Permaculture. Le top 10 des pires erreurs.

Les pires erreurs en permaculture, en agroécologie ou en jardin vivant, que l’on débute ou pas. Bref, commençons par la moins pire, une maousse costaude qui occasionne déjà beaucoup de dégâts 🙂

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Croire que c’est facile et que ça pousse tout seul.

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Croire que c’est moins de travail, que l’intention et la sincérité ça marche, que le laisser-faire et le non-agir sont aux sources de l’abondance. Le croire, c’est négliger que c’est beaucoup plus de travail que le jardinage lambda.

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Croire que l’on peut jardiner sans anticiper. Parce qu’anticiper, c’est prendre soin et devancer les problèmes, c’est être attentif et se souvenir que la culture préventive intervient en amont, considère le jardin dans sa globalité, entre microcosme et macrocosme.

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Croire qu’arroser est superflu et que l’eau est accessoire. Le croire, c’est perdre de vue qu’arroser superficiellement comme de trop, est pire que de ne pas arroser. Parce que dans les 2 cas, ce sont les champignons qu’on arrose… Des champignons qui vont en profiter pour attaquer la plante affaiblie par l’excès ou le manque d’eau ! Ne pas croire que cultiver loin d’un point d’eau n’a pas d’importance. En savoir +

6

Croire que le paillage est la solution à tout et
dispense d’arrosage pour avoir de beaux légumes !

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Croire que les limaces (voir art.) comme les rats taupiers sont des auxiliaires des cultures (art.) ; que les indésirables, les « mauvaises herbes », sont des plantes compagnes ; qu’un milieu cultivé s’apparente à un milieu sauvage.

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Croire que l’on peut semer à tout moment de l’année, au même moment au nord comme au sud. Le croire, c’est oublier que chaque semence a besoin d’une certaine température pour sortir de sa dormance. En savoir +

3

Croire qu’on cultive pareil en Normandie comme dans le Sud, que la permaculture est la solution, qu’il existe des recettes universelles et des remèdes miracles.

2

Croire que les rotations sont faites pour les chiens, que les plantes ne se déplacent pas et que l’on peut toujours cultiver la même plante au même endroit.

1 ter

Croire qu’un sol vit d’amour et d’eau fraîche, c’est omettre que les animaux du sol doivent être nourris, que les racines des plantes respirent et qu’un sol a besoin d’oxygène. En savoir + ; ++

1 bis

Croire que l’ubac vaut l’adret,
que le haut vaut le bas-fond,
que tous les sols se valent,
que les plantes aiment l’ombre.

1

Croire que la nature est généreuse et
que l’on cultive sur le terrain comme sur le papier.
En savoir +

Qu’est-ce qu’une croyance ?

Une croyance est une idée, une opinion que l’on se fait du monde qui environne notre monde intérieur, une représentation imaginaire du réel qui fait sens uniquement dans le cerveau de celui qui y croit.

C’est innée, toutes les idées essaient de s’imposer au titre des Savoirs. Et sans conteste, au fil du temps, beaucoup de ces opinions sont devenus des informations consommées sans modération ni pincette.

 

15 réflexions sur “Permaculture. Le top 10 des pires erreurs.

  1. Bonjour,

    Ces petits rappels me font sourire, par leur pertinence.
    Tant il est vrai que nous aurons beau circuler, sillonner, traverser « la toile » dans tous les sens, nous apprendrons beaucoup, certes, et devrons tout oublier au pied de nos buttes. « La culture c’est quand on a tout oublié » ce qui vaut pour la culture potagère aussi.
    Alors nous apprenons à apprendre, lentement, très lentement, au rythme de la nature et de ses lois incontournables.
    Nous apprenons des déconvenues plus que des « écoles ».
    Les vrais jardiniers, permaculteurs ou non, le rappelle humblement.
    Pascal Poot dit : «  je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas arroser, moi je n’ai pas d’eau donc j’ai dû m’adapter, c’est tout ».
    Damien Dekarz rappelle toujours la nécessité d’adapter, d’essayer et encourage aussi à se méfier des permaculteurs , y compris lui …
    ceci étant, il faut se réjouir de cette vague de retour au potager.
    Ceux qui y travailleront avec les contraintes de tout travail y trouveront du bonheur.
    Ceux qui espéraient du clé en main retourneront vite à leur mode de vie hors sol.
    Les premiers laisseront une jolie trace sur terre.
    Les deuxième en laisseront peut être une ailleurs.

