Qui est M. Hulot ?

Autrement dit, M. Hulot est-il un militant écologiste ou un imposteur ?

Avant le 13 novembre 2017, jamais je n’aurais osé débuter un article sous la forme d’une question, au demeurant agressive, voire diffamatoire, tout au moins suspicieuse. D’ailleurs, je m’excuse par avance quant à ceux qui la prendraient au pied de la lettre.

Alors, pourquoi une telle entrée en la matière ? Parce que c’est le sentiment que j’ai eu suite à la lecture de son interview, publiée par Reporterre.net et réalisée M. Kempf et Mme Massemin.

© Fanny Dollberg – Reporterre.net

La goutte de trop

Déjà, d’apprendre que le défunt président de la FNSEA qui militait pour une industrialisation de l’agriculture, finançait la Fondation Nicolas-Hulot via les huiles Lesieur et le groupe agro-industriel AVRIL dont il était également le Président, ne peut laisser de marbre quant à la clarté des engagements de M. Hulot. (1) 

La FNSEA, à qui nous devons le modèle agricole et son impact sur la Nature et le mal-être du monde paysan… Mais quand je découvre que, pour illustrer cet entretien, M. Hulot s’est fait tirer le portrait à côté de ceux de GANDHI et MANDELA, comme une goutte de trop ou un clou enfoncé un peu trop loin, j’ai été interloqué par ces références dont l’une peut laisser songeur. Mais j’y reviendrai. (2) 

Qu’est-ce qu’un imposteur ?

Celui qui se fait passer pour ce qu’il n’est pas, et qui cherche à abuser autrui sur sa propre personne. Et, sous couvert de fausses promesses, cherche à en tirer un profit personnel, matériel ou moral.

Défini ainsi, comment ne pas voir également l’ensemble du personnel politique comme une gigantesque imposture ? Peut-être, mais ce n’est pas l’objet de cet article. En plus, mettre tout le monde dans le même sac est étranger à ma manière de penser. Chacun ses principes ! D’accord, certains réclament de s’y amarrer solidement pour continuer d’y croire, croire que le politique œuvre pour le bien commun.

Comment ne pas être choqué

Dans ces conditions, M. Hulot est-il un militant écologique ou une célébrité sensible à l’écologie ? Une célébrité qui a su ménager sa chèvre et son choux, autrement dit, qui a toujours su concilier ses activités commerciales et ses aspirations écologiques et politiques. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas avoir été rémunéré pendant longtemps par de grands pollueurs de la planète, sans être insensible à leur cause. Mais j’y reviendrai.

Et comment ne pas être choqué par cette interview, tant le porte-parole du gouvernement n’aurait pas fait mieux ; M. Hulot y défendant bec et ongles la politique de M. Macron. Et avec la ferveur d’un représentant de commerce, d’expliquer que le Président n’est pas là pour favoriser les riches !

Et soutenir que les pauvres vont être appauvris pour être enrichis plus tard. Fallait oser. Du même tonneau que : À vous qui souffrez en silence, les portes du paradis vous seront grandes ouvertes… Bref, M. Hulot dit :

« Il y a la volonté d’assainir les finances et de relancer l’activité économique pour pouvoir redistribuer ensuite. Il y a plusieurs manières de faire cela, le gouvernement a choisi une voie, laissons-lui le temps de faire la démonstration qu’il y aura une meilleure répartition de la richesse plus tard et un gain de pouvoir d’achat pour les Français. »

Si ma mémoire est bonne, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Lettres à M. Hulot

Du temps où M. Hulot était conseiller spécial de M. Hollande, je lui avais proposé de venir faire une conférence sur le réchauffement climatique à Limoges. Dans ma lettre, j’en profitais pour l’interpeller au sujet de la certification AB, un label bio qui, à l’exemple des autres, ne prend pas en compte la consommation des énergies fossiles, alors que le gazole est un polluant durable, aussi sévère que n’importe quel pesticide chimique, particulièrement en AB industriel. Pas de réponse à ce sujet.

Dans la même veine, la lettre pour l’interpeller sur l’effondrement des populations de vers de terre est restée morte. Et la même adressée l’année précédente à son prédécesseur, Mme Royal, avait fini à la poubelle… Et la même adressée (encore avant) à son ex-conjoint m’avait valu comme seule réponse, qu’il la transmettrait à la mère de ses enfants, Mme la ministre en charge du sujet. L’oligarchie est une grande famille 🙂

Une question de ver de terre

Même si les deux ministres en charge du ver de terre ont traité le sujet avec le même mépris, n’empêche que la dichotomie demeure entre un ministère de l’agriculture qui, à juste titre, fait l’éloge du ver de terre comme l’un des auxiliaires les plus précieux pour l’agriculture durable, et le ministère de l’écologie qui l’a superbement oublié dans sa loi sur la reconquête de la biodiversité.

