Comment les plantes luttent pour se défendre ?

Détection
Identification
Transmission
Réponse

C’est le scénario déroulé par la plante : je détecte, j’identifie, je transmets l’information, je réponds à l’attaque ; un process de défense partagé par l’ensemble du monde du vivant, y compris l’espèce humaine.

En effet, la plante vit sous le feu d’attaques permanentes auxquelles elle doit répondre quotidiennement ; des attaques orchestrées par d’autres espèces qui ont besoin de les manger pour rester en vie. Et comme nous, une plante préfère garder la sienne, sa vie, plutôt que de la donner à un autre !

Suite logique de cet article : « La plante n’a pas de système immunitaire comme notre système lymphatique, et elle ne possède pas de cellules spécialisées à cet effet. Bref, en l’état actuel de nos connaissances, on sait qu’elle sait se défendre mais sans organe défensif identifié… »

SOMMAIRE
  1. C’est la lutte…
  2. La cellule, particule de la vie
  3. C’est la cellule qui crée la vie
  4. La plante est un écosystème
  5. Une particule de l’écosystème
  6. Un écosystème intégral
  7. Comment les plantes luttent pour se défendre ?

C’est la lutte…

Contrairement à une idée reçue, dans un écosystème dynamique, c’est la guerre permanente pour rester en vie. Et plus la guerre est âpre, plus la biodiversité est riche ; une réalité très éloignée de l’imaginaire paradisiaque.

Pourquoi ?

Parce que dans le monde réel, à part les granivores, chaque être doit tuer d’autres êtres pour rester en vie puisque la mort est la nourriture de chacun. En revanche, si les meilleurs alliées des plantes sont les animaux carnivores, leurs pires ennemis sont les animaux végétariens ! Raison pour laquelle les plantes voient d’un mauvais œil nos amis végans… 🙂

Par ailleurs, même si nous voyons les plantes comme du mobilier, en l’espèce celui de la nature, rien ne montre qu’elles le sont. Mieux, tout prouve que le vivant n’est pas autre chose qu’une grande famille, un monde où tous ses êtres partagent la cellule comme fondation.

La cellule,
particule de la vie

La cellule est le dénominateur commun à tous les êtres vivants, et de ce fait, les plantes domestiques comme les plantes sauvages sont nos cousines germaines. Une connaissance acquise au 19eme siècle mais qui est encore sous exploitée à cause des religions qui règnent avec leurs idées reçues sur l’origine de la vie.

Et pourtant, la cellule est l’unité de base du monde du vivant, son plus petit organisme connu. Rajoutons à cela qu’une cellule naît toujours d’une ou de 2 autres. Alors, si une cellule est requise à l’existence d’une autre, c’est bien la preuve que la vie est attachée à la cellule, et qu’au commencement, la cellule était.

Et finalement, ça remet en cause les origines de la vie puisqu’il n’y a pas de vie sans cellules.

C’est la cellule
qui crée la vie

Comme nous autres, les plantes sont un agrégat de cellules organisées et pilotées par un génotype issu d’une cellule maman et d’une cellule papa, une agglomération de cellules qui collaborent étroitement à la cohésion d’un super-organisme appelé le corps.

Et dès qu’elles cessent de collaborer, on appelle ça un cancer. Pour faire simple, un cancer est une forme d’abandon de poste de certaines cellules. Et par nature, un perturbateur endocrinien dissipe la collaboration cellulaire et encourage à la désorganisation. Et un pesticide ne fait pas autre chose que de tuer les cellules ou de les désorganiser pour arriver à la même fin.

La plante est
un écosystème

Globalement, les mécanismes de défense des plantes restent encore largement méconnus alors qu’ils représentent un enjeu essentiel dans le développement d’une agriculture sans pesticides.

Mais une question se pose. Pendant combien de temps allons-nous continuer à croire qu’une plante est un simple amas cellulaire dépourvu de sens et de sensibilité ? Pendant tout le temps je le suppose, en dépit que nos corps sont constitués des mêmes grains… Que nous avons la même cellule mère… Que la bio-diversité n’est qu’une diversité d’assemblages cellulaires !

Mieux, nous savons aujourd’hui qu’un être est, certes un assemblage de cellules différenciées de même ADN, mais également un assemblage de cellules d’ADN différents. Une découverte récente qui permet de soutenir qu’un corps végétal ou animal est un système écologique, un écosystème, une communauté d’êtres vivants dans un milieu donné.

Une particule
de l’écosystème terrestre

Chaque être vivant est donc un écosys­tème à part entière, un macrocosme, mais aussi une particule ou un microcosme de l’écosystème terrestre.

Un écosystème intégral

Considérer la plante comme un écosystème intégral qui vit et interagit avec la faune présente sur son épiderme et dans l’environnement de ses racines, au même titre que le microbiote présent dans notre intestin, notre bouche, notre peau et notre système respiratoire, est une voie d’exploration quasi vierge.

