Permaculture : : Bien choisir son terrain

Après le top 10 des pires erreurs en permaculture, la fine fleur des meilleurs conseils pour choisir un terrain. Et sans classement car tous sont bons à prendre !

Par exemple, qui pense à vérifier le volume de la réserve nutritive ? Et pourtant, plus la réserve sera grande et humifère, plus les plantes y seront benèzes et à l’abri du stress pour se développer.

SOMMAIRE
  1. Qui pense à écouter son terrain ?
  2. La nuit porte conseil
  3. Polluer est légal
  4. Les bons conseils
  5. La butte, bon ou mauvais conseil
  6. L’histoire du sol
Vue de ma fenêtre !

Qui pense
à écouter son terrain ?

Et pourtant l’écoute est comme l’attention, riche d’enseignement. Car écouter à la tombée de la nuit ou au lever du jour le vacarme de la nature avant d’en prendre possession, donne plein d’indications sur la biodiversité environnante. Comme entendre quelques chouettes ou hiboux ronronner est un excellent signe d’un point de vue sanitaire, comme y croiser quelques crapauds ou entendre bourdonner le matin.

La nuit porte conseil

Qui pense à mettre une loupiote la nuit pour observer les espèces qui viennent y tourner. C’est simple et gratuit, et les données récoltées vont permettre d’évaluer la dynamique de l’écosystème et la biodiversité animale disponible. Parce que dans une terre animale, la diversité des animaux qui vivent dans l’air et dans l’eau reflète ceux qui vivent dans le sol ; l’air, l’eau et le sol étant pour rappel les 3 seuls milieux terrestres où la vie se manifeste. En savoir + en lisant mon  plaidoyer pour le labour… 🙂 (labour biologique)

En effet, la culture s’appuie, soit sur le vivant, soit sur la chimie de synthèse. Si votre choix cultural se porte sur la chimie, pas de souci, le sol ne sera pour vous qu’un support de culture et vos partenaires seront les marchands de produits. En revanche, si vous avez décidé de cultiver avec le vivant, c’est le système écologique qu’il faut interroger, la vie qu’il faut évaluer. Car un système écologique ne se restreint pas à une limite parcellaire.

Par exemple, si vos voisins cultivent avec la chimie et détruisent la biodiversité animale avec laquelle vous travaillez, il faut déjà tenir compte qu’ils ont la loi pour eux, c’est-à-dire qu’ils ont le droit de tuer vos auxiliaires. Entendez que leur insouciance aura un impact considérable sur la santé de votre terrain et votre manière de cultiver, outre la santé de vos enfants.

Polluer est
légal

C’est ainsi, la loi autorise un pollueur à venir polluer chez vous sous prétexte qu’il n’est pas responsable que l’air et l’eau disséminent ses molécules chimiques. A l’inverse, si vous écoutez la musique un peu fort, ce même pollueur pourra vous faire condamner pour pollution sonore.

C’est incroyable, mais un professionnel de l’agriculture a le droit d’épandre des perturbateurs endocriniens qui vont perturber le développement des bébés du voisinage, comme un chasseur a totalement le droit de venir chez vous abattre un auxiliaire aussi précieux que le renard. Un problème législatif, car, même si tous les citoyens sont égaux devant la loi, les lois ne sont pas écrites pour servir le bien commun ou l’intérêt général, mais l’intérêt particulier des marchands et des gens de pouvoir.

Pour aller plus loin sur la terre animale, c’est par ici ; par sur les systèmes écologiques ; pourquoi cultiver sans pesticide bio ou chimique, pour comprendre pourquoi la lutte contre les pesticides est un combat perdu d’avance.

Les bons conseils

Il y a 2 types de conseils : les bons avant d’acquérir, louer ou prendre un terrain, et les bons pour le conduire une fois qu’on est à sa tête. Être à sa tête, quelle drôle d’expression pour dire qu’on en devient le chef, celle ou celui qui marquera de son empreinte le territoire comme le chien urine pour marquer le sien.