Et alors même que le ver de terre aurait dû être le premier bénéficiaire de cette loi, ne rien faire et continuer à ignorer sa condition, c’est servir la soupe au modèle agricole porté par la FNSEA. Parce que tous les agronomes conscients le savent, le ver de terre, colonne vertébrale des sols vivants, est allergique aux pesticides, aux hormones de synthèse et aux engrais chimiques. Autrement dit, l’agriculture hors-sol décime ses populations comme neige au soleil.


Lettre adressée le 26 juillet 2017 à Monsieur le ministre de la Transition Écologique et Solidaire.

Objet : le ver de terre, fer de lance d’une agriculture durable et principal acteur de la bonne santé des sols, a été oublié par l’État.

Monsieur le ministre,

Veuillez m’excuser d’entrer de plain-pied dans le vif du sujet, mais le ver de terre ne bénéficie d’aucune protection, d’aucun plan d’action national ou européen, et d’aucune mesure dans la loi pour la reconquête de la biodiversité contrairement aux insectes pollinisateurs.

 

Et cet oubli est d’autant plus surprenant, qu’il est aujourd’hui unanimement reconnu comme l’auxiliaire le plus précieux pour une agriculture soutenable et économe en énergie. D’ailleurs, même le ministère de l’agriculture en fait l’éloge sur son site internet. Et chacun se souvient de la phrase lancée le 24 novembre 2014 par M. Stéphane LE FOLL : « Merci à mon camarade le ver de terre, l’un des plus grands marqueurs de la bonne santé des sols et de la biodiversité. »

 

Monsieur le ministre, je ne suis pas un catastrophiste mais la situation est grave. Les populations s’effondrent, 80 à 90 % ont été décimées en moins de 50 ans, et la quasi totalité des lombrics communs ont disparu de certains sols céréaliers ou betteraviers. Alors ma question est simple.

 

– Quelles mesures concrètes prendrez-vous pour stopper cet effondrement ?

 

J’ajoute pour finir, que je suis l’auteur d’une dizaine d’articles de fond sur les vers de terre et que l’un, Le ver de terre, une espèce à protéger, a été consulté plus de 100 000 fois sur mon blog. Preuve que le grand public est attentif et sensible à ce problème majeur. Dans l’attente, je vous prie d’agréer…


Pour terminer, dans l’interview publiée par Reporterre.net, M. Hulot souligne son combat contre le glyphosate comme une preuve de sa sincérité. C’est bien. Encore que le glyphosate n’est que l’arbre qui cache la forêt, un amuse-gueule pour occuper le petit monde de l’écologie, le problème n’étant pas le glyphosate, mais les pesticides et le modèle de développement agricole qui ronge la biodiversité et l’avenir des générations futures !

Et finalement, à l’exemple du ver de terre, on finirait par se demander si ce petit monde n’est pas également en voie de disparition… Cf. Et si la lutte contre les pesticides était un combat perdu d’avance



ANNEXE

(1) Pour info, l’un des leaders planétaire des pesticides dans les années 80, Rhône-Poulenc, était le premier partenaire financier d’Ushuaïa, l’émission dont M. Hulot était producteur et animateur. Et avant qu’il ne rentre au gouvernement, sa fondation qu’il présidait, était financée par : EDF, l’un des leaders planétaire du nucléaire, des multinationales comme Bouygues, Véolia, Carrefour…

(2) Sachant l’importance que revêt l’image chez un homme d’images, comme pour se baigner dans la même lumière, M. Hulot s’est hissé sur le dossier d’un fauteuil pour se mettre à la même hauteur. Mais il semble ignorer que tous les hommes avides de pouvoir ont leur part d’ombre, à l’instar des positions pour le moins obscures de M. Gandhi dans l’Indian Opinion : « L’idée générale qui semble prévaloir dans la colonie est, que les Indiens valent un peu mieux, voire pas du tout, que des sauvages ou les indigènes d’Afrique. Même les enfants ont appris à croire à cette idée, avec le résultat que l’Indien est rabaissé au niveau d’un simple nègre. » (The Collected Works Of Mahatma Gandhi – vol 1 – p. 193)

De nouveau au sujet des noirs d’Afrique : « …/ sa seule ambition est de rassembler du bétail pour acheter une femme et passer le reste de sa vie dans la paresse et la nudité. » Meeting in Bombay on Sept. 26 1896. Celui qui les rapporte, a listé plus d’une cinquantaine d’écrits sourcés sur les positions raciales de M. Gandhi. À découvrir ICI