Attention à l’urine au jardin !

Le point noir de l’urine, c’est son stockage.

Comment la conserver pendant des mois sans qu’elle ne vire ou se précipite ? Comment neutraliser le cycle de son azote, l’urée ? Car quand l’urine sent l’ammoniaque, c’est l’azote qui s’envole…

Quant au phosphore dont les réserves mondiales sont quasi épuisées et non renouvelables, l’urine en est naturellement riche avec les cacas. De ce fait, les déchets corporels seront pour les générations futures, la seule et unique source naturelle de phosphore.

Et pour rappel, combiné à l’azote et au potassium, le phosphore est un élément nutritif fondamental de la plante, obligatoire à sa croissance.

Obligatoire comme obligé et indispensable… requis, prescrit, exigé. Le cycle du phosphore est éclairant à ce sujet.

Cycle du phosphore
Un humain produit
un camion citerne
d’urine par vie.

Avec plus de 3000 substances chimiques identifiées, l’urine est un liquide complexe, composé à 95 % d’eau et chargé en urée et en phosphore, et dans une moindre mesure, de potassium et de tous les oligo-éléments dont la plante a besoin.

Interdite en AB

Pour me situer, j’ai découvert les usages agricoles de l’urine humaine il y a 20 ans, à l’occasion de recherches que je conduisais sur la cloque du pêcher. D’ailleurs, en stimulant les réponses défensives de l’arbre à pêches, l’urine est le seul complexe moléculaire à posséder des propriétés curatives contre ce champignon.

Mais pour cet usage comme pour tous les autres, l’usage de l’urine humaine étant interdit en agriculture biologique, le dossier est clos. Clos et doublement fermé à double tours puisque beaucoup approuvent cette interdiction au prétexte fallacieux que l’urine serait sale et chargée de molécules chimiques. Comme si tout le monde était shooté aux médocs ou stérilisé à la pilule.

Mais contre toute attente, ces mêmes personnes ne sont pas choquées de polluer les réserves souterraines d’eau potable, les sources et les rivières avec leurs urines contaminées.

Bref, pour voir tous les articles publiés ici sur l’urine humaine au jardin, c’est pas .


Médicaments et pilules !

J’ose rappeler que nous devons l’effondrement généralisé et mondialisé de la biodiversité et des ressources aquatiques aux mêmes empires qui fabriquent leurs médicaments. Des multinationales que nous pouvons compter sur les doigts d’une seule main, et qui fabriquent des poisons comme les pesticides, et des contre-poisons comme les médicaments ! Un petit commerce qui ne connaît pas la crise… 🙂

Alors, quand les réfractaires aux usages agricoles de l’urine font pipi, ne font-ils pas leur part de pollution à l’instar de la part du colibri ? Ni vu ni connu, c’est tellement plus simple de tirer la chasse pour envoyer ses déjections à la station d’épuration qui se jette dans la rivière du coin.

Parce que toutes les stations d’épuration se déversent dans la rivière la plus proche de chez vous !


Extrait du livre : La permaculture de 1978 à nos jours.

L’urine, c’est pas du caca

L’urine, c’est pas du caca mais un engrais directement assimilable par les plantes contrairement au caca qui est un fertilisant. Et quand on ne valorise ni l’un ni l’autre, c’est 15 à 20 fois leur volume en eau potable qui est souillé avant d’aller souiller le pot commun.

Pas mieux pour les adeptes du zéro déchet qui, comme vous et moi, pissent et chient et donc produisent des déchets… des déchets corporels rarement valorisés ! Quant aux fameuses toilettes sèches, elles fonctionnent aux copeaux, des copeaux qui consomment beaucoup d’énergie nucléaire avant de l’être. En effet, combien travaillent encore à la plane ou au rabot à main ?

Bref, notre système énergivore produisant des copeaux, autant les valoriser.

