensible puisque notre projet est toujours dans le trio de tête des projets préférés des Français.

Classement provisoire

Pourquoi continuer à voter ?

Parce que les politiques sont sensibles à l’opinion publique. Et plus le ver de terre sera haut sur le podium, plus sa cause sera sous la lumière des médias. Alors votez avec votre compte Google ou Facebook car c’est plus simple. Votez plus 2 fois qu’une en cas où ? Vérifiez que votre vote a bien été pris en compte. Et si tout est ok, motivez une personne de votre entourage. Vous avez jusqu’à ce soir minuit 🙂

Post-scriptum.

Certains croient que nous avons un sacré réseau vu notre nombre de votants. Même pas, mais une communauté spontanée s’est créée autour de ce projet, parce que le lombric terrestre est aujourd’hui la seule solution viable et durable pour inverser le processus morbide dans lequel s’est engouffré l’agriculture moderne.

Illustration Célestin Godineau

3 réflexions sur “Les voies du ver de terre sont-elles impénétrables ?

  1. Mener la guerre des très riches contre les gens ordinaires au lieu de se préoccuper de l’état de nos terres “nourricières”…c’est marrant quand même la stupidité de ces politiciens qui préfèrent entraîner leur pays vers la fatalité alors que rien ne les y oblige…

  2. Je ne peux que me sentir triste lorsque je me promène en campagne autour de chez moi et que vois ces terres de Flandres intérieures où une terre argilosablonneuse orange (désolée je ne sais comment appeler ça autrement) qui remplace la terre sombre et grasse du temps où j’étais enfant. (J’ai 64 ans)Elle ne retient plus l’eau je ne sais pourquoi,et se transforme en cailloux dès que le soleil apparaît .. Malgré tout “on ” laboure à l’automne et on recommence au printemps pour affiner la terre juste après pour enfouir les engrais et le lisier.

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