Pourquoi cultiver sans pesticides

D’abord, commençons par saborder une idée reçue : cultiver sans pesticides chimiques ou biologiques est plus facile à dire qu’à faire, sauf…

SOMMAIRE
  1. Pourquoi !
  2. Avantage d’un pesticide d’origine végétale
  3. Les répulsifs
  4. En Agriculture,
  5. Attaquée, comment réagit la plante ?

Sauf dans un petit jardin où une douzaine de choux, une vingtaine de salades, 20 m de pommes de terre, 10 de haricots et 5 de carottes sont annuellement cultivés pour la consommation occasionnelle.

Pourquoi !

Parce que l’observation régulière suffit amplement à gérer les débordements parasitaires. Chimiques, biologiques ou naturels, tous les produits devraient être proscrits dans un jardin pour le loisir et la détente car ils sont contre-productifs.

Pourquoi ?

Parce que…

Contre-productifs, car, quand on détruit le « nuisible » (celui qui nuit à la culture et met en danger la récolte) avec un pesticide chimique ou naturel, on détruit au même titre son prédateur ainsi que tous les auxiliaires qui passaient par là et qui n’avaient rien demandé à personne. Un jeu diabolique où les vers de terre, les araignées et tous les pollinisateurs en prennent plein la gueule pour pas un sous.

C’est la face sombre du monde des pesticides, la partie immergée de l’iceberg, la partie occultée. D’ailleurs, une soixantaine de chercheurs de plus de 24 pays, s’appuyant sur plus de 200 études sur les insecticides systémiques, affirment dans une publication scientifique en date du 28 février dernier, que ces pesticides tuent tous les ravageurs, tuent tous les auxiliaires, et tuent tous les autres y compris les vers de terre, les oiseaux…

Jardin d’Heligan en Angleterre

Avantage d’un pesticide
d’origine végétale

Le seul avantage d’un tel pesticide est d’être rapidement photo-dégradé et neutralisé, avant d’être digéré par l’écosystème souterrain. Par conséquence, sa virulence est brève et n’a aucun impact durable sur l’environnement, même si sur le coup, son impact sur la biodiversité animale est équivalent à celle d’un pesticide chimique.

En revanche, un pesticide d’origine naturelle comme la bouillie bordelaise (autorisé en AB…) reste virulent et toxique pendant très longtemps dans les sols ! Le problème du « bleu » est exactement le même que celui du glyphosate, c’est l’usage répété et immodéré qui crée durablement le problème.

Pour rappel, le sulfate de cuivre n’est pas bio-dégradable car il s’accumule dans les sols. Un autre désastre écologique programmé, un de plus ! Un de plus, un de moins, au stade où nous en sommes, je doute que ça pèse dans la balance 🙁

Quant à l’efficacité des pesticides d’origine végétale, elle peut être redoutable à l’exemple de la plus puissante plante insecticide connue, le pyrèthre de Dalmatie. Une plante qui ressemble à une grande camomille (pyrèthre dorée) et dont les industriels ont copié les principes actifs. Naturel ou de synthèse, le pyrèthre est un pesticide total qui tue tous les animaux à sang froid par contact, aquatiques comme terrestres.

Les répulsifs

Chimiques ou naturels, les répulsifs usent toujours de la même stratégie : repousser l’ennemi chez le voisin ou loin des yeux. Finalement, empêcher une bestiole de manger revient à l’affamer et à la faire mourir de faim. Certes, c’est végan, mais pas mieux pour son avenir !

Quant aux substances et autres grigris censés repousser les maladies et les envahisseurs comme le mauvais sort, c’est effectivement un champ commercial et idéologique convoité par beaucoup de jardiniers et de marchands.

En Agriculture

En maraîchage ou en agriculture, même si l’observation attentive permet grandement d’anticiper, donc de réduire l’usage de produits, il est manifeste que sous certaines conditions favorables, une attaque de doryphores, de pucerons, d’altises ou de piérides, demandera une réponse autre que le ramassage manuel, sauf à avoir sous la main une cohorte de petites mains bénévoles, autrement appelée stagiaires 🙂

En effet, on ne gère pas pareil 10 choux comme 1 000, ou 10 pieds de pomme de terre et un hectare. Et cette monoculture à la source de tous les problèmes environnementaux, (lire c’ la dose qui fait le poison) est obligatoire puisque moins de 1 % de la population française produit de la nourriture contre 80 % il y a un siècle.

Ceci dit, il  est évident que l’usage de variétés hautement productives sur des sols usés jusqu’à l’os, fait que les plantes sont totalement désarmées face aux attaques parasitaires, pas mieux qu’un soldat nu, qui avec sa bite et son couteau, s’attaquerait à découvert à un bataillon armé jusqu’au dents ! Parce qu’un sol usé, c’est comme un estomac vide, ça ne donne pas beaucoup de force.

Attaquée,
comment réagit la plante ?

D’abord, la plante n’a pas de système immunitaire comme notre système lymphatique, et elle ne possède pas de cellules spécialisées à cet effet. Bref, en l’état actuel de nos connaissances, on sait qu’elle sait se défendre mais sans organe défensif identifié ; on sait que la plante sauvage est capable de se soigner. On sait aussi qu’une plante sauvage qui est en phase avec son terroir, est en accord avec l’écosystème. En revanche, une plante cultivée est toujours en désaccord.

Et plus l’écart est grand entre son climat intérieur et extérieur, plus sa dépense énergétique pour compenser affaiblit ses capacités d’autodéfense tout en contrariant son développement.

Rajoutons enfin que les différentes variétés d’une plante cultivée, qui n’ont pas d’autres buts que d’augmenter les rendements, les teneurs en sucre ou la valeur gustative, augmentent cet écart. Comment illustrer ?

C’est comme vouloir élever des rênes à Marseille. Certes, c’est possible, mais il faudra beaucoup de générations avant qu’ils s’acclimatent. Parce que s’acclimater, c’est s’accorder comme des violons s’accordent pour sonner de concert.

Parce qu’une plante cultivée
n’est pas une plante sauvage

La suite prochainement

 

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