L’urine est un engrais

L’urine est un engrais, mais comme tous les engrais, c’est aussi un polluant sévère quand il est concentré. Parce que c’est la concentration qui créé la pollution. C’est le chien qui fait toujours pipi aux mêmes endroits. Ce sont les stations d’épurations qui concentrent tous les pipis et les cacas… Bref, pourquoi nos déchets solides et liquides ne sont-ils pas valorisés au même titre que le fumier des animaux ?  Je l’ignore. Enfin, j’ai quand même ma petite idée… 🙂

Pisser dans son jardin

En théorie, l’idéal serait de pisser directement dans son jardin. Pas sur la tête des plantes, c’est trop chaud… mais à leurs pieds. Un idéal qui en réclame un autre : y vivre à temps plein comme sur une île déserte.

En théorie, l’idéal serait de pisser directement dans l’arrosoir. Certes, c’est moins contraignant, sauf pour le genre sans queue. Soit, plus besoin de rester cloîtrer dans son jardin, sauf que de se balader toujours avec un arrosoir à la main… Prenons l’exemple du cinéma, c’est pratique pendant la séance, plus de besoin de se retenir, mais pour le reste, c’est à voir.

Tout est dans le design. Alors, inventons l’arrosoir sac à main pour pisser en toute liberté. Très dissuasif par ailleurs contre tous les voleurs de sacs… un plus qui s’ajoute aux autres. Quant à l’arrosoir sac à dos, plus discret, il nécessiterait une pompe de relevage. Bonjour la discrétion !

Pisser dans une bouteille

Il existe une méthode alternative, plus discrète pour ceux qui ont une vie de bureau, c’est la bouteille d’eau.

Le matin on boit l’eau, l’après-midi on la pisse dedans, et on revient le soir avec sa bouteille d’engrais à la main. Pour les femmes et les gros pénis, l’obligation d’utiliser un entonnoir est requis car le trou est petit. Quant aux petites bites, une expression peu heureuse et finalement assez grossière, sauf appliquée aux trous d’cul, c’est certain, ils ont l’avantage.

Quelles solutions ?

Toutes sont boiteuses alors qu’un homme sur 4 est victime de fuites urinaires après 50 ans ! Il y a urgence a en trouver une, au moins pour eux, enfin pour nous, car c’est flippant quand on en a 56 comme moi. Et d’autant plus que tous dans notre entourage, vu la théorie sur les probabilités, nous en connaissons un qui a des fuites et qui ne s’en vante pas !

C’est tellement humiliant quand le joint du robinet est poreux. De plus, ça sonne un peu le début de la fin. Perso, quand ça a commencé à fuir, les exercices que j’ai faits les ont colmatés. Ouf !

Autrement, j’aurais inventé des slips jetables à base de fibres d’épicéas. Ben oui, les fibres absorbent les fuites et neutralisent l’urée. Toujours au sec avec une odeur de forêt dans le slip, que demande le peuple ? Slip qu’il aurait suffi ensuite de mettre au pied des plantes pour les engraisser. Une forme de BRF qualité supérieure.


L’urine,
une image désastreuse

T’es sale disent les parents à l’enfant qui a fait pipi dans sa culotte. Et de peur, on pisse dans sa culotte avant de se chier dessus.

Enfant, ma maîtresse professeure des écoles de CE2 nous hurlait dessus pour rien et nous corrigeait sans ménagement avec de grosses gifles et plus encore. Bref, à l’époque c’était autorisé et ma mère ne tarissait pas d’éloge à l’égard de cette Mme Jaud. C’était son nom. Et comme elle me terrorisait, parfois, je faisais pipi sur moi.

Et quand je rentrais le soir à la ferme, en prime, je me ramassais une baigne par ma mère. Et je ne la ramenais pas puisque les parents m’avaient interdit de parler. Seulement pour dire que notre relation à l’urine est loin d’être positive, et qu’une fois adulte, elle reste comme imprimée dans le fond de notre mémoire. Aussi faut-il un petit moment pour s’émanciper de ce carcan culturel et de la répulsion « naturelle » que nous avons à l’égard de notre propre urine ?