  2. À propos du dernier débat :
    Nietzsche disait:
    La certitude rend fou ; le doute rend intelligent.
    Celà va très bien aux certitudes qui émaillent certaines vidéos sur le permaculture.
    Bonne soirée.

  3. Salut,
    À la fois je suis plutôt d’accord avec toi sur les principes énoncés, à la fois je suis gêné par le ton que tu emploies et que j’estime condescendant. Et finalement, c’est un méli-mélo de sentiments contradictoires qui me pousse à commenter.

    Tu sembles dénoncer le dogmatisme qui sévit dans certains milieux de la permaculture et qui la diluent dans des affirmations simplistes que croient certaines personnes enthousiastes, certes. Mais moi aussi au début j’ai cru que ça poussait tout seul, que ça demandait peu d’efforts. Et je crois que je pensais ça car les permaculteurs que je suivais à l’époque me donnaient cette impression de “sans-effort”, j’imagine malgré eux. En réalité, je n’ai pas souvenir d’avoir entendu de leur part que c’était sans effort, mais leur décontraction me le laissait peut-être l’interpréter ainsi.

    Enfin, ce qui me gêne aussi c’est le fait que tu dénonces ce que tu considères comme des croyances en y opposant des affirmations que tu poses ici comme indiscutables. Or, n’est-ce pas une autre forme de dogme ? (ceci n’est pas une question rhétorique) Aux croyances, je préfère que l’on oppose le doute.

    Je ne sais pas si tu es d’accord avec ça, mais je vois des commentaires qui érigent par exemple Damien Dekarz comme un représentant de la “vraie” permaculture, sous-entendue qui se refuse aux croyances que tu dénonces. J’en suis perplexe, car Damien a tendance à, par exemple : considérer les limaces comme des animaux à garder au jardin, montrer des fruitiers abondants obtenus sans effort, peu arroser, être tolérant envers les adventices, et j’en oublie. Et ces actions ne respectent pas certains points de ta liste.
    (j’aime beaucoup Damien et son travail, par ailleurs)
    Je pense également à Pascal Poot, qui entre en contradiction avec ton point n°7, en cultivant, au fil des générations, des tomates sur un terrain qu’il savait sec et sans eau.

    Bref, j’apprécie que tu fasses cette liste, ça m’a fait réfléchir, et en même temps je suis partagé. Car finalement, un bon paysan (ou permaculteur), n’est-ce pas celui qui arrive à obtenir une récolte à la hauteur des moyens employés et en considérant des principes éthiques ? Peu importe s’il a semé sur un sol sans eau ou autre, tant que les résultats et la morale sont là, non ?

    Pour finir, je ne comprends pas le début de ton point 1. Tu ne crois pas que la nature soit généreuse ? Ou alors nos définitions divergent. Quand je dis “généreuse”, je pense à la multitude de graines que donne une salade. Peut-être que pour toi, ça signifie plutôt que la nature n’est pas là pour nous faire plaisir ?

    Enfin voilà, je suis un peu dans le flou, je suis peut-être passé à côté de la substantifique moelle de cette liste ?
    Mon commentaire se veut dialoguant, en tout cas, pas confrontant.

    1. Quentin,

      Comme tu sembles l’ignorer, je ne délivre aucune vérité, seulement mon point de vue.

      Et ceux qui prendraient au pied de la lettre tout ce que je dis et écris, comme ceux qui les rejetteraient en bloc avec la même virulence, je les encouragerais à douter.

      Pourquoi ?

      Parce que la certitude, c’est-à-dire la fixité, est contraire aux mouvements qui anime la vie.

      Alors, c’est vrai, j’affirme avec franchise, puis je nuance, c’est ma manière de faire et elle n’enlève rien à personne. Belle journée

  4. Bonjour Christophe,

    Tu m’a fais peur, j’ai cru que tu te prenais pour Moïse avec ta table des 10! Mais non, je constate que tu te garde toujours d’imposer un dogme. Merci pour ça, de ne pas nous coller des oeillères, de semer la réflexion.

    Je te souhaite une bonne année.

    Vincent

  5. Bonjour,
    hier sur France inter, dans l’édito carré, intitulé “la fièvre du complot”, Mathieu Vidard évoquait la théorie du complot.

    Extrait :”Ainsi selon le sociologue Gerard Bronner, Internet, ou prospèrent ces théories, a conduit
    à une massification de l’information avec cet outil qui est utilisé comme un biais de confirmation. Autrement dit, on trouve toujours sur la toile quelqu’un pour venir conforter nos préjugés et nos croyances. On appelle aussi cela la “clôture informationnelle”, le fait de rester toujours enfermé sur les mêmes sites ou les mêmes blogs.
    Ce qui a pour effet d’anéantir tout sens critique.”

