Refuser le progrès agricole, est-ce régresser ou progresser ?

Combien savent que dans les années 70, les agriculteurs qui refusaient en France les pesticides et les engrais chimiques étaient traités d’arriérés ; étaient accusés d’être un frein au progrès ?

Refuser. Le refus est un acte de désobéissance civile. C’est le pouvoir de dire NON, le contraire de l’indignation. Certes, l’indigné s’indigne et il n’est pas content, mais il finit toujours par rejoindre le rang la tête basse et la queue entre les jambes. Le bourreau est indigné de couper la tête de l’innocent, mais il lui coupe quand même. Désolé lui dit-il, je suis obligé ? Et être l’obligé d’un système, c’est lui obéir.

Sommes-nous ce que nous mangeons ? En Occident, le progrès a permis de manger à peu près tout et n’importe quoi en très grandes quantités. C’est le progrès, le progrès agricole. Nous pouvons manger dans le même plat : des légumes, des œufs, de la viande, du fromage, du sucre et du gras. Et ça s’appelle un hamburger ! Mais est-ce un progrès de s’engraisser ?

Le lapin et la carotte

Alors sommes-nous ce que nous mangeons comme certains idéologues l’affirment ? Une théorie récente née avec l’abondance de la nourriture dans les rayons des supermarchés ; née avec le progrès agricole 🙂 Alors entre le lapin et la carotte, l’être humain qui mange le lapin, serait-il si différent de celui qui mange la carotte ?

Affirmatif, puisque le gentil mange la carotte quand le méchant mange le lapin. Un méchant quand même gentil comparé à celui qui le mange cru ; c’est-à-dire vivant. Finalement, c’est bien pratique ces idées simples qui consistent à différencier le monde entre le bien et le mal, dieu et le diable ou le gagnant et le perdant.


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7 réflexions sur “Refuser le progrès agricole, est-ce régresser ou progresser ?

  1. Christophe, connais-tu cette association qui propose aux agriculteurs de créer leur machines : http://www.latelierpaysan.org/
    Des exemples de leurs réalisations ici : https://www.youtube.com/channel/UCPiHkHuvop9C0l5uLjLtMng/videos
    A mon sens, la question n’est pas tant d’accepter ou de refuser le progrès, mais que chacun puisse définir lui même ce qu’il considère comme un progrès.
    Refuser certains progrès peut aussi ouvrir la porte à la créativité et à la recherche d’alternatives. Des pistes pour réduire la pénibilité du travail ET la diminution de l’utilisation d’énergie fossile.

  2. Bonjour Christophe, merci pour tous ces articles si riches et porteur de réflexion.
    J’adore le bon sens commun et le plus simple pour ne pas trop me tromper j’écoute le plus attentivement possible les miens de sens. Quand j’arrache une carotte de mon jardin, je ne distingue aucun cri qui peut m’émouvoir. Alors que lorsque j’essaye de tuer un lapin, son cri me déchire les tripes. Donc je préfère manger une carotte que j’aurai ramassé tranquillement sans stress et sentiment de culpabilité envers ce lapin.
    Ma grand mère Yvette qui a 93 ans me raconte que sa mère cueillait les plantes en bord de route et faisait brouter leur chèvre en même temps. Mais à cette époque il n’y avait pas de gaz d’échappement et pas de round up pour empoisonner ces lieux de cueillette facile.
    Quand je vois tous ces proches ou famille d’amis qui souffrent d’un cancer je m’interroge sur l’alimentation que cette agriculture progressiste nous vend. Et si cette agriculture a supprimé la pénibilité , elle a surtout supprimé la main d’œuvre et dans notre société dont les valeurs sont basées sur le travail, ce n’est pas vraiment ce que j’appelle un progrès social…
    Amicalement.
    Patrice

    1. Patrice,

      Je partage à 100 % votre avis et ce sera l’objet de mon prochain article. Qu’avons-nous gagné en échange de moins de pénibilité physique ? Bonne soirée.

  3. Comme d’habitude, ton raisonnement nous amène à se poser les bonnes questions…..Tu as raison sur toute la ligne bien qu’il existe une ligne de fuite à mon sens. Avec un minimum de lien social, il est possible de produire ce dont chacun à besoin, et ce dont chacun est en capacité de produire…. Pour ma part, il m’est impossible d’élever un cochon pour le manger, mais j’aime le cochon. Nos contradictions sont elles inéluctables et insolubles? Je pense, peut être à tort, que le progrès s’inscrit dans la prise en compte, à chaque époque, de ce qui peut être intéressant, donc une forme de repli sr soi tout en étant à l’affût de progrès intéressants. le plus difficile étant de distinguer le vrai progrès du faux progrès….Mais cependant, il me semble qu’il faut un sacré recul pour être en mesure de pouvoir distinguer les « vraies » améliorations et pour ne pas dépendre de l’agriculture chimique. Il faut une vraie volonté pour ne pas dépendre des banques, des supermarchés, et du reste…. Donc sur le fond tu as raison, et je te rejoins car j’essaie de vivre d’une agriculture vivrière (au sens propre), mais il me semble que cette notion est relativement inaccessible à la grande majorité… Donc, ma grande question est « comment fait-on bouger et y a-t-il un espoir de ne plus dépendre de cette agriculture chimique? » Constater nos carences sociales est-il suffisant et satisfaisant?

    1. Salut Gallagher,

      Pour répondre à ta question, ne plus dépendre à titre individuel de l’agriculture chimique, c’est possible mais pas d’un point de vue sociétal. Pourquoi ?

      Parce que la société civile est pour le développement de l’agriculture chimique, et les élus qu’elle élit, encouragent et subventionnent cette agriculture.

      Quant à ta seconde question, le constat est la base de la prise de conscience ; son minimum requis au changement. Belle journée

  4. A propos de progrès, le 11 mars 2009 j’écrivais : Si vous regardez autour de vous, vous ne pouvez que constater, dans les campagnes , la disparition des paysans ,des artisans ,des commerçants, des écoles , des postes, des curés . Et, j’en oublie très certainement.

    Est ce cela le progrès ?

    Les organismes, les collectivités responsables de cette situation s’ingénient à trouver des solutions pour ne pas disparaître à leur tour.

    Taxes nouvelles , nouvelles normes, nouveaux services , fusions ,tout est bon .
    Pour notre bien soit disant.
    Constatez le .Notre société ne survit que grâce à  » l’autoparasitisme » .
    Pour combien de temps encore ?

    1. Bonjour Paillé,

      Vous employez un mot qui m’inquiète. L’auto-parasitisme.

      Pouvez-vous le définir ? Merci

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