Car, qu’on le veuille ou non, l’image du pipi est désastreuse. Des invités à qui je servais dernièrement mes carottes rappées, accompagnées d’un filet d’huile d’olive et d’une pincée de sel, s’extasiaient sur leur saveur. Quel est votre secret me demanda l’un d’eux ? Ma pisse lui répondis-je. Personne ne s’est resservi…

Et dans leurs yeux, on pouvait lire : Mais il est dégueulasse celui là !

Ma solution

D’abord, toutes sont boiteuses à l’image de la mienne. Faut dire qu’un être humain pisse environ une 1/2 tonne d’urine / an et une famille près de 2 tonnes. C’est du lourd, du très lourd, et il faut de la place et un stockage rigoureux pour que l’urine conserve toutes ses qualités originelles.

Aussi, les industriels se grattent la tête pour jouer les intermédiaires et se remplir les fouilles au passage. Mais l’intérêt de l’urine est d’être une solution locale toujours à la portée de la main.

Si l’idéal serait d’uriner directement sur la matière organique des bandes de culture, le pis-aller est de pisser dans des bouteilles en plastique de récupération, puis de les stoker à l’abri de la lumière et de la chaleur. Nous avons essayé les bouteilles en verre, mais c’est ingérable vu le poids des caisses et l’herméticité des bouchons. Sans compter les opérations de lavage pour les réutiliser ! On peut aussi stoker en jerricans mais c’est encore plus compliqué à gérer.

La solution, c’est l’herméticité. Que l’urine soit stockée avec un minimum d’air dans des bouteilles hermétiques pour limiter les interactions avec l’oxygène. Et à l’abri de la lumière et de la chaleur pour limiter la biodégradabilité des composés organiques et les réactions chimiques.

Et pour les filles !

Pour une femme, pisser directement dans une bouteille relève de l’exploit ; un exploit difficile à concrétiser sans s’en mettre plein les doigts !

Dans mon entourage, toutes les femmes qui récupèrent leurs urines, usent de cette astucieuse technique. Coupez le haut d’une bouteille en plastique, puis avec un briquet, faites fondre légèrement les rebords jusqu’à ce qu’ils soient doux au toucher. Ensuite vous avez simplement à mettre la bouteille entre les cuisses pour faire pipi. Autre avantage, c’est une expérience unique pour vous de pisser debout !

Attention à l’urine au jardin

Même si j’ai mis en évidence la suprématie de l’urine sur l’ortie, il y a des fois où l’urine ça ne marche pas ! Comme si ses éléments nutritifs restaient indisponibles pour la plante. J’avais notamment conduit un essai de plein champ sur des radis et des raves où l’urine et l’ortie n’avaient pas fait mieux que le placebo. Idem une autre fois sur des carottes semées tardivement.

À noter également, que le pipi serait fortement toxique pour les vers de terre. J’avoue avoir été surpris de lire cette conclusion dans la thèse de doctorat d’Andréas Muskolus qu’il a publié en 2008. Pour en savoir + : Nourrir, entretenir et développer ses populations de vers de terre.

À part ça, l’urine reste un excellent engrais, un starter pour les plantules et un répulsif de premier choix contre l’altise quand elle est fermentée. Je ne connais rien de mieux pour lutter contre ce ravageur des crucifères.

HARO sur l’urine

Autant le but de cet article était de relativiser l’emballement et l’effet de mode, autant j’ai récemment découvert que l’urine avait aussi ses détracteurs !

Des détracteurs qui m’accusent de tromper mes lecteurs car l’urine appauvrirait et stériliserait les sols. Boudiou, pourquoi s’obstinent-ils à vouloir ignorer que les déchets corporels des plantes et des animaux sont les ferments de la fertilité ? Que les paysans ont maintenu la fertilité de leurs terres pendant 12 000 ans sur ce principe.