    J’ai cru y voir quelques similitudes avec le petit monde de la permaculture….
    Quant au sens critique, il va de soi que le votre cher Christophe Gatineau, il est comme qui dirait une bouffée d’oxygène, un rayon de soleil, une gorgée d’eau ou encore une poignée de terre fertile, enfin vous l’aurez compris il est VITAL !
    Puissions nous en ce début de nouvelle année, lecteurs du Jardin vivant, nous en inspirer.

  6. Bravo, pour ce message, tu m’ôtes les mots de la bouche et il serait opportun qu’un max de gens entendent cette réflexion. Je vis au Maroc depuis trois mois, je participe à un projet de maraîchage biologique dans un petit village, et je peux témoigner de tout ceci.
    Dès que tu poses une question un peu précise sur un sujet, les réponses deviennent un peu comme un brouillard de mars en Bresse. Certains ont même le culot de présenter des formations (payantes) sur des préparations “bouses de cornes” (préparation n500 en biodynamie), les revendiquant au nom de leur secte. Et oui, il y a une permaculture intéressante, celle de Bill Mollison, cela dit, le gars a travaillé plus de 25 ans sur le domaine avant d’écrire son livre. Comme quoi, il n’y a pas de secret et tout ça va finir comme un pétard mouillé.
    Bien à toi.

    1. Merci Rondet pour ton retour,

      Je te confirme que la fédération des vendeurs de soupe n’était pas contente par les quelques messages haineux et agressifs que j’ai lu à mon propos, des adeptes de la communication positive comme tu t’en doutes 🙂 Belle journée

    2. Bonjour,
      Pourrais je connaître le nom de ton village au Maroc? A quelle échelle C est exactement? Par curiosité si j’y reviens…
      Merci

    3. c’est pas pour commenter; c’est juste pour savoir où vous êtes au maroc; je m’adresse à Rondet; je suis marocain, universitaire; je m’intéresse à la permaculure et mon souhait, c’est de rencontrer des personnes avec qui partager; j’ai un terrain à 30 km d’el jadida. bien à vous!!

  7. Bonjour
    Bien d’accord avec la “marchandisation” du phénomène permaculture
    D’ailleurs comme nous nous apprêtons à un déménagement de notre exploitation pour évoluer en ferme, forcément nous nous posons les questions fondamentales pour bien faire nos choix, notamment l’implantation !
    Alors si quelqu’un veut bien nous conseiller sans finance, c’est avec plaisir que nous échangerons sur autre chose, nous sommes déjà dans cet esprit là depuis de nombreuses années, j’ai même grandi ainsi puisque mes parents vivaient déjà en autosuffisance sans se poser de questions et notre foyer était vu par notre entourage comme ceux qui n’avait pas su reussir dans la vie !
    Que je te vénère papa de m’avoir fait grandir au milieu des poules, poulets lapins moutons et cochons, mais aussi salades choux vigne à papi que tu as continué à cultiver et les céréales.
    J’entends déjà certains dire : ils devaient avoir des hectares ! Et bien non, tout en petites quantités, sur 3 à 4 ha.
    C’était le bonheur et je l’ai compris il y a 1 an et demi au cours d’un atelier ou la formatrice qui me connaît bien, me dis : mais pourquoi tu viens, tu sais faire déjà tout ça ! Et la déclic!
    Effectivement, j’ai vécu depuis ma naissance ainsi et j’ai changé de direction quand j’ai fait mes études d’horticulture, mais c’est bien connu, le naturel reviens au galop
    Tout se fait naturellement
    Merci papa et maman, vous pouvez être fier vous qui avez été montré du doigt par votre entourage, c’est vous qui étiez dans le vrai mais vous même ne l’aviez pas compris.
    Pour conclure, voici ma devise : l’argent que j’ai gagné c’est celui que je n’ai pas dépensé
    Merci de m’avoir lu
    Bonne journée à bientôt

    1. Salut,

      Moi, je suis carrément partant pour parler de ça avec toi, de la construction de ton truc, etc. Comment veux-tu procéder ? Je ne peux pas donner mon mail ici, il serait masqué…