Et certains chefs d’exploitation, puisque l’objet est bien d’exploiter le terrain à son profit, vont coopérer avec l’écosystème et s’adapter à ses conditions quand d’autres vont le détruire pour le reconstruire à leur image. Et la propagande qui vend aujourd’hui la butte de culture comme une recette permaculturelle alors que cette technique n’est qu’une réponse exceptionnelle à un milieu inculte faute de sol nourricier, ne fait pas mieux que celle qui a vendu la chimie aux agriculteurs sous prétexte d’abondance ! 

La butte, bon
ou mauvais conseil ?

Ceux qui colportent ou ont colporté la butte comme une solution universelle, portent à mon avis une lourde responsabilité dans le détournement des savoirs. Victime du nivellement par le bas, l’une des meilleurs techniques héritées a été détournée de son sens jusqu’au contresens. Et dans la majorité des cas, l’édification d’une butte est aujourd’hui un acte de colonisation radicale révélateur d’un sentiment de toute puissance.

Dans mon dernier ouvrage, j’ai publié tout un dossier sur la butte de culture traditionnelle ?

L’histoire du sol

C’est souvent un point négligé, et pourtant également riche d’enseignement. Si le terrain est en friche, pourquoi l’est-il ? A-t-il été abandonné parce que sa réserve nutritive est plate ? Ou suite à un problème d’héritage ? Quand c’est possible, il faut remonter aussi loin que possible pour savoir qu’elles étaient les usages de cette terre. Car toutes ne se valent pas, et rendre riche une terre pauvre demandera beaucoup de temps et d’argent, quand une terre riche se conduira les yeux presque fermés…

La suite prochainement, car il reste encore beaucoup de choses à dire sur :

  • l’eau,
  • les vents dominants,
  • la lumière,
  • l’exposition,
  • l’ensoleillement,
  • les plantes indicatrices,
  • le terroir…

N’hésitez pas à partager si vous partagez,  car, plus nous serons de petites mains, plus l’espoir de faire bouger les lignes sera grand 🙂

2 réflexions sur “Permaculture : : Bien choisir son terrain

  1. Bonjour Christophe
    J’aime beaucoup vos articles, je dois reconnaitre que votre bon sens m’oblige à réfléchir à deux fois avant d’entreprendre une action sur le terrain que j’ai à disposition. Je questionne mes voisins agriculteurs, je cherche, je fouille par ci par là dans l’espoir de glaner quelques bonne info pour ne pas faire n’importe quoi. Mon soucis et que malgré l’observation, l’écoute, sur le sens du vent de la pluie qui tombe et il en tombe en Normadie a telle point que j’entends la terre qui glougloute comme un sol gorgée d’eau qui serait trop plein. Je me suis dit cette prairie qui a jamais était cultivé a un sol riche en humus mais aussi une bonne couche d’argile en plus d’avoir accueilli des poneys qui ont bien participer au battage et l’ensemencement de matière organique. Le rumex et l’ortie s’y développe bien ainsi que d’autres adventices que je n’ai pas encore pu identifier. Sol riche en azote ? C’est ce que je crois ! Alors comment faire couvrir de paille ? J’en ai à volonté. Faire des buttes me semble une bonne idée pour les raison évoqués plus haut sol engorgée, argileux, couvert d’adventice. Je ne veux pas labourer retourner la terre pour les raison évidente de ne pas tuer la vie des sols, je ne veux pas non plus que mon voisins passe avec son gros tracteur et son outils pour arracher l’herbe et par la même tuer les précieux vers de terre. Alors des buttes pour une première année bonne ou mauvaise idée ? L’année prochaine ces buttes qui ne sont pas dans des cadres vont tomber et je vais les étalées sur la surface. En espérant d’année en année « améliorer » mon sol pour lui donner plus de légèreté. Je ne suis pas adepte du tout, tout de suite, j’espère juste cultiver mes légumes cette année alors je teste des méthodes et je prends conseil auprès de personnes qui font preuve de bons sens. Bonne journée

  2. Bonjour,
    Nous aimons tellement les recettes , en cuisine, comme ailleur, ells evitent de reflechir, les causes sont déconnectées des effets. Les buttes répondent ce besoin de simplification. Il semble que réflechir soit devenu trop ringuard .
    Les buttes c’est la pensée unique, le prét a penser appliqués au jardinage
    “paroles toutes faites conduisent a la défaite”
    Bravo pour votre travail!
    Bonne journée

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