Pourquoi refuser de considérer que c’est la concentration qui fait la pollution comme la dose fait le poison ? Par exemple, l’eau, celle que nous buvons, la source de la vie, est létale à partir de la dose de 8 litres par jour pour un humain adulte. Tout est poison à une certaine dose, et en premier nos croyances.

Conclusion,

Pourquoi se priver de ces montagnes de fertilisants et ces lacs d’engrais que nos corps déversent tous les jours dans la nature ? C’est bien, on assainit l’eau, mais on continue aussi à considérer nos déchets corporels comme des déchets ultimes.

Et un jour, nous prendrons conscience que tous nos systèmes d’assainissements et d’épurations sont une aberration agro-écologique. Que pour re-fertiliser les sols agricoles, nous avons besoin de toute cette matière organique qu’il faudra recycler, remettre dans le cycle pour ne pas affamer nos enfants.

Pourquoi ?

Parce que c’est le fonctionnement intrinsèque de nos écosystèmes qui nous le dit. À voir ou revoir : L’art de pisser utile au jardin ! Et de viser juste…

Des nouvelles agricoles et d’ailleurs !

34 réflexions sur “Attention à l’urine au jardin !

  1. A propos de toilettes sèches, qui sont une bonne façon de stocker l’urine l’hiver quand les plantes n’ont pas spécialement besoin d’être fertilisées, on n’est pas obligé d’utiliser des copeaux “nucléaires”!
    Les miennes tournent à la feuilles d’érables de montpellier, de chêne (stockées en sacs à l’automne), à la mousse sèche et aux tontes séchées. Les copeaux et sciure n’y entrent que par hasard et très rarement.
    Autre méthode de stockage: une phyto-épuration se déversant dans une mare dans laquelle on peut pomper. c’est ce que je construis actuellement.

    1. Pareil, ici, c’est un mélange de sciure et de coupeau produite par un menuisier du coin.
      Seul défaut, stockage en extérieur, donc faut bien penser à la météo avant d’aller faire le plein!

  2. Bonjour,
    Je lis “Quant au phosphore dont les réserves mondiales sont quasi épuisées et non renouvelables”. Le propos littéralement juste introduit une confusion.
    Le phosphore est rare mais il est une composante de la lithosphère, certes très dispersée. Les mutations de la vie végétale terrestre ont doté les organismes de capacités à prélever ce qui est éparpillé et participer à un début de concentration, restituée au sol quand la dégradation succède au décès. La plante qui excelle à cet exercice est paraît-il le chardon, épanoui sur les prairies compactées et dégradées. En rend-compte l’observation paysanne sachant débusquer les indices positifs de la dynamique vivante, selon l’adage “On acquiert la terre envahie de chardon, on s’en débarrasse avec la prêle”.
    Les grandes forêts intertropicales comme nos belles futaies héritées du domaine royal ne requièrent aucun apport artificiel de phosphore pour leur croissance.
    Le phosphore, comme tous ses compères de la bande à Mendeleïev, n’échappe pas à la possibilité de concentration au point d’en faire une ressource minière d’ailleurs plutôt rare.
    L’évaporation d’une mer chaude isolée en lagune fait cristalliser le sodium , la potasse et à un degré moindre le magnésium.
    Pour les métaux ferreux, il est nécessaire de passer par des réactions d’oxydo-réduction. Quant aux non ferreux, ils ne peuvent être mis en solution que par des eaux chaudes associées au thermalisme d’origine magmatique.
    L’originalité du phosphore est l’accentuation de sa concentration au fur et à mesure qu’on se déplace vers l’aval des prédateurs de la chaîne alimentaire. Les sites miniers sont donc des cimetières où se sont accumulés des stocks de carcasses. Leur conservation n’a pu se réaliser que sur des sites immunisés contre l’érosion. Les phosphatières du Quercy ont bénéficié du piégeage dans les dépressions karstiques. Comme le propre d’un karst est la disparition des eaux de surface au profit d’un écoulement souterrain, les sédimentations y ont été conservées.
    La concentration élevagère bretonne et ses lisiers conduisent aux marées vertes que l’on sait et, pour des chimistes, le phosphore des effluents serait un pourvoyeur d’eutrophisation bien plus capacitif que les nitrates.
    Tout cela pour en arriver à la conclusion que je n’ai jamais amené le moindre phosphore commercial dans mon jardin et que je suis plutôt satisfait de ce que j’y récolte. J’ai bien compris le message du précurseur Domenech (pas l’abruti de footeux, mais l’autre, “le nôtre”) . Il suffit, et ce n’est pas toujours facile, d’apporter de la nourriture au monde vivant du sol pour ne manquer de rien, pas même de phosphore. La question de l’épuisement minier devient donc un faux problème, sauf pour une technologie accro aux artifices, comme sait si bien la promouvoir la dynamique fnsea.
    Conclusion de la conclusion. Le stock de phosphore de la lithosphère est stable (On va tenir pour négligeable ce qui est apporté par les météorites) , et sa distribution se renouvelle selon les aléas du monde vivant. La question de la séquestration, soulevée par un intervenant, ne peut être que provisoire et transitoire, comme tous les déséquilibres. Au cultivateur de veiller à l’éviter, et la distribution de l’urine y pourvoit, du moins à l’échelle d’un jardin. Éviter de polluer l’eau est un but suffisant. Quant le déchet devient ressource, on sublime l’ordure, ce que Michel Tournier a personnifié avec son “prince des gadoues”, inconvenant et irrespectueux personnage des Météores.