      Amitiés,

      Benoît

  8. bonjour et bonne année.
    fils et petit fils de paysan, je reviens vers la ferme à ma retraite.
    depuis un an je me forme et auto-forme sur cette notion de permaculture et de semis direct sur sol vivant.
    et j’expérimente : seule façon de valider. et je suis ok sur les 10 points noirs de l’article !!!! mes prédécesseurs seraient morts de rire en regardant des vidéos où l’amateurisme est éclatant. eux faisaient l’erreur de “tuer” le sol en labourant trop profond. mais ils ne confondaient pas adret et ubac et les saisons. je viens de voir une tour à pommes de terres : lol lol lol.
    mes premières expériences montrent que les vers de terre sont revenus et font un travail remarquable. elles démontrent aussi qu’il faut jouer finement avec le mulch, l’arrosage, le moment des plantations et semis etc.
    mais la pratique du sol vivant diminue énormément la quantité de travail. je peux comparer avec ce qui se faisait avant mon arrivée. aucune butte à cultiver.
    par contre j’ai fait une butte “mining d’humus” : je m’explique.
    j’ai un grand nombre de troncs vieux et bien attaqués.
    j’ai procédé ainsi : une couche de cartons ; les troncs ; des cartons et branches fines ; une couche de tonte ; semis sur fine couche de compost de seigle, courges moutarde. chaque couche de la butte a été bien arrosée. en fin de cet été 2017 un sondage a montré une superbe activité bactérienne et mychorisienne. sans parler des macrophages et microphages !!!! à l’automne, l’engrais vert a fait office de couche superficielle. les courges ont nourri la famille et tout un tas d’animaux, souvent nocturnes.
    rebelote l’an prochain..
    dans un an ou 2 j’aurai un beau tas d’humus.

  9. Bonjour Christophe,
    Que toi et les tien.ne.s vivent une très belle année 2018. Peut-être un bouquin à la clef ?

    Je suis assez d’accord avec toi pour admettre qu’il y a pas mal de bourrage de mou dans le discours actuellement squatté par la permaculture officielle (oserai-je un autre terme qu'”officielle” ?).

    Quand on reprend les fondamentaux (comme le Designer’s Manual de Molison, le Water for Every Farm de Yeomans, ou le Tree Crops de J.Russel Smith ou le Regeneration Agriculture de Mark Shepard, entre autres), on s’aperçoit bien que plus la permaculture se “youtubise”, plus on patauge dans ce qui traîne et se répand de confusions courantes, et délétères en termes de production proprement dite. Ca devient un nid à pognon, à image bling-bling, bref un moyen de faire du profit en se faisant briller les fesses au passage par un auto-astiquage de rigueur.

    Je ne crache pas dans la soupe, ni ne met tout le monde dans le même panier, bien sûr. Mais je trouve qu’elle pourrait avoir bien meilleur goût.

    Il y a des gens absolument passionné.e.s et passionnant.e.s qui sont une vraie bouffée d’air (voir notamment Natacha Leroux (incontournable !), Damien Dekarz, Benjamin Broustey et Steve Read, Mark Shepard et toute l’équipe de Ben Falk aux USA, les Whole Systems Design).

    Mais pour m’y consacrer en secret et pour mon propre compte depuis pas mal d’années, pour justement ne pas avoir envie de tomber dans le piège numérico-égocentrique qui est tendu aux tenant.e.s de la permaculture actuellement, je constate en effet un glissement très net et délétère vers une forme d’application de croyance, au sens où tu définis le terme.

    Quand on travaille dur et qu’on s’approprie le truc pour soi et les siens, au lieu de suivre, réciter et répéter comme des moutons ce qu’on est aujourd’hui conditionné à nous recracher stérilement y compris dans des médias jugés progressistes, on se libère d’une charge incroyable. Simplement, on ne peut pas se prendre pour un.e permaculteur.trice, ce qui semble rester la motivation latente majeure. Il y a du pognon et du profit symbolique à la clef.

    Ce sera sans doute la perte de l’élan actuel et des aspirations légitimes à une vie plus responsable, plus anthropologique et plus saine. Comme partout, dès que ça buzze un peu, ça attire les charognard.e.s, les profiteurs.euses, les fait-reluire et les imposteur.e.s. Tant pis. On n’a jamais trouvé à se débarasser durablement de ce genre de phénomènes. C’est sans doute humain, trop humain comme disais l’autre.

    Les meilleur.e.s dans le domaine de la permaculture, justement, prennent bien garde de ne pas s’en réclamer. Ils/elles ont compris depuis longtemps ce que je suis entrain seulement de saisir depuis quelques semaines.

    Bientôt une belle permaculture surnagera, incroyablement efficiente, insubmersible, en dépit du rabaissement qu’on lui impose de l’intérieur pour des raisons proprement gerbantes.

    Merci sincèrement de la ténacité de ton discours, reçois mes encouragements les plus fraternels.

    Amitiés,

    Benoît

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