Lire le dossier INRA sur le microbiote intestinal. Mais l’explorer pour rendre l’agriculteur autonome, est-ce une voie d’avenir pour les actionnaires des multinationales ? Non, et clairement non.

À l’instar de notre corps, le corps des plantes interagit en permanence avec tout un collège de micro-organismes qui vivent en symbiose avec lui. Et un microbe n’est pas seulement pathogène quand il est étranger à son microbiote, il peut le devenir en se mettant à proliférer à l’intérieur du sien. Autrement dit, une perturbation du microbiote peut favoriser le sur-développement de l’un de ses microbes naturels en changeant son statut de collaborateur en pique-assiette.

Ps : sur notre épiderme, 1 million de bestioles vivent et nous protègent par cm² ! Lire Marc-André Selosse, l’auteur de Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations ; un brillant traité sur ces petites vies qui façonnent nos vies et jouent un rôle majeur dans la défense contre nos agresseurs.

Comment les plantes luttent
pour se défendre ?

Détection
Identification
Transmission
Réponse

C’est promis, la prochaine fois, j’étaye. Mais pour l’heure, c’était important de commencer par ses fondations, car, comme pour le ver de terre,  elles sont largement minorées dans les sciences agricoles. Y compris en agroécologie et en permaculture, 2 disciplines qui misent pourtant tout sur l’intestin de la plante.

Et si au 19eme siècle, on a découvert qu’un être pluricellulaire est un assemblage de cellules, ce serait bien qu’au 21eme, on prenne conscience qu’il est également un assemblage génétique. Car c’est seulement la symbiose et l’interaction entre les cellules qui font l’organisme ; et les plantes ne fonctionnement pas autrement ; et les plantes ne réagissent pas autrement.

La suite prochainement :

  • Parce qu’une plante cultivée
    n’est pas une plante sauvage.
  • La plante une usine chimique

5 réflexions sur “Comment les plantes luttent pour se défendre ?

  1. Bonjour ,
    comme d”habitude très bon article, je suis juste un peu gêné par ” et qu’au commencement, la cellule était.” trop définitif pour moi (ça me rappelle l’histoire de la poule et l’œuf ) n’étant ni philosophe ni biologiste, je ne chercherais pas de réponses. je ne peux imaginer toutefois qu’une cellule puisse être le “premier vivant” sauf a réduire la définition de la vie à ce que nous somme capable d’observer.
    Bruno

    1. Bonjour Bruno,

      Je partage le même sentiment que vous, je ne peux pas imaginer que nous sommes spontanément nés de la seule volonté d’un être extraterrestre… 🙂 Rappelez-vous, il avait créé avant les dinosaures, mais il ne s’en ait pas vanté dans sa Bible.

      N’empêche, je me demande pourquoi il a insisté à vouloir nous doter du même cerveau reptilien. Belle journée

  2. Article très intéressant, dont pourtant l’angle “d’attaque” me désole. Ce n’est certainement pas de la faute volontaire de l’auteur, car c’est une question de paradigme d’observation directement décalquée de la mentalité humaine. Nous savons que les agents de la nature coopèrent “secrètement”, les arbres, les fleurs et les insectes, tous entre eux et même les animaux. Il serait peut-être temps de sortir de cette sémantique d’agressivité qui sous couvert de dénoncer les manœuvres assassines des insectes envers les plantes et inversement, ne servent inconsciemment, je vous le concède, qu’à nous exonérer de notre propre barbarie envers la nature.
    Si les insectes, les champignons, voir les bactéries s’attaquent aux plantes, ce n’est qu’à l’encontre de celles déjà en état de faiblesse, si ce n’est carrément malades. Nous avons développé une logique et un mode de pensée et de méthodologie culturale de la pathologie végétal, pour reprendre l’expression de Lydia et Claude Bourguignon. Ainsi par notre propre agressivité tyrannique, comme exemple miroir, si ce n’est argument de preuve, nous interprétons la nature comme agressive et dans un combat perpétuel. Et, nous justifions ainsi nos propres intentions agressive contre la nature lorsqu’elle est perçue comme désobéissantes. Désobéissante à nos yeux, si elle ne produit pas ce que nous voulons, comme nous le voulons, où nous le voulons, dans les temps que nous voulons. Comme lorsque des insectes envahissent notre jardin, alors qu’ils ne viennent en réalité que nettoyer le jardin de ses plantes malades.

    1. Bonjour Limouzin,

      Vous êtes désolé par mon article, et vous avez réussi à lire ce que je n’ai jamais écrit.

      En revanche, quand j’ai lu votre conclusion, j’ai mieux compris : “ Lorsque des insectes envahissent notre jardin, alors qu’ils ne viennent en réalité que nettoyer le jardin de ses plantes malades.“. Fallait oser.

      Bref, je comprends que vous n’avez jamais été agriculteur ou autonome, je comprends mieux votre commentaire.

      Belle journée

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