    Vous lire est toujours une satisfaction.

    1. Raymond,

      C’est vrai que l’on n’est jamais à l’abri d’une erreur, et que j’aurais dû écrire phosphate au lieu de phosphore, puisque le phosphore est un poison pour les plantes.

      Ceci étant, et sauf erreur de ma part, le phosphore dont vous faites référence, se trouve dans la lithosphère, c’est-à-dire en dehors de la biosphère, donc, autant indisponible pour les plantes cultivées de part la profondeur que dans leur forme atomique.

      Par ailleurs, sachant que depuis au moins 50 ans, la fertilisation organique, seule technique pour réincorporer le phosphore dans le circuit, a été abandonnée, et vu que la valorisation de nos déchets corporels n’est pas pour demain… je pense que réellement, pour maintenir nos niveaux de rendements, le phosphore comme les vers de terre ou bien d’autres bestioles, vont prochainement créer de sérieux problèmes… 🙂 Belle journée

  3. Bonjour,
    Les sources de phosphore sont épuisées. L’urine contient du phosphore , comme nous ne le fabriquons pas , nous le trouvons dans notre alimentation, qui je le suppose, la puise dans le sol. Ce cycle n’étant pas parfait , une partie de ce phosphore se perd dans les profondeurs de la terre (enfin, je pense) Dans ces conditions l’épuisement de la ressource phosphore n’est-elle pas inéluctable urine ou pas urine ?

    Cordialement

    1. Bonjour Bruno,

      Pour répondre à votre question : L’épuisement de la ressource phosphore n’est-elle pas inéluctable urine ou pas urine ? Suite à cette publication, j’ai continué à travailler sur le sujet et il fera l’objet du prochain article.

      Juste un élément. Si l’épuisement du phosphore dans les sols était inéluctable, il signerait le déclin de l’humanité avant la fin du siècle ; autrement dit, un dégraissage de plusieurs milliards d’individus… Belle journée en attendant. Cg

