La cause du ver de terre, grande cause nationale

Le ver de terre, grande cause nationale pour l’alimentation de demain, et pourquoi pas ? Aujourd’hui reconnu comme l’auxiliaire le plus précieux pour une agriculture durable et économe en énergie, on attend quoi ?

Mal nourri, mal logé, son nom n’est mentionné dans aucune loi. Même dans la loi pour la Reconquête de la biodiversité ; même dans les décrets qui en découlent. Comme s’il n’existait pas, le lombric terrestre brille par son absence dans les textes officiels. 

Déjà, pour un être humain sans identité, entendez sans-papiers, c’est compliqué, alors imaginez pour ce ver de terre qui vit aussi longtemps qu’un chien de race et qui broute sur le sol comme une vache. Rêve-t-il pour cela d’être bouclé ? Non, mais il y a un minimum.

Alors, combien de temps devrons-nous encore attendre avant que l’État reconnaisse le ver de terre comme un animal à part entière ?

Le ver de terre
est un bien commun

Si l’État le reconnaissait comme un animal, il serait obligé de se positionner quant à sa situation. Pourquoi ? Parce qu’il deviendrait un bien commun. Et comme l’État est obligé de légiférer sur tous ses biens, le ver de terre y gagnerait forcément un socle juridique.

En effet, comment défendre les droits d’un animal qui n’en a pas ? Au moins, même considéré comme une espèce nuisible, on pourrait s’appuyer sur quelque chose. Mais là rien. Et quand j’écris nuisible, ce n’est pas par hasard, puisqu’il a été considéré pendant très longtemps comme un parasite des cultures… accusé de manger les racines des plantes !

C’est bien, c’est peu, mais c’est bien, le bourdon comme l’abeille ont obtenu quelques droits… ce qui obligent les croque-morts à évaluer l’impact de leurs pesticides sur les pollinisateurs. Finalement de la poudre aux yeux, puisque le seul risque évalué s’appuie sur le principe de la dose qui fait le poison, un principe scientifique datant du 16eme siècle et qui est complètement H.S.

Les pesticides
tueurs de vers de terre

H.S. à cause des perturbateurs endocriniens dont l’impact n’est pas évalué sur le ver de terre. Et comme la majorité des pesticides sont des perturbateurs hormonaux, je ne vous fais pas de dessins.

Le perturbateur est vicieux, il perturbe la circulation de l’information entre les organes et le cerveau, et de ce fait, ni vu ni connu, tue à petit feu toute la biodiversité comme un poison à effet retard ; du ver de terre à l’hirondelle.

Protéger le ver de terre ?

En France, environ 200 espèces d’insectes sont protégées par la loi, sauf le bourdon, l’abeille et le ver de terre… D’accord, le ver de terre n’est pas insecte, mais pourquoi ne pas protéger les espèces qu’on veut préserver ? Et pourquoi continuer à assassiner nos meilleurs collaborateurs ?

Cette chose m’échappe.

Pourtant, un chef d’entreprise responsable prend toujours soin de ses meilleurs collaborateurs, c’est la logique de la coopération. Alors pourquoi l’État et les enseignants agricoles ont encouragé à ne pas en prendre soin alors qu’il était le partenaire ancestral de l’agriculteur ? Cette chose m’échappe tout autant que sa logique.

Il y a aussi la logique du beau parleur, qui, à l’exemple du ministre de l’Agriculture, a déclaré le 24 novembre 2014 que le ver de terre était l’un des plus grands marqueurs de la biodiversité. Le Président a bien ri, croyant comme toute l’assemblée à une bonne blague agricole du ministre.

LE SAVIEZ-VOUS ? Si nous réussissons à porter la cause du ver de terre au plus haut sommet de l’État, ce sera une première mondiale par l’obligation qu’il lui sera fait de le prendre en compte.

Mon projet pour la planète

Pourquoi sauver le ver de terre ? Parce que de son futur dépend l’avenir de nos générations futures. Et pourquoi ?

Parce que sans sol pas de nourriture ; et sans nourriture pas de vies. Eh oui, les vers de terre fabriquent les sols vivants des plantes que nous mangeons. Et comme les sols disparaissent par manque de vies, il y a urgence 🙁 Et comme les populations de lombrics fondent comme neige au soleil, il y a urgence… 🙂

Certains m’ont dit qu’ils ne soutiendraient pas ce programme de sauvetage car ils ont plein de vers de terre dans leur jardin ! Autrement dit, après moi, le déluge.

Et effectivement, penser que son microcosme est à l’abri du macrocosme relève d’une sévère myopie de la pensée. Même les chimpanzés pensaient à tort être à l’abri dans leurs forêts primaires avant la mode de l’huile de palme ! Depuis, ils ont compris que la pensée doit s’appuyer sur le jardin planétaire et non sur le jardin intime.

L’originalité de notre projet

Réhabiliter le ver de terre
dans le modèle agricole

Il y a quelques temps, j’ai rencontré un agriculteur qui était sacrément ennuyé. En effet, suite à la lecture de mes articles sur le ver de terre, il les voyait maintenant comme des collaborateurs. Problème, il me disait devoir tout changer, changer ses savoir-faire et ses habitudes pour ne plus faire contre mais avec eux. Preuve que nous ne changerons pas le monde par la culpabilité, mais par la sensibilisation et la pédagogie. 