    2. Le Phosphore n’est pas l’azote ! C’est même tout le contraire. Le premier est très volatil et reparts très facilement dans l’air sous forme d’ammoniac, oxyde d’azote ou diazote. Le phosphore au contraire se laisse très (trop du point de vue de l’agriculteur) facilement séquestré dans la matière minérale sous forme de phosphates insolubles ou presque. Après c’est l’affaire de la plantes et de la vie du sol (en particulier des fameuses mycorhizes) d’en rendre un petit peu assimilable pour la plante et ainsi le réintroduire dans le cycle du vivant.
      Mais le gros avantage de ce comportement c’est qu’on en perds très peu si on prends la peine de ramener aux champs nos urines et déjection, d’où la possibilité de créer un cycle vertueux avec la valorisation de ses déchets : on sort du P de la terre et on l’y ramène sous forme de biodéchets, d’urine ou cacas compostés (Notons que même le compostage conserve parfaitement la quantité d’azote présente dans les matériaux d’orgine, ce qui est loin d’être le cas pour l’azote).

    3. Gilles, ne dévoiles pas tout… 🙂 Je plaisante, je gratte ailleurs.

      Là, tu viens d’énoncer le principe de base. Mais quelles preuves avons-nous du rôle des mycorhizes dans la mise à disposition du phosphore ?

      Par ailleurs, dans le cas des crucifères et du choux par exemple, comment puiserait-il le phosphore dans le sol sachant qu’il ne collabore pas avec les champignons ? Belle journée

    4. Salut Christophe,
      Concernant les mycorhizes, le fait que le champignon fourni du P à la plante est assez bien établi depuis longtemps. Difficile de développer ici mais tu peux te référer par exemple à “Le Sol Vivant” de Gobat et al. 2010 ou “Mycorhizes, la nouvelle révolution verte” de Fortin et al. 2008 pour creuser le sujet.
      L’absorption de P est même le rôle le plus important des mycorhizes à tel point que la principale raison de leur disparition dans les sols agricoles est l’excès de fertilisation phosphatée !
      Concernant les crucifères, elles sont une invention récente du vivant puisqu’elles ne sont apparues qu’à l’ère tertiaire, de même que les autres plantes non mycorhigènes (Amarantacées, Cyperacées, Joncacées, Caryophyllacées…).
      Ces plantes compensent l’absence de Mycorhizes par un réseau de radicelles extrêmement fines très développé. Cela leur permet d’occuper des sols dépourvus d’activité biologique et donc de champignon mycorhiziens, comme des dunes littorales, des alluvions récentes ou encore des terres de remblai ou des terre stérilisées par l’agriculture chimique.

    5. Merci Gilles pour ton retour,

      Je ne vais pas ici m’étendre, je préfère le faire dans des articles étayés, mais je ne partage pas du tout la position actuelle qui donne une importance exagérée aux mycorhizes.

      Et à tel point qu’aujourd’hui, certains ingénieurs agronomes, qui n’ont jamais cultivés…, prônent que la limace et le rat taupier seraient d’excellents diffuseurs de spores, donc des auxiliaires des cultures. Cette simplification m’effraie.

      Ma position est que tout milieu doit être vu comme un écosystème, que chaque être vivant est en même temps une composante, tout en étant un écosystème à part entière. Belle journée. Cg

  4. Bonjour , je viens d’avoir une idée pour stabiliser l’urine mais il faut expérimenter . 1 gramme d’acide salicylique / litre . Bon c’est pas sûr mais comme on peut conserver de la viande avec …
    Bonne pissette .

    1. Bonjour Jeanine,

      Pourquoi pas ; allez-vous essayer ?

      Déjà, comment faites-vous pour produire l’acide salicylique ?

      Tenez-nous au courant. Belle journée. Cg

  5. Bonsoir,
    Merci pour l’article. ça confirme mes pissouilles au jardin, plus rudes les matins d’hiver, mais tellement plus agréables que de s’enfermer dans des toilettes et de gâcher 10 litres d’eau !
    “Le pipi c’est sale”… : oui, on ne sort pas de ces clichés bien ancrés.
    Ça me fait penser aux gens qui causent hygiène en disant aux enfants de se laver les mains APRES avoir fait pipi ! Alors que les mains sont bien plus sales que les zizis… et qu’il serait bien plus judicieux de se laver les mains avant qu’elles salissent le sexe.
    Mais le sexe, c’est forcément le plus sale ! D’ailleurs les anges…
    Cordialement,
    Jérôme.

  6. Bonsoir Christophe, j’essaie d’user le pipi, le problème étant le stockage,j’essaie de pisser sur les planches de culture,mais vous arrivez à viser entre les légumes? J’ai bien du mal, du coup je pisse dans le compos… J’accepte les conseils pour arroser les plantes directement

    1. Benoît,

      Vous me demandez si j’arrive à pisser entre les légumes. Quelle question ? Bien sûr…

      En effet, il ne suffit pas de posséder le bon outil, il faut s’entraîner…

      C’est du travail comme dit mon voisin. Autrement je pisse peu entre les légumes, mais plutôt sur la matière organique de mes bandes de culture vierges ou alors tant que les légumes sont jeunes.

      Une astuce. C’est bien de faire comme avec un tuyau d’arrosage, en l’agitant en ziz zag pour répandre l’urine et éviter de la déposer au même endroit ! Bon courage

  7. Salut Christophe,
    J’ai animé la semaine dernière une formation en savoie et l’animateur de l’ADDEAR, d’origine nordique m’a indiqué que dans le département du nord, les flamands pratiquaient la collecte des excréments et urines humaines dans des bâtiments en briques construit au bord des parcelles (ils ont un nom flamand que j’ai oublié). Cela semble remonter au XVIII-XIXème siècle. Connais-tu ces pratiques.
    Oui, tu vois, même quand je m’adresses aux maraîchers bio, je leur parle de l’urine, de toutes façons, ça se voit pas dans la compta ni aux analyses ;-).
    ++
    Gilles

    1. Salut Gilles,

      Quant à ta conclusion, je formule les mêmes conseils… 🙂

      Autrement, oui j’ai entendu parler de cette pratique mais je n’en sais pas plus que toi sur le sujet. Belle journée. Cg

    2. Il faudrait savoir si les Ifs des Tuileries, à Paris, étaient beaux, car voilà ce qu’il s’y passait au XVIIIe siècle :
      « Autrefois le jardin des Tuileries, le palais de nos rois, étoit un rendez-vous général. Tous les chieurs se rangeoient sous une haie d’ifs, et là ils soulageoient leurs besoins. Il y a des gens qui mettent de la volupté à faire cette sécrétion en plein air : les terrasses des Tuileries étoient inabordables par l’infection qui s’en exhaloit. M le comte d’Angiviller en faisant arracher ces ifs, a dépaysé les chieurs qui venoient de loin tout exprès. ”

      Fort à parier aussi qu’une bonne part des excréments et urines des parisiens servaient, comme ceux de leurs chevaux, aux maraîchers d’Ile-de-France… qui nourrissaient les parisiens.

  8. Bonjour Christophe,
    J’ai essayé pendant plusieurs mois de stocker mon urine dans des récipients en PP (type labo) de 1L pour commencer (idéal car je produis environ 1L par jour lol), et compléter avec de l’eau jusqu’à raz bord pour limiter l’air. J’en transvasais même dans des récipients de 2.5L après pour tester une plus longue conservation.
    Mais malgré cela il y avait quand-même de l’activité chimique, odeur nauséabonde à l’ouverture, récipients marqués à l’intérieur (difficilement nettoyable par de simples rinçages), bref le stockage de longue durée à température ambiante c’est pas si facile.
    Alors j’ai essayé de faire la même chose en mettant dans un frigo et là magie rien ne bouge, ou alors très peu.
    C’est connu que le froid ralentit nombre de réactions chimiques, avez-vous déjà tester cette solution?