Tout est une question de regard, raison pour laquelle nous voulons sensibiliser les jeunes et les futurs agriculteurs pour leur faire prendre conscience du potentiel économique qu’ils ont sous les pieds. Et au-delà, faisons de la cause du ver de terre, une grande cause nationale pour l’alimentation de demain.

 
L’élection citoyenne est terminée, et le ver de terre, 2ème projet préféré des Français, est arrivé en TÊTE de la catégorie biodiversité ; un succès pour cette bestiole qui nous interroge sur l’alimentation de demain.

18 réflexions sur “La cause du ver de terre, grande cause nationale

  1. Ici en Crète le sol argileux est si pauvre et si sec que les vers ne peuvent vivre
    Je suis très malheureux d’avoir donner mes vers à un voisin en France avant de partir car je pensais que j’en trouverai ici mais macache !

  2. J’ai travaillé de nombreuses années dans l’industrie des pesticides et j’ai vu jusqu’à une quarantaine de lombrics morts / mètre carré suite à une application de fongicide dans une culture de céréale.
    Ce fongicide est toujours en vente sur céréales et d’autres cultures.
    Il y a une quinzaine d’années j’avais signalé ce fait à plusieurs associations environnementales ou agricoles, aucune n’avait donné suite.
    Je suis satisfait de voir une personne réhabiliter l’importance du ver de terre pour la préservation des sols et donc des cultures!

    1. Bonjour,

      Quel est le nom de ce fongicide et de la molécule en question ? Merci

    2. En allant rechercher sur internet les différents noms et usages de cette molécule : La picoxystrobine, dont les noms commerciaux les plus connus sont Acanto, A-capella, Aproach, etc…utilisés sur les cultures d’orge, d’avoine, de blé, sur crucifères, tabac, et betteraves porte-graines.
      Et…je viens de découvrir que la commission européenne vient d’ordonner son retrait, la fin des ventes ayant été programmée au 28/02/2018 et la fin d’utilisation par les agriculteurs au 30/11/2018!
      Voici une des causes du retrait: Le 1er juin 2016, l’Autorité a communiqué à la Commission ses conclusions (6) sur la question de savoir si la picoxystrobine est susceptible de satisfaire aux critères d’approbation énoncés à l’article 4 du règlement (CE) n° 1107/2009. Les préoccupations suivantes ont été mises en évidence: un éventuel pouvoir clastogène et aneugène du métabolite IN-H8612 formé comme résidu ne peut être exclu et un risque élevé a été identifié pour les organismes aquatiques et les vers de terre en cas d’exposition à la picoxystrobine et pour les mammifères se nourrissant de vers de terre en cas d’exposition au métabolite IN-QDY63.

      C’est une bonne nouvelle pour les vers de terre, mais ce produit n’aurait jamais dût être vendu, car avant même la demande d’homologation ( début des années 2000) la firme connaissait sa toxicité mortelle pour les vers de terre. Il a ainsi pût être utilisé pendant plus de 15 ans et continue peut-être d’être vendu dans d’autres pays non européens.

    3. Merci beaucoup pour cette info.

      Par ailleurs, vous touchez à la finalité de ce blog qui se veut un lieu d’échange d’informations à l’abri des dogmes et des lubies.

      Je suis très pris en ce moment. Aussi, si vous voulez écrire un article plus complet sur le sujet, je suis prêt à le publier car le grand public doit savoir. Belle journée

  3. Attire-t on les mouches avec du vinaigre ? Comment faire inscrire des militants pour la vie en ne leur proposant que Fessebouc ? Qui a envie de devenir dépendant d’une multinationale mensongère et spoliatrice ? Pour une pétition libre, il existe change.org et d’autres sites. Basculez votre pétition et vous aurez des milliers de signatures. Parmi les visiteurs de votre blogue, combien sont fliqués par monsieur Montagne-de-Sucre : 2 ou 5 % ?

    1. Oleg,

      J’entends vos arguments que je partage, sauf que ce n’est pas une pétition, mais une élection !

      Une élection où les citoyens votent pour désigner les projets importants pour un développement soutenable. Belle journée

      (commenter n’exonère pas de se saluer…)

    1. Bonjour Julien,

      Effectivement, j’ai vu et partagé la vidéo de F. Ruffin.

      Le hasard probablement, mais je lui avais écrit à ce sujet quelques temps avant… 🙂 Belle soirée

  4. je viens de voter. Il est vrais qu’il existe plus simple, car ici, il faut s’inscrire.
    bonne continuation !!

    pascal

  5. Moi qui ne souscris jamais aux pétitions en lignes, là j’ai pris deux minutes pour voter pour cet appel à projet gouvernemental.

    Ce serait un joli pied de nez à l’industrie *-cide qui détruis nos sols que d’obtenir un financement pour promouvoir la vie, et en particulier celle des vers de terre.

    Votons, votez !
    (et en plus c’est bien parti :-))

  6. Il faut revenir aux fondamentaux pour sauver notre planète. Le ver de terre en fait partie, il est urgent de réagir !

  7. Le ver de terre, pour son action sur les sols, est l’indispensable et infatigable allié de l’agriculture, au même titre que l’abeille et autres insctes le sont pour la pollination des végétaux. Sans lombrics, un sol meurt, ce qui signifie davantage de chimie dans nos assiettes. Aidez vous, aidez le ver de terre à faire reconnaitre son irremplaçable existence !

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