    1. Bonjour Sébastien,

      Effectivement le froid et l’absence de lumière diminuent très fortement l’activité chimique.
      Mais la condition sinequanone, c’est l’absence d’air. Belle journée

  9. Bonjour Christophe,

    il y a quelques semaines j’ai fait certifier ma future parcelle de maraichage. J’en ai profité pour demander au contrôleur (Ecocert) s’il était interdit d’utiliser de l’urine humaine sur les cultures. Il n’y a vu aucune objection, ajoutant que certains épandent les déchets de leurs toilettes sèches. Il est fort probable que je sois tombé sur un “bon” contrôleur – qui m’a dit notamment qu’il ne regarderait pas les factures des plans de pommes de terre, sous-entendu c’est normal que les agriculteurs multiplient leurs semences librement – et tous n’auront pas son avis !
    Donc pas autorisée, mais visiblement pas clairement interdite ?…

    Juste pour être sûr de comprendre, le stockage en jerricans est encore plus compliqué, à cause du poids et du fait qu’il faut tout utiliser d’un coup pour ne pas le refermer à moitié rempli d’air ?

    Merci !
    JB

    1. Salut Jean-Baptiste,

      D’abord un petit rappel juridique quant à ton certificateur : l’erreur ne créé pas le droit… En d’autres mots, comme il s’est trompé, cela ne te couvre pas.

      C’est pas difficile, consultes la notice sur les intrants autorisés. Après, d’un point de vue commercial, le silence est d’or… 🙂

      Pour le stockage en jerrican, le problème, c’est l’air ; et tout les manipulations de versement qui vont oxygéner ton urine. Belle journée

  10. Bonjour et merci pour ce compte-rendu d’expèrience !
    Vous parler d’urine humaine et pour ce qui est de l’urine animal ?
    Si animal soigné avec plantes et homéopathie ,peut-on utilisé l’urine et caca ?
    Merci d’avance pour la réponse !

    1. Bonsoir Cayron,

      J’écris sur l’urine humaine, parce que beaucoup ont des réticences à la valoriser.

      Quand aux déchets corporels des animaux, n’hésitez pas une seule seconde à les composter ou les épandre directement. Bonne soirée

  11. bonjour ,
    sinon il y à quand même un système alternatif entre se balader avec une bouteille de pisse , pisser sur ses plantes ou encore dans l’eau des toilettes : les toilettes sèches

    1. Bonsoir Jovan,

      Bien évidemment. Comment valorisez-vous ensuite les récoltes de vos toilettes sèches ? Belle soirée

  12. Bonjour,
    Pouvez-vous donner vos recettes anti-fuites ?
    Graines de courges ? Huile de grain de courges ?

    Merci

    Un homme de plus de 50 ans

  13. Bonjour c’est un toujour un plaisir de lire vos articles . Le passage sur les carottes ma bien fait rire . Les gents prefairent mangées des légumes au engrais chimique plutot que” les arrosé à l’urine ” . Pour ma part mon jardin n’a jamais était aussi productif depuis 18 ans. La belle saison 2017 ne fait pas tous .

  14. Bonjour Christophe
    Marrant votre article. Et pertinent : avec 80 % des humains entassés dans les villes, il serait malin de traiter et de valoriser sélectivement les excréments comme toutes les civilisations humaines l’ont fait. C’était même un métier !
    Le secret de p… sur les plantes est connu de tous les alsaciens,-ennes que l’on complimente pour la beauté des géranium dont ils ornent leur fenêtre !
    Plutôt que de stocker l’urine dans un récipient (L’odeur est abominable après quelques jours), n’y a t’il pas moyen de la stabiliser en urinant sur de la matière organique , à l’instar de la litière utilisé dans les étables ou écuries ? Copeaux de bois, BRF, compost, paille, sciure ?
    Je suis sur que vous avez des expériences la dessus.

    A vous lire
    Patrick

    1. Bonjour Berardici,

      Comme je l’indique dans l’article, pour stabiliser l’urine, il faut la stoker en bouteilles fermées hermétiquement.
      On peut aussi la stabiliser avec de la paille, du foin ou des copeaux.

      Ou tout simplement, prendre l’habitude d’asperger ses bandes de cultures